‹ Éléments de paléographie (volume 4)Chapitre 92 sur 282 · PARTIE IV. — CHAPITRE VIL · texte numérisé non relu

PARTIE IV. — CHAPITRE VIL

vair sont surmontés d'un chef chargé d'une fleur de lis au pied nourri ^ Les deux sceaux n'ont pas de revers; ils portent pour légende ; i° f s. Gvidonis DE SCO. Pavlo militis; 3"ts. Iaqve de Chastellon fil le conte de saint Fol. On retrouve le lamhel de cinq pendants sur le sceau de Jean, successeur de Gui IV (J. 376, an i34o) : f s. Ioiiannis de Castellioe. coitis. sci. Pavli. Sa femme, Jeanne de Fiennes, est représentée debout sous une niche gothique ; à sa droite est Pécusson de Saint-Paul; à sa gauche, celui de Fiennes, portant un lion : s. Iohanne de Fienlis comitisse sci. Pauli.

Ide succéda, en i lyS, dans le comté de Boulogne, à Mathieu d'Alsace, son père. En 1 191 , au plus tard, elle avait épousé en quatrièmes noces Renaud de Dammartin ; l'écu de son mari et le sien ^ forment le revers d'un sceau en ogive (J. 288, en 1201) sur lequel on la voit debout, portant un faucon sur le poing gauche : sigill. Ide comitisse Bolonie. Les armes de Dammartin paraissent seules sur le bouclier et sur le contre-sceau de son mari ; les deux faces sont d'égale grandeur : sigillvm Reinaldi comitis Bolonie ; au revers, le mot sigillum est remplacé ipar secretum (J. 288, an 120^). Philippe, frère de Louis VIII, portait semé de France au lambel de trois pendants; on voit sur le contre-sceau une grande fleur de lis, dont la partie supérieure sépare les lettres PH ; la légende du sceau ne lui donne que le titre de fils du roi de France. On lit sur le sceau de Mathilde, sa femme rf sigillvm Maltidis vsoris Phillipi filii REGIS Francie; les armoiries de son mari sont marquées au contre-sceau, qui est sans inscription (J. 288, an 1286). Alfonse, depuis roi de Portugal, portait un bouclier parti (à dextre, semé de châteaux; à sénestre, à trois fasces fleurdelisées, brisées d'une bordure); ces armes sont répétées sur le caparaçon du cheval, mais l'écu du revers est parti (à dextre, semé de France; à sénestre, fascé de six pièces) : Alfonsvs filivs régis Portvgalie comes Bolonie (J. 697, an 12^1). Le comté de Boulogne passa, en 1260, aux comtes d'Auvergne.

Guillaume III, comte de Ponthieu , a employé un sceau équestre avec un contre-sceau d'égale grandeur (J. 781, an 1212); son bouclier porte quatre bandes; l'écu marqué au revers du sceau n'en porte que trois. Le contre-sceau de Marie, sa fille , porte au revers une fleur de lis, et pour légende, le mot secretum. Les armes de Ponthieu, telles que les décrivent les traités de blason , paraissent sur le bouclier et sur le contre-sceau de Simon de Dammartin , premier époux de Marie; mais ces armes peuvent être celles de Dammartin ^.

^ Ces armoiries furent celles des seigneurs de l'autre porte deux tourteaux en chef; ce contre-

Leuze; une fleur de lis au pied nourri est celle sceau, qui est aussi en ogive, n'a pas d'inscription,

dont les pointes inférieures sont retranchées. ^ Ponthieu portait trois fasces; et Dammartin,

^ Le premier écusson est fascé de six pièces ; fascé de six pièces.

Nous n'avons pas rencontré ]e sceau de Jeanne, fille de Marie et de Simon; à sa mort , le comté de Ponthieu passa dans la maison d'Angleterre.

Il existe peu de sceaux des ducs de Normandie ; le plus ancien que les Bénédictins aient eu occasion de rencontrer était suspendu à une charte de l'an ioi5 , accordée à Dudon, chanoine de Saint-Quentin. Richard II y était représenté en buste, nu-tête , revêtu de la chlamyde, tenant de la main droite une lance, et de la main gauche un bouclier: t Pucardvs nvtv Dei Comes. « Le « sceau de ce prince est attaché , disent les Bénédictins, par une longue cour- « roie de cuir , dont chaque lanière entre huit fois séparément et en mon- « tant dans le parchemin, et enfin une neuvième fois. Là, les deux bandes « se réunissent et sont attachées au diplôme au moyen d'un seul nœud. » Richard II ne scellait pas toujours ses diplômes; ses successeurs Richard III, Robert P' et Guillaume II , se contentaient souvent d'y mettre leur monogramme ou une croix, avec l'empreinte d'un cachet ou estampille trempé dans l'encre. On ne connaît qu'un sceau de GeofTroi d'Anjou , duc de Normandie ; les deux faces le représentent monté sur un cheval ; il tient d'un côté un étendard , et de l'autre une épée. Les Bénédictins annoncent qu'on ne peut lire de Pinscription que Goffridas sur le premier côté, et Normannorum sur le revers. Nous avons parlé ailleurs des rois d'Angleterre et des princes français qui ont été ducs de Normandie. (Voyez Particle premier de ce chapitre , § i et 2. )

Philippe ou Philippette, troisième femme de Raoul III, comte d'Eu, est représentée debout entre deux étoiles , tenant une fleur de lis delà main droite: siGiLLM. Philippe vxoRis Radvlfi comitis Avgi. Le contre-sceau est en ogive, mais moins allongé que le sceau : on y voit un écu coupé d'un (échiqueté en chef, burelé en pointe) et surmonté d'une fleur de lis : t contrasigillv. Philippe (J. 192, an 12/16). Les mêmes armes paraissent au contre-sceau de Marie, fille de Raoul, avec cette inscription singulière : t sigillv. contrasigilli. Sur le premier côté, elle prend le titre de comtesse d'Eu; elle est représentée debout; à sa gauche, on voit deux quintes-feuilles^; de Pautre côté, un petit chien s'élance comme pour saisir la fleur de lis qu'elle tient dans la main droite ( J. 190 , an 1256).

Au commencement du xv^ siècle , la terre de Mortain fut érigée en comté en faveur de Pierre, fils de Charles le Mauvais, roi de Navarre. Ce prince portait écartelé (au i^"^ et au 4", de Navarre; au 2' et au 3% d'Évreux, c'est-àdire semé de France, brisé d'un bâton en bande) : « le seel Pierre filz de roy de « Nauarre conte de Mortaing. » Ce prince est représenté tenant son épée de la

1 On appelle quinte-feuille une fleur à cinq feuilles, et quarte feuille celle qui en a quatre.

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