DE PRINCES SOUVERAINS
RENFERMANT DES RENSEIGNEMENTS SUR LES FORMULES ET LES DATES EMPLOYÉES DANS LEURS DIPLOMES.
N.B. On trouve dans cette liste : 1° les rois de France, d'Aquitaine, de Bourgogne, de
Lorraine, de Provence et de Toulouse depuis Clovis jusqu'à François I;
a° les papes et les antipapes, depuis S. Simplice jusqu'à Paul Il; 3° les rois d'Angleterre, depuis Egbert jusqu'à Édouard VI; 4° les empereurs d'Occident et les
rois d'Italie et de Germanie, depuis Charlemagne jusqu'à Charles V. Aux autres renseignements on a joint pour les rois de France la description sommaire de leurs
sceaux ou l'indication des planches où ils sont reproduits. Les bulles de plomb les plus remarquables sont aussi dé
l'article des papes qui les ont employées.
ApéopaT, élu pape le 11 ou le 22 avril 672; meurt le 17 ou le 26 juin 676.—T est le premier, suivant les auteurs de l'Art de vérifier les dates, qui ait daté des années de son pontificat. Les mêmes auteurs lui attribuent l'emploi de la formule salutem et apostolicam benedictionem; mais les Bénédictins ne citent qu'un salut, dont les termes ne sont pas précisément ceux qui ont été adoptés dans la suite; il est ainsi conçu : salutem à Deo et benedictionem nostram. Adéodat s’est servi dans les bulles ordinaires de la salutation benevalete fratres dilectissimi. Or cette formule n'avait été employée depuis longtemps que dans les priviléges.
Apozpne DE Nassau, fils de Waléran, comte de Nassau, élu roi des Romains le 1“ mai 1292, couronné le 1° juillet suivant, déposé le 23 juin 1298, meurt le 2 juillet suivant.—Il se sert à peu près des mêmes formules que Rodolphe de Habsbourg : « Les diplômes « d'Adolphe que nous avons vus, disent les Bénédictins, «ne présentent ni monogramme, ni Lémoins. » Il date du lieu, du jour du mois, de l'indiction, de l’année du Seigneur et du règne. En voici un exemple : « Da- «tum Coloniæ xvir Kal. Octob. indict. v, anno Domini « MGGxCIT, regni noslri anno I. »
Aprin [”, élu et ordonné pape le 9 février 772, meurt le 25 décembre 795.—I1 date tantôt du règne des empereurs de Constantinople, tantôt de son pontificat, tantôt du règne ou du patriciat de Charlemagne. On trouve dans un de ses actes le premier exemple de la formule : regnänte Dom. Deo, etc. (Voyez
ci-dessous.) Il interdit aux archevêques, autres que les primats, de prendre les titres de primat, primus, princeps sacerdotum ou summus sacerdos. Malgré ces innovations, ses lettres à Charlemagne présentent les mêmes caractères que celles de Paul [° pour la suscription, domno, etc. Adrianus papa, et la salutation incolumem , etc. Elles ne sont pas non plus dattes. Avant d'être sacré il fit une profession de foi qui commence ainsi : « Ego Adrianus misericordià Dei diaconus et electus,
futurusque per Dei gratiam hujus apostolicæ sedis an-
tistes, tibi profiteor, beate Petre, etc.» Deux de ses priviléges présentent la suscription suivante: « Hadria- «nus episcopus servus servorum DeiMaginario, etc. in
erpetuum.» Voici comment se terminent ces deux actes. 1° « Benevalete. Data decimo Kalendas Marti, «imperanlibus domino nostro augusto Constantino à eo coronato magno imperatore, anno ælalis quin-
quagesimo tertio etimperii ejus trigesimo tertio, sed
et Leone majore imp. ejus filio anno vigesimo primo
Indictione decim. 2° Scriptum per manumChristo-
>hori notartiet scriniarii sedis nostræ , in mense Ju- «nio, indictione 1x. Benevalete. Datum Kal. Julii per «manum Anastasii primicerti, regnante Domino Deo «et Salvatore Jesu Christo, cum Deo Patre omnipo- «tente etSpiritu sancto, per infinita sæcula. Anno, Deo «propitio, pontificatüs domini nostri in apostolicä sa- «cratissimâ beati Petri sede xy, indictione 1x.» Cette seconde date réunit, comme on le voit, la double formule scriptum et datum; l'autre au contraire n'en présente qu'une. Il faut aussi remarquer la date de
l'âge de l'empereur jointe à celle de son empire. Ma-
billon a cité une autre singularité fournie par les actes d’Adrien [*, c'est la formule in roseo Christi
sanquine salutem.
Apriex Il, élu pape et intronisé le 13 ou le 14 novembre 867, est sacré le 13 ou le 14 décembre suivant, et meurt vers la fin de novembre 872.— On peut lui appliquer à peu près tout ce qui a élé dit des formules de Nicolas Ier. Toutefois une de ses épitres renferme non-seulement la salutation benevale, mais encore la double date scriptum et datum, c'est-à-dire qu'elle réunit les formules qui ne se rencontrent ordinairement que dans les bulles les plus solennelles, si ce n'est toutefois qu'au lieu de se terminer par la formule in perpetuum, la suscription finit en ces termes : diebus vitæ tuæ tantummodo. Dans une bulle de protection adressée à l'abbé de la nouvelle Corbie, l'officier dont la première date fait mention s'intitule notarius cameræ sacræ Romane ecclesiæ; celui qui est nommé dans la seconde prend le titre de primicerius defensorum sanctæ sedis apostolicæ. Les titres de no-
faire et de primicier, quoique déjà relatés sous les papes précédents, n'avaient peut-être pas encore été accompagnés des mots cameræ et defensorum. Adrien IT est un des papes du 1x° siècle qui s'est servi d'un
monogramme.
ADRIEN III (Agapit), élu pape en mai 884, ordonné vers la fin du même mois, meurt au mois de septembre 885. — Il est le premier qui ait changé de nom à son exaltation. Le bullaire romain ne renferme qu'un acte de ce pape. On y retrouve les formules de suscriplion etde dates solennelles employées par ses prédéceseurs. L'officier nommé dans la seconde date est un nomenclateur qui prend les mêmes ütres que dans un acte cité à l’article de Jean VIII. L'acte n’est pas daté des années du pontificat, mais de l'empire de Charles le Gros.
Aprien IV (Nicolas Breakspear), élu pape le 3 décembre 1154, meurt le 1° septembre 1159.—I1 a quelquefois remplacé la formule in perpetuum par salutem et apostolicam benedictionem dans des bulles revêlues des dates les plus solennelles. Ses écrits commencent souvent par la seule lettre initiale de son nom. Ï marquait quelquefois dans sa formule de souscription le rang qu'il occupait parmi les papes du nom d'Adrien : Ego Adrianus hujus nominis IV catho-
licæ ecclesiæ cpiscopus subscripsi. « Parmi les simples «bulles d’Adrien IV, disent les Bénédictins, nous n’en «avons rencontré qu’un lrès-petit nombre datées de
“son pontificat. » Dans les bulles solennelles il suivait
l'usage de ses prédécesseurs, si ce n’est que son chancelier semble affecter quelquefois, selon les Bénédictins, de placer les dates avant les souscriptions. Ces
dates font commencer l'année tantôt au 1° janvier,
tantôt au 25 mars, et l'indiction au 1° septembre
plus souvent qu'au 1° janvier. Adrien IV avait pour
devise : Oculi mei semper ad Dominum.
Amex V (Oltoboni), élu pape le 11 juillet 1276, meurt le 16 août suivant, sans avoir été consacré ni
ordonné prêtre.
ADrex VI (Adrien Florent), élu pape le 9 janvier 1522, fut couronné le 31 août suivant, et mourut le 24 septembre 1523. I1 ne changea pas de nom à son exaltation.— Ayant son couronnement, les dates de ses brefs sont conçues dans les termes suivants : « Dax Mai « MDXXIT, susCepli à nobis apostolatüs anno 1.» Il comp-
«tum Cæsaraugustæ sub annulo piscatoris di
tait les années de son pontificat du jour de son couronnement, comme le prouve la date suivante : « Da- «Lum Romæ apud S. Petrum, anno incarnationis Domi- «nicæ millesimo quingentesimo vigesimo tertio, pridie «Kalendas Maïi, pontificatûs nostri anno 1.» Ce pape
n'a point eu de devise, ou du moins les Bénédictins
ne la citent pas.
Acarir [°, ordonné pape le 3 juin 535, meurt le 23 avril 536.
AGarir Il, ordonné pape du 5 au 14 mars 946 (et probablement le 8), meurt vers la fin de 955. — Quelques anciens le nomment Agapit le Jeune, pour le distinguer d'Agapit [”; il prenait l'indiction au mois de septembre : c'est ce que prouve la date suivante citée par les Bénédictins : « Data xvir Kal. Novemb. «per manum Andreæ divini respectüs gratià vicarii
«sanctæ sedis apostolicæ, anno pontificatüs domini «Agapiti summi pontificis et universalis papæ x, in- «dict. x1v.» «Le titre de vicaire du saint-siége, disent les «Bénédictins, appliqué à celui qui expédie les bulles, vestremarquable. » N'y a-t-il pas là une faute de transcription, et n’a-t-on pas écrit vicari au lieu de scrivarü ? Cette erreur serait encore moins extraordinaire que celle d’un copiste qui a lu, dans une autre bul'e de ce pape, notari regis au lieu de regionarü. Un notaire d’Agapit a employé, dans deux actes différents, la formule per indictionem r11 ou per indictionem supradictam au lieu de indictione 11 ou indictione supradicté.
Un privilége d'Agapit II marque dans le corps même de l'acte la date de l’Incarnalion et de l'indiction :
« Quicquid vos, elc. acquisiti fueritis, etc. ex præsenti