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ep
pour ab, de quod pour ut, de saper pour de, de dare ad aliquem pour dare alicut,
en un mot une foule de locutions qui s'écartent du génie de la langue latine et qui se retrouvent dans la langue française, prouvent assez que nos pères, tout en s'éloignant de la barbarie des premiers siècles, ne cesstrent jamais de transformer le latin et d'en modifier le mécanisme jusqu'au moment où la langue nationale put suffire à leurs besoins.
Si l'économie grammaticale du latin a été dérangée par l'oubli des règles de la syntaxe, les éléments constitutifs de cette langue ont en même temps subi une altération non moins profonde. Pendant qu'on introduisait des mots d'origine étrangère, les mots latins étaient modifiés dans leur orthographe, et, ce qui est encore plus important, détournés de leur signification. Ainsi le mot templum n'était guère employé pour désigner les édifices sacrés: on se servait ordinairement de bastlica, ecclesia. Sous les Mérovingiens, casa Dei désigne plutôt un monastère, et monasterium ou même cœænobium, une église, parce qu'alors ces églises étaient ordinairement desservies par des moines. Après le vrr siècle, capella désigne souvent une église paroissiale. Le mot prieuré n'a paru qu'au x‘ siècle; on se servait auparavant des mots celle, cellule, abbatiolæ, monasteria. C'est peut-être dans les dialogues de saint Grégoire le Grand qu'une église de village est appelée pour la première fois parochia.
On trouve souvent fundare pour restaurer ; paqus pour une ville et son territoire ; castrum pour une ville fortifiée; mansus, en France, ou massa, en ltalie, pour une ferme, un fonds de terre; mansio pour une maison, une famille; aspicere ad pour appartenir; Juniores pour desinférieurs, sentores pour des supérieurs (senior basilica, cathédrale); præesse, requiescere videtur pour præest, requiescit; dare, donare, concedere pour confirmare, reddere; emunitas ou pour une exemption ou pour un canton indépendant d’une juridiction ; honor pour un fief noble; exemplum, exemplar, exemplatio, dans le Maine, l’Anjou et le Perche, pour des terres défrichées; {oqa monachorum, er Espagne, pour une congrégation de moines; seu et sive pour et; el pour vel; patrocinia pour les reliques des saints; se commendare pour jurer foi et hommage; filius donatus où nutritus pour bâtard’. En parcourant ce petit nombre d'exemples, on reconnaîtra qu'il est indispensable de s’aider souvent du dictionnaire de du Cange et de faire une étude sérieuse de ce latin barbare, si l'on ne veut pas tomber dans des méprises continuelles.
! Il ne faudrait pas voir dans ces expressions lement son surnom. On sait aussi que le comie de une intention d'euphémisme, car on y substitue Dunois signait J. Bastard d'Orléans. Nous ferons souvent les termes beaucoup plus clairs de filius observer ici en passant que l'expression de fils nasuæ matris, filius æquivocus, baslardus. Guillaume lurel a été quelquefois employée dans le sens de
le Conquérant dans une donation énonce formel fils légitime.