DES REGISTRES
Les registres forment une source précieuse de matériaux historiques. L’u-
sage de conserver une collection d'actes en les reproduisant soit intégralement,
PARTIE II. — CHAPITRE Il. 181 soit par extraits, remonte au temps des empereurs romains : les registres pouillés de nos églises tirent leur dénomination de ces livres de cens | libri censuales) qui, dès le 1v° siècle, étaient appelés polyptyct, et qu'on a ensuite successivement désignés par les mots politicum, polleqaticum, polectium, puleqium, polegum. Les registres pouillés de Saint-Germain des Prés et de Saint-Remy de Reims! remontent au 1x" siècle. On y énumère les rentes, corvées et autres redevances des vassaux de ces abbayes. Les terriers (terreria, terreru, codices ou libri, descriptiones, parcelle, particule), les aveux et dénombrements | professiones, advocationes), et les lièves ou Mémoires de droïts seigneuriaux, ont la plus grande analogie avec les registres pouillés. Les livres d'enquêtes ont été appelés inventaires, répertoires (lbri inquestarum , inquisitonales articuli, recognitiones, recordum , recordatio). Les pièces mises en rouleaux, connues chez les Latins sous le nom de volumen, ont été appelées au moyen âge rotulus, rotula et rollus (rôle). Les rôles avaient plus ou moins de longueur, suivant le nombre de feuilles qu'on rattachait successivement pour les composer. Les rôles des gens de guerre, que devaient fournir les seigneurs à leurs souverains, s'appelaient monstre, monstra, monstrationes. Le mot rotulus désigne quelquefois un registre, quelquefois une simple charte.
Les registres des tabellions et des notaires se nommaient cartularia, inbrevia-turæ, protocolla. Les uns-renfermaient les actes en entier; les autres n’en donnaient que l'extrait, ou se bornaient à en reproduire les formules. Les journaux ou mémoriaux étaient appelés diarium, kalendarium, album, memoranda. I ne faut pas confondre ce dernier mot avec les livres dits memoriales, et qui étaient des nécrologes.
Loin d'avoir épuisé la matière, nous l'avons à peine effleurée; mais les exemples que nous avons cités sufliront du moins pour prouver, comme nous l'avons déjà dit, que la langue du moyen âge présente une double difficulté, soit lorsqu'elle emploie des mots d'origine ou d'orthographe barbare, soit lorsqu’en se servant d'expressions qui appartiennent à la bonne latinité, elle les détourne de leur signification primitive.
1 Ce polyptyque a disparu avant le grand in- ment à Chälons et à Reims. { Voy. Polyptyque de cendie du dernier siècle, et le savant éditeur du l'abbé Irminon, publié par M. B. Guérard, prepolyptyque d'frminon Va fait rechercher vaine- mière livraison, page 288 , note a.
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