PARTIE IL — CHAPITRE VIL
Ériexxe, comte de Mortain et de Boulogne, petit-fils, par Adèle sa mère, de Guillaume [° roi d'Angleterre, succède à son oncle, Henri Beauclerc, est couronné le 26 décembre. 1135, et meurtle 25 octobre 1154.— Voici la suscription d'un diplôme sans date, par lequel il confirma les priviléges de l'église de Normandie : « Stephanus Dei gratià rex Angliæ et dux Nor- «manniæ H. ( Hugoni) Rotomagensi archiepiscopo, «episcopis , abbatibus, comitibus, baronibus, vice- «comitibus, et omnibus in Normanniä commorantibus «salutem. » Une donation qu'il fit en 1138 à un monastère d'Angleterre commence par un préambule suivi de cette suscription : Ego Stephanus Dei gratià Anglorum rex, etc. Le mot Stephanus est précédé d’une croix qu'on retrouve ensuite comme un signe d'honneur devant les noms des différentes personnes pour le salut desquelles le roi annonce avoir fait cette donation. Dans un de ses diplômes les témoins sont annoncés par la formule suivante : Audientibus et collaudantibus omnibus fidelibus meis hic suscriptis. Voyez d’ailleurs, pour ce qui concerne les souscriptions, l’ar-
ticle de Hexn [°. — Les années du règne d'Étienne se complent à partir du 26 décembre 1135. Il ajoute quelquefois aux années de l'Incarnation celles de son règne et la mention de quelques prélats contemporains : « Anno ab incarnatione Domini Mexxxvinr, «apud Ela, secundo anno regni mei, in tempore Ed-
«wardi episcopi Norwicensis et Gausleni prioris Elæ. »
Eupes, Onox, Onore ou Lune, fils de Boggis, duc héréditaire de Toulouse et d'Aquitaine, succède à son père et àson oncle Bertrand en 688, et meurt en 735. On lui a donné le titre de roi, et plusieurs chartes d'Aquitaine, dressées de son temps, sont datées des années de son règne.
Eupes ou Onox, comte de Paris, fils de Robert le Fort, est élu roi de France à la fin de l'an 887, après la déposition de Charles le Gros. Charles le Simple ayant été reconnu roi par une partie des seigneurs français au commencement de 893, Eudes fut forcé de >artager avec lui la monarchie vers le milieu de l'an 896, et il mourut le 1° ou le 3 janvier 898. Eudes avait en partage les pays situés au midi de la Seine.— 1 emploie ordinairement l'une des formules suivan-
Odo misericordià , clementiä ou gratiä Dei, ou bien divind ordinante clementià rex. 1 emploie aussi, mais
plus rarement, les deuxinvocations /n nomine sanctæ et individuæ Trinitatis et In nomine Dei summi et œterni regis. Ses formules, pour l'annonce de la signature et du sceau, sont en général les mêmes que celles de
tes : In nomine Dei Ͼterni et salvatoris nostri Jesu Christi, +
ses prédécesseurs. On trouve cependant dans dom Bouquet un diplôme quirenferme signum Odonis magni- Jici regis, au lieu de gloriosissimi regis. 1 faut admettre, d’après les diplômes, au moins deux commencements à son règne, l’un de 887, l'autre de 888. Il futreconnu encore plus tard dans certaines parties de la France, à Nîmes, par exemple, au commencement de 890. Il emploie presque toujours la date de l'Incarnation. Voici une de ses dates où le commencement de son règne est pris de 887 : « Datum mense Junio, annoin- «carn. Domini pGccLxxXVIN, anno secundoOdonis glo- «“riosissimi, in Dei nomine feliciter. Amen. » Un autre diplôme postérieur de six mois est daté au contraire de
la première année de son règne. — Sceaux : 1° forme ovale; un pouce trois quarts de hauteur ; diadème ; pas d'inscription; 2° sceau beaucoup plus grand; tête de profil tournée vers la droite; inscription : Oo GraTrA
Der Rex.
I", élu pape lé 8 septembre 654, meurt le 1° juin 657.
EuGëwe Il, ordonné pape le 14 février ou le 5 juin 824, meurt le 27 août 827. — Le Bullaire romain ne renferme qu'une bulle de ce pape; elle est sans date et commence par la suscription ordinaire : Eugenius episcopus servus servorum. Dei. Les Bénédictins disent que ses bulles étaient dressées par Agathon, qui s’intitulait notaire et archiviste.
Eucr
E III (Bernard), élu pape le 27 février 1145, et ordonné le 4 mars suivant, meurt le 7 ou le 8 juillet 1153.— Les Bénédictins n’ont rencontré qu'une seule fois la date de l'indiction ajoutée dans une bulle ordinaire aux dates du lieu et du moisi ils ne connaissaient également qu'une bulle solennelle dont la suscription se terminât par salutem et apostolicam benedictionem au lieu de in perpetuum. Les dates des bulles solennelles présentent les mêmes caractères que sous les pontificats précédents; on ÿ voit le nom du chancelier, ou quelquefois d'un cardinal qui exerce les fonctions de chancelier sans en prendre le titre. Ces ains ; dans
bulles sont aussi datées par de simples écriv les dates l'année commence tantôt au 1° janvier, tantôt au 25 mars, et l'indiction au 1° janvier plus souvent qu'au 1° septembre. Les dates solennelle sont précédées , suivant l'usage, des signatures originales des cardinaux. Voyez, à l'article de Lucrus II, la disposition de ces signatures. Eugène suivait l'usage de ses prédécesseurs pour le monogramme du Benevalete, pour la formule de souscriplion et le cercle
qui renfermait pour devise: Fac mecum, Domine, si-
gnum. in bonum Voy. la face du sceau d'Eugène III
planche U, n° 3.
Eucane IV (Gabriel Condolmère), élu pape le 3, le Lou le 6 mars 1431, et couronné le 11 du même mois, meurt le 23 février 1447. — Le pontificat d’Eugène IV est l’époque d'un changement trop important dans les formules des papes pour que nous ne donnions pas à cet égard des explications un peu étendues. Outre les formules Salutem et apostolicam benedictionem, Ad perpetuam ou Ad futuram rei memoriam, «ce pape, disent les Bénédictins, employait en- «core celle-ci : Ad œternam rei memoriam, qui n'eut «pourtant pas de suite. Sa devise était: Adjutor et pro- « tector meus es tu, Domine, ne derelinquas me, Deus meus; «la diste de Rome retranche Deus meus. Nous trouvons «une de ses bulles où les noms de saint Pierre et de «saint Paul sont placés dans les cercles comme ils «l'étaient anciennement. Jourdain, évêque de Sainte- «Sabine, y signe deux fois, l'une pour le pape et «l’autre pour lui : Ego Jordan. episcopus Sabin. domino «nostro Eugenio aliqualiter impedito et de ipsius mandato, «præsentibus præscriplis dominis card., subscripsi. Ego « Jordan. episcopus Sabin. nomine proprio subscripsi. Quel- «ques-uns des cardinaux, au lieu de subscripsi, met- «tent me subsenipsi. » Cette souscription faite au nom du pape, et en son absence, mérite d'être remarquée , mais cette bulle ne s'écarte pas d’ailleurs des formes suivies dans les anciens priviléges. Ces formes furent également observées dans la plus célèbre constitution d'Eugène IV, c'est-à-dire dans le décret d'union qui devait servir de monument cternel à la réunion des Grecs et des Latins; cet acte est souscrit en cinabre par l'empereur de Constantinople au bas du texte grec, et au bas*du texte latin par le pape. Les signatures des prélats du rite latin sont, comme à l'ordinaire, disposées sur trois colonnes ; on pourrait tout au plus signaler une légère différence dans la disposition des cercles où le nom des apôtres est écrit tout au long: et comme on a vu tout à l'heure qu'Eugène IV a employé dans un autre acte un cercle disposé selon l'usage ordinaire, il faudrait en conclure que, sous ce rapport, on peut rencontrer dans ses bulles quelques variations; quant aux formules accessoires, lorsqu'elles n'étaient pas les mêmes que sous ses prédécesseurs , elles ne s'en éloignaient pas considérablement. On ne s'arrêtera donc pas à citer toutes les mentions relatives à l'enregistrement ou à l'expédition, telles que: « Registrata in camerâ apostolicà, Dupli- «cata, Gratis de mandato domini nostri papæ, etc.» Passons à des observations plus importantes. « Rien «n'est plus remarquable, disent les Bénédictins,
«qu'un certificat portant qu'une bulle fut lue et pu- « bliée dans la chancellerie romaine, en présence, etc. » (Voyez un certificat du même genre à l'article d’InnocenT VIII.) «Ce certificat renferme une date qui «mn
ite d'autant plus d'attention qu’elle n’est pas rare «dans les siècles précédents. Nous en ayons rencontré “plusieurs exemples sur notre route: mais comme «nous n'étions pas en état de vérifier par des faits nos “conjeclures, nous avions pris le parti de les suppri- «mer. Ici donc, au lieu de compter comme nous fe- «rions le 6,on compte le 5 des ides au 8 de novembre: « Die octavo Novembris videlicet quinto Idus. Suivant cette «manicre, ou l'on ne mettait pas en ligne de compte «le jour même des ides, nones et calendes, ou l'on n'y «faisait pas entrer celui d'où l'on partait; la même «bulle est signée de plusieurs cardinaux, mais non «pas du-pape. Au reste ces attestations ne semblaient «convenir pour lors qu'à quelques bulles extraordi- «naires, dont la plupart étaient souscrites par le pape “et ses cardinaux; encore de celles-ci ne trouve-t-on «que très-peu d'exemples, jusqu’à Innocent VIII, qui cétendit ces sortes de certificats aux simples bulles «proprement dites. » — On sait que sous les prédécesseurs d'Eugène IV les bulles solennelles étaient, sauf un petit nombre d'exceptions, les seules qui portassent la date des années de l’Incarnation. Ce pape, à la représentation de Blondus de Forli, secrétaire du consistoire, décida que cette date serait marquée dans toutes les bulles ; et s'il ne suivit pas cette règle dans les lettres ou brefs qu'il scellait du sceau secret, les papes suivants l'étendirent à cesmêmes actes, qui furent scellés de l'anneau du pêcheur. (Voyez Nicoras V.) Ponnons un exemple de la suscription et de la date des brefs d'Eugène IV : « Eugenius papa quartus….
«salutem et apostolicam benedictionem. — Datum « Romæ apud S. Laurentium in Damaso, sub annulo «nostro secreto, die xvrr mensis Septembris, pontifica- «tûs nostri anno nr. » On voit qu'entre la date du lieu et celle du pontificat il se contentait de marquer le jour du mois selon notre calendrier, sans fairemention des calendes, des nones ou des ides. Voici maintenant la date d'un acte scellé avec la bulle de plomb: « Dat. «Rome apud sanctum Petrum anno incarnationis Do- «minice millesimo quadringentesimo quadragesimo «quinto, decimo septimo Kal. Julii, pontificatüs nostri «anno quinto decimo. » Or si l'on compare cette formule, qui sera désormais employée pour les dates des bulles, avec les dates qui furent dans la suite appropriées aux brefs et dont on trouvera un exemple à l’article de Nicoras V, on verra qu’elle se distingue 1° par l'indication du jour du mois selon le calendrier romain, 2° par les mots incarnationis Domunicæ. En