PARTIE IL — CHAPITRE VII
que l'annonce de la bulle : «Manu proprià firmavi- «mus et bull nostrâ sublersignari jussimus. »—Voici quelques-unes de ses souscriptions : 1° En 877; « Signum Karoli serenissimi regis Liutvardus cancella- «rius recognovi. » 2° En 884 : « Signum Caroli serenis- «simi augusti. Segoinus notarius ad vicem Liutwardi «archicancellarii recognovi. » 3° En 885: « Signum Ka- «roli gloriosissimi et serenissimi semper augusti. Amal- «bertus cancellariusad vicem Liutwardi archicancella- «ri recognovit et subscripsit ou recognovi et suscripsi. » Plusieurs signatures lui donnent le titre de très-pieux et d'empereur auguste. — Charles le Gros n’a pas de rang numérique parmi les rois de France qui ont porté le nom de Charles. H este premier qui ait daté ordinairement ses diplômes de l’année de l’Incarnation. Les différentes époques de son règne qui ont été employées dans les diplômes sont les années 876, 879, 881,882 et 884. Cette dernière année est pour son règne en France. Cependant l'Art de vérifier les dates avertit que des actes antérieurs à 884 ont été datés en France des années de son règne, probablement parce qu'on le regardait comme tuteur de Carloman. Quant à la date de son couronnement comme empereur , quelques auteurs la fixent au 25 décembre 870, et d’autres au 25 décembre 880 ou 881. On verra aussi par un exemple que nous citons plus bas, qu'il a daté de son règne en Bourgogne.—Voici quelques-unes de ses dates : 1° En 877, « Data Non. Jul. anno incarna- « tionis Domini nostri Jesu Christi pceczxxvr ,indict. x, «anno vero Caroli regis primo. » 2° En 880 : « Data x1r «Kal. Apr. an. incar. Dom. pccezxxx, indictione x, «anno vero regis Karoli in Francià1v, in Jtaliâ r. » 3° En 881:« Data 1v Kal. Martii, anno Christo propitio imperii « domini Caroli præpotentis augusti unclionis suæ pri- «mo. » 4° Même année 881: « Data vins Kal. Julii, anno v « Karoli post mortem patris sui Ludowici in Francià et « Alemanniä, secundoregni ejus in Burgundià, impera- «toriæ vero dignitatis et apostolicæ benedictionis pri- « mo. » 5° En 883 : « Data ri Kal. Augusti, anno incarn. «Dom. pccez «Karoliin Italià 11, in Francià 11.» 6° En 885 : « Datum «vin Cal. Sept. anno incarn. Dom. pacczxxxv, indict.
exxI11, indict.1, anno verd imperii domini
«ur, annoimperii piissimi imperatoris Caroli in Italià v, «in Francià 1v, in Galliâ 1. »—Dans les premières dates il fait partir son règne du 28 août 876, époque de la mort de son père; dans les deux dernières, il le compte à partir de la mort de son frère, arrivée le 20 janvier 882. Quant à la date de son règne en Bourgogne, on peut l'expliquer par les contestations qui s'élevèrent à la suite de la proclamation de Boson, comme roi de Provence ou de Bourgogne (15 octobre 879). Charles le Gros lui ayant déclaré la guerre, a pu prendre le
Utre de roi de Bourgogne, pour protester contre cette usurpation, quoique d’ailleurs il n’ait pas réellement régné dans ce pays. Mais ce qu'il importe le plus de fixer, c’est le sens des mots Francia et Gallia, que l'on ne peut regarder ici comme synonymes, puisque dans la dernière date, l'année 885 concorde avec la 1v° an née du règne de Charles le Gros in Francid et la r* année de son règne in Gallià. Si l'on se reporte aux dates du diplôme qu’il accorda en 887 à l'église de Langres, on verra que la 1° année du règne in Gallià concorde avec la v° du règne in Orientali Franciä. M est donc évident que le mot Francia, avec ou sans l'épithète Orientalis, désigne la Germanie, tandis que le mot Gallia désigne la France proprement dite. En effet, Charles le Gros étant devenu roi de Saxe et de Lorraine le 20 janvier 882, pouvait dater de la v° année de son règne en Allemagne un acte du 15 janvier (18 des calendes de février) 887 ; et comme il était devenu roi de France au mois de décembre 884, le 15 janvier 887 concordait avec la 11° année de son règne en France. De même, le 25 août (8 des calendes de septembre) 885 correspond à la 1v° année de son règne, si l'on compte à partir du 20 janvier 882 ,etàala 1", si l'on compte à partir du mois de décembre 884. S'il existait des doutes sur cette traduction des mots Francia Orientalis, ils seraient levé
par un traité conclu en 926 entre Charles le Simple, roi de France, et Henri l'Oiseleur, roi de Germanie. Dans cet acte, Charles le Simple est qualifié roi Francorum Occidentalium, et Henri Francorum Orientalium. Les mots Francia et Franci pouvaient donc être employés alors pour désigner la Germanie et les Germains aussi bien que la France et les Français. C'est là ce qui explique pourquoi plusieurs des rois et des empereurs d’Allemagne ont pris le titre de roi des Français et désigné 1° Buste de profil, tourné vers la droite, cheveux courts, éten-
leurs états par le mot Francia. — Sceaux
dard planté sur un bouclier ovale. Inscription : Karo LYS IMPERATOR. 2° Sceau de médiocre grandeur, re- Bulle
de plomb. Buste de face, haste et bouclier. Inscription
présentant seulement la tête de l'empereur. 3°
DN. KAR. IMP. P. F. PP. AVG. (Dominus Karolus imperator pius felix perpetuus auqustus). Sur le revers, dans lc champ, une porte de ville flanquée de deux tourelles et surmontée d'une croix. Inscription : Renovario Ro max.1mp., et dans le bas, sous la porte : Rowa
Cnances I re Simezx, fils posthume de Louis le Bègue, exclu d’abord du trône et reconnu ensuite roi de France par une partie des seigneurs français le 28 janvier 893, conclut avec Eudes, vers le milieu de 896, un traité de partage qui lui assure les pays
274 ELEMENTS DE situés entre la Seine et le Rhin. Devenu seulroi, après Ja mort d'Eudes, arrivée le 1° ou le 3 janvier 898, il ne paraît pas cependant avoir été reconnu en Bourgogne avant 899, et avant 900 dans l'Aquitaine et la Septimanie. Le 21 novembre g11ou le 21 janvier g12 il succède à Louis de Germanie comme roi de Lorraine. Robert, frère d'Eudes, et Raoul, duc de Bourgogne, furent élus rois de France, l'un en 922, l'autre en 923. Charles le Simple, vaincu le 15 juin 923 dans le combat où il avait tué le premier de ces deux compéliteurs , est arrêté bientôt après par Herbert, comte de Vermandois. Il recouvra un instant la liberté en 927, mais jeté de nouveau en prison l'année suivante, il mourut le 7 octobre 929. — Selon dom Bouquet, il employait toujours l'invocation suivante : n nomine sanctæ et individuæ Trinitatis, venait ensuite : Karolus di bien Carolus Dei gratid rex. Les formules qui suivent
in propitiante clementià ou misericordià Dei reæ, ou
prouvent qu'il s’est servi tantôt du mot annulus, tantôt du mot sigillum : « 1° Et ut hæc nostræ auctoritatis « præceptio firmaetinviolabilis æternaliter maneat, pro- « pri manu sublus confirmantes anulo regiæ dignitatis «nostræ mandavimus insigniri. 2° Et ut hæcnostri pri- « vilegii autoritas per cuncta succedentia tempora fir- «miorem in Dei nomine obtineat perpetue firmitatis vi- « gorem et à nostris successoribus inviolabili tenore ser- « vetur, manu proprià subtus eam firmavimus et sigilli «nostri impressione jussimus adnolari. » Sa signature est ainsi exprimée : Signum Karoli gloriosissimi ou serenissumi regis. Le diplôme par lequel il confirme la dovation de la reine Frédérune en faveur de l’église de Compiègne, est signé et souscrit en ces termes : Signum Karoli regis excellentissimi. Gozlinus notarius ad vicem Herivei archiepiscopi summique cancellarii recognovit. Les notaires ajoutent ordinairement : et subseripsit. Ts emploient aussi les termes scripsit, subnolavit, et se qualifient notaires royaux : Hugo reqiæ dignitatis notarius ad vicem Herivei archiepiscopi subnotavit, c'est-à-dire, datavit. Hs parlent souvent à la première personne. — On rencontre dans les chartes différentes époques de son règne : 1° le 28 janvier 893; 2°le 3 janvier 898, lorsqu'il réunit toute la monarchie, ce qui est exprimé par l'une des formules suivantes : Anno redinlegrante où pleniter regnante, ou enfin in successione Odonis ; 3° 899 et 900, dates de sa reconnaissance en Bourgogne et en Aquitaine; 4° la fin de 911 ou le 21 janvier 912, date de son avénement au trône de Lorraine, qu'on exprime ainsi : À largiore ou ampliore hæreditate indeptä. — Voici quelques-unes de ses dates : 1° En 894, « Datum anno incarnationis Dominicæ « octingentesimo nonagesimo quarto, anno quoque re- « gnante Carolo secundo , indictione duodecimä , vr Ka-
«lendas Octob., actum in Attiniaco. » 2° En 898 : « Data «Kalendas Novembris indictione primä, anno sexto, re- «gnante Karolo serenissimorege, etin successione Odo- «nissecundo. Actum apud Viennam in Deinomine feli- «citer, amen. » 3° En 912: «Datum Calend. Januar
n- «dict.x111, anno x1X, regnante Karolo gloriosissimorege «redintegrante x1u1, largiore verd hereditate indeptà 1, «actum Mettis civitate in Dei nomine feliciter, amen. » Dans la seconde date, il faudrait Odonis primo au lieu de secando, et dans la troisième, indictione xr au lieu de xz11. Les Bénédictins n'ont rencontré la date de T'Incarnation que dans cinq de ses diplômes. — Sceau voy. planche B, n° 3.
Cnarres IV 1e Be, troisième fils de Philippe IV, roi de France, succède à son frère Philippe le Long comme roi de France et de Navarre, le 3 janvier 1322, est sacré à Reims le 21 février suivant, et meurt le 1° février 1328. — I prit plus souvent le titre de Rex Francie que celui de Rex Francorum. Voici l'une de ses suscripüons: Karolus Dei gratià Francie et Navarrerex, notum facimus üniversis nos, etc. — Charles le Bel omet dans ses diplômes la date du règne et souvent aussi la date du jour : « Donné a Paris l'an de grace mil trois «cent vingt etun, au mois de février; » et sur le repli: « Chalop. » Le jour est indiqué dans la date suivante : Datum Parisiüs decimt octava die Julü, anno Domini millesimo trecentesimo vigesimo sexto. — Ï1 annoncele
sceau par la formule : Nostrum fecimus apponi sigillum ou sigilli nostri fecimus impression muniri. Souvent aussi l'apposition du sceau est passée sous silence. — Sceau : Mêmes caractères que le sceau n° 2 de Louis X. Mais on n’y voit pas d'arceau au-dessus de la tête du roi. Le haut du sceptre traverse le cercle de l'inscrip-
tion entre L’R et l’£ du mot REx.
Cnanues IV, fils de Jean, roi de Bohème, et petitfils de l'empereur Henri VIT, élu roi des Romains le 19 juillet 1346, couronné à Bonn dans le mois de novembre suivant, à Aix-la-Chapelle en 1349, et à Milan le 6 janvier 1355, recoit la couronne impériale
à Rome le 5
avril suivant, se fait couronner roi d’Arlesle 4 juin 1365, et meurtle 29 novembre 1378. Il avait succédé à son père comme roi de Bohême le 26 août 1346. Voici le commencement d’un diplôme par lequel il confirme les priviléges de l'abbaye de Quedlimbourg : «In nomine sanctæ et individuæ Tri- «nitatis feliciter, amen. Carolus quartus divinâ favente «clementià Romanorum imperator semper Augu- «stus et Bohemiæ rex ad perpetuam rei memoriam. » Dans des chartes moins solennelles il retranche F'in-
vocation et s'intitule : Romani imperü semper Au-