PARTIE IV. — CHAPITRE VII
les Bénédictins supposent qu'un même type aura été reproduit inexactement par les dessinateurs : il est représenté à mi-corps, tenant un bouclier de la main gauche, et de la droite une pique ou un bâton orné de banderoles. On a de même donné à Henri I" trois sceaux différents: le premier le représente en buste ; sur les deux autres il est vu à mi-corps tenant un bouclieret un bâton orné de banderoles. Ces trois sceaux portent pour inscription les mots Heinricvs rex. Les sceaux qu'Otton P"" a employés avant d'être empereur le représentent de profd , avec les mêmes attributs que ses prédécesseurs, et la tête tantôt nue, tantôt couronnée; les légendes sont ainsi conçues : t Otto Di. gra. rex. « Les sceaux « qu'il employa étant empereur, disent les Bénédictins, le représentent de face, « avec une longue barbe et une couronne fermée par le haut , portant dans sa « main droite un sceptre terminé en fleur de lis, et une pomme dans sa gauche, « avec cette inscription : t Otto imperator augustus ^ » Si la légende était exprimée en toutes lettres, comme les Bénédictins semblent l'indiquer, les quatre sceaux d'Otton II, dont ils donnent ensuite la description, se distingueraient par les deux abréviations Imp. et Jvg ^. Ce prince a employé aussi, avant son avènement, un sceau portant pour légende : Otto Di. gra. rex, sur lequel il est représenté de profd, sans barbe, la tête ceinte d'un diadème orné de trois fleurs de lis. La même légende se retrouve sur le sceau royal d'Otton III; mais ce prince y paraît à mi-corps. Sur le sceau impérial, il est représenté en pied, tenant delà main droite un bâton royal qui repose à terre , et de la gauche un globe sans croix. Il est coiffé d'une couronne fermée en forme de bonnet, audessus de laquelle paraît une étoile qui indique le commencement de la légende : Otto Dei gratia Piomanorv. imp. Avg. « Godfroi de Bessel, disent les «Bénédictins, a donné un autre sceau de Tannée 993, où le même empereur « n'est représenté qu'à demi corps ^ , portant une couronne radiale sur sa tête, « dans sa main droite un sceptre terminé par une seule pomme, et dans sa main « gauche un globe surmonté d'une croix. Heineccius a publié un quatrième «sceau de cire de la première année de l'empire d'Otton; mais, comme il est «semblable à celui de son père, représenté avec la barbe d'un vieillard, le «docte Allemand croit que le fils a pu s'en servir, fan 996, pour sceller un « diplôme en fabsence de son sceau particulier et impérial. Quoi qu'il en soit,
^ Otton I" se servait aussi de bulles de plomb terminé par une pomme, et de la main gauche
comme les empereurs d'Orient. un globe surmonté d'une croix. La légende + Otto
2 II existe aux Archives du Royaume (K. 17, imp. avg. occupe l'hémicycle supérieur delà cir-
olim 34) une empreinte d'un sceau impérial d'Ot- conférence du sceau , qui a deux pouces et demi
ton II, plaquée au bas d'un acte de l'an 980. Ce de diamètre.
prince est représenté à mi-corps, avec une cou- ' Qtton III ne portait encore, en 998, que le
ronne radiale , tenant de la main droite un sceptre titi-e de roi.
«il paraît que les empereurs avaient en même temps plusieurs sceaux, et qu'ils «t se servaient tantôt de l'un , tantôt de l'autre. « Mabillon a fait graver une bulle d'or suspendue à un diplôme par lequel Otton 111 confirma les biens que féglise Saint-Martin de Tours possédait en Italie. Il est représenté , d'un côté , en buste et de profil, la tête ceinte d'une double couronne d'or^ et de lauriers; au revers, on voit un buste de moindre dimension avec un étendard et un bouclier : Otto imperator avgvstvs — t renovatio imperii Piomanorvm. Eckart cite ime bulle de plomb qui portait les mêmes légendes; Heineccius en a publié une autre sur le revers de laquelle on lisait : Avrea Pioma ; enfin , les Bénédictins supposent que les mots Otto et imperator étaient séparés par les abréviations Di.gra., sur une bulle de plomb suspendue à un diplôme accordé au monastère de Saint-Félix [àeipuis Saint- Clément) de Metz^.
Quoique plusieurs auteurs aient attribué à Otton III des sceaux de majesté, il paraît certain que Henri II est le premier empereur qui se soit fait représenter assis sur son trône. Cet usage a été suivi par tous ses successeurs. Le sceau qu'il employait la seconde année de son empire le représente tenant de la main droite un sceptre terminé par une fleur de lis, et de la main gauche un globe surmonté d'une croix; il porte une couronne fermée en forme de bonnet et ornée, dans sa partie supérieure, d'une fleur de lis fort petite"^. On a publié trois autres sceaux de majesté sur lesquels Henri II tient de la main gauche des globes sans croix; deux de ces types le représentent avec des couronnes radiales, et le troisième avec une couronne fermée, surmontée d'une croix. Cet empereur a scellé aussi en or et en plomb. Les Bénédictins ont reproduit, d'après Gattola, une bulle de plomb qui a vingt et une lignes de diamètre , et sur laquelle Henri II est représenté à mi - corps tenant de la main droite un sceptre, et delà main gauche un globe sans croix : t Heinricvs Di. GRA. RoMANOR. iMPR. AVG. Au rcvcrs , le champ est occupé par le monogramme des mots sanctus Petrus sanctus Paulus, disposé en forme de croix : on voit dans le cercle à droite un D et un P , à gauche un I et une R. Les Bénédictins supposent que ces sigles peuvent signifier Rex Deus. Johannes Papa., ou Deus Per Johannem régnât. Peut-être pourrait- on lire aussi: Deus Protegit Imperatorem Romanorum. L'un des sceaux de Conrad II représente ce prince tenant un globe dans la main droite; on retrouve le même attribut sur deux autres
^ La couronne d'or est au-dessus de l'autre; puisse les regarder toutes comme authentiques, elle est fermée en forme de bonnet et ornée de ^ D'après la gravure donnée par les Bénédic-
fleurs de lis. tins, ce type avait trente - quatre lignes de dia-
2 L'abbé de Godwic cite quelques autres bulles mètre; la légende en était ainsi conçue : + Hf.n-
de plonib d'Olton III; mais il ne pense pas qu'on richvs Di. gra. Romanorv. imp. avg.