‹ Éléments de paléographieChapitre 188 sur 492 · PRE · texte numérisé non relu

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« Nos verd dominus Raynaldus episcopus quod vidimus inspeximus tracta- «uimus et legimus hoc testamur. Quapropter ad instantiam charissimi domini «cosini nostri Philippi Herculis comitis Rupis vt veritatis fidele testimonium «perhibeamur sigillorum nostrorum caractere ac munimine transeriptum hoc «ut infrà apparet annotari fecimus ac roborauimus. Actum anno incarnati « Verbi milesimo trecentesimo decimo tertio, in vigiliâ D. Iohannis Baptistæ «mense Junio.

«Il est sellé d'un sel en oualle de cire verte sur las de soye blanche. »

Nous devons ajouter qu'il existe à la section domaniale un cartulaire du xiv° siècle qui renferme plusieurs actes en langue vulgaire du même pays. Deux de ces titres remontent à l'an 1200, et quiconque les examinerait ne balancerait pas à déclarer qu'ils sont de beaucoup postérieurs à la pièce que nous venons de reproduire.

Dans le xiv° siècle, le latin fut presque réduit aux actes des notaires et aux pièces ecclésiastiques, judiciaires ou législatives; encore trouverait-on plus d'une exception à cette règle, notamment pour les ordonnances et les lettres

! Cette lacune existe, ainsi que les autres, (premier, prochain) il signiferait au prochain, sur la collation du xvn siècle, sans qu'on ait prochainement, quoique d’ailleurs le mot oprum expliqué si elles étaient figurées sur le vidimus, paraisse plutôt devoir se traduire ici par présenteou si ce vidimus avait été lui-même altéré par la ment. vétusté. Au lieu de san il devait y avoir ceu.

? Le Glossaire de Roquefort traduit le mot ! Au lieu de ferz il pouvait y avoir ferme. oprum par seulement. Cette signification ne peut ” Au lieu de toriorz il devait y avoir toziorz.

convenir ici. En faisant venir ce mot de prume

PARTIEL CHAPIRRENT 161 royaux. Trois ordonnances successives de 1512, 1529 et 1339 prescrivirent l'usage exclusif de la langue française dans les actes publics et privés : un diplôme latin de François I*, en date du 10 janvier 1517, prouve que la première de ces ordonnances ne fut pas rigoureusement exécutée.

La langue allemande, si l'on excepte le serment de Louis le Germanique, na paru dans les actes que dans le courant du xmr° siècle, ou du moins les exemples qu'on cite comme les plus anciens sont de 1260, 1264 et 1276. La première charte impériale rédigée en allemand est de 1281; mais dès l'an 1320, la langue allemande prévalait au barreau sur la langue latine. Sous Frédéric Il, il fat décidé que les notaires ne rédigeraient plus leurs actes en latin.

Ce n'est guère que vers le milieu du xur siècle que la langue vulgaire paraît dans les actes d'Espagne et d'Italie. En Portugal elle était déjà d’un emploi ordinaire à cette époque.

L'étude des deux langues vulgaires qui ont été parlées l'une au midi, l'autre au nord de la France, ne peut pas être séparée d'une connaissance approfondie de la basse latinité ; maisles premiers éléments de ce travail sont encore loin d’être réunis. Les immenses recueils dont nous a dotés l’érudition patiente et consciencieuse des siècles précédents sont malheureusement remplis d'inexactitudes qui altèrent sinon le sens, du moins l'orthographe des textes. Nos anciens monuments ont pu sans doute y gagner en correction; mais, en réhabilitant la science grammaticale de nos pères, on nous a privés des premiers éléments sur lesquels devraient s'appuyer les grammaires modernes. Comme les personnes qui liront cet ouvrage pourront elles-mêmes avoir à publier des textes anciens, qu'il nous soit permis de leur transmettre des observations que nous avons recueillies de la bouche des critiques les plus éclairés. Qu'elles le sachent bien, le premier mérite d'une publication, c'est d'être exacte jusqu'à la minutie; il n'est pas de barbarisme que leur plume doive craindre de transcrire ; aucune faute ne doit être corrigée; toutes doivent être scrupuleusement copiées. Ne lit-on pas dans la préface de Grégoire de Tours cet aveu plein de bonne foi : «Ista etenim atque his similia «jugiter intuens dici, pro commemoratione præteritorum, ut notitiam adtin- «gerent venientium , etsi inculto affatu, nequivi tamen obtegere vel certamina « flagitiosorum, vel vitam rectè viventium; et præsertim his inlicitus stimulis, «quod à nostris fari plerumque miratus sum quia philosophantem rhetorem «intelligunt pauci, loquentem rusticum multi. »

Faut-il donc le faire plus savant qu'il ne prétend l'être lui-même, et diminuer en quelque sorte l'autorité de ses récits, en laissant croire que le pére

de nos historiens savait aussi recourir au mensonge des précautions oratoires? Une transcription exacte jusque dans les moindres détails de l'orthographe est un travail pénible sans doute; mais si l'on s'écarte de cette règle absolue, où s'arrêtera-t-on? Si chacun s'arroge le droit de rectifier les textes, que deviendra la vérité du langage, si étroitement liée à la vérité historique? Que l'on s'attache au contraire à reproduire avec fidélité les monuments des siècles passés; qu'un éditeur publie les incorrections d’un diplôme ou d'un manuscrit, comme un historien raconte les erreurs et les superstitions d'un autre âge, et bientôt la science philologique, s'emparant de ces éléments confus, les soumettra au travail de l'analyse et de la classification; elle nous révélera le secret de ces modifications successives, qui préparent peu à peu la transformation complète d'un mot, et qui, par une filiation non interrompue, rattachent les œuvres de nos grands écrivains à ce latin dégénéré, dont lorthographe et la syntaxe barbares devaient enfanter un jour cette langue claire, correcte, ingénieuse , que les étrangers nous envieront tant que nous ne cesserons pas de la respecter.

Les Bénédictins, qui avaient pris à tâche de réfuter le scepticisme exagéré du P. Germon, entrent dans de longs développements pour prouver que la barbarie du style ne peut être invoquée contre l'authenticité des anciens diplômes. Cette thèse est tellement conforme au bon sens que nous croyons inutile de l'établir par les preuves innombrables que fourniraient au besoin les inscriptions, les manuscrits et les diplômes. Bornons-nous à prévenir qu'en fait les solécismes et les barbarismes les plus grossiers se rencontrent la plupart du temps dans les actes du vi‘, du vn° et du vin siècle. L'influence de Charlemagne amena sans doute une amélioration dans le style; mais combien de monuments même du xr° siècle, surtout dans le midi de la France, sont encore remplis des fautes les plus grossières! De tout temps d'ailleurs Torthographe a eu ses variations. Quintilien dit que, de son vivant, on écrivait here au lieu d'heri, et que Tite-Live avait écrit sebe et quase pour stht et quasi. Dans les siècles de la plus pure latinité ne rencontre-t-on pas maæumus pour MATUNUS , QUOtiens pour quoties, etc.? En résumé, les Bénédictins citent les lettres suivantes

comme ayant été employées réciproquement les unes pour les autres :

a pour a, e, @, 0. g pour c, ch, j, k, v.

b pour f, p, v, w. h pour a, ti c pour cc, g, ch, q, t. i pour à, e,ÿ, ®, u.

d pour b, dd,l,n,r,t, z. k pour c, æ.

e pour a, æ, te, h, i, u. m pour d,n.

pour bf, ph, v. n pour g,l,m,r.

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