‹ Éléments de paléographieChapitre 285 sur 492 · PARTIE IL — CHAPITRE VIL · texte numérisé non relu

PARTIE IL — CHAPITRE VIL

effet on se borne à indiquer dans les brefs le chiffre de l'année courante, sans employer aucune des formules anno Domuni , anno gratiæ , anno incarnationts, etc. « Depuis le rétablissement de l’année de l'Incarna- «tion dans les bulles ordinaires, disent les Bénédic- «lins, on en trouve de signées solennellement par « Eugène; mais elles n’ont point d'autres notes chro- «nologiques qui les distinguent des autres bulles. « Voici l'ordre suivant lequel leurs dates sont dispousées : le nom du lieu et souvent du palais où la bulle

fut donnée, l'année de l'Incarnation, le jour des ca- «lendes, des nones ou des ides, l’année du pontificat. «Ces dates et cet arrangement ont subsisté sans au- «eune variation depuis Eugène IV jusqu'à nos jours. « I faut néanmoins observer en passant que la date du «palais est beaucoup plus ancienne; mais on ne s'asutreignait pas à la marquer toujours exactement. » Cette règle admet cependant quelques exceptions. En ellet l'on rencontrera quelques bulles qui omettent l'année du pontificat, etqui marquent l’année de l'ère

irétienne dans la même forme que les brefs; il y en a même où cette date n'est pas marquée. Voyez Nicozas V; voyez aussi, pour ce qui concerne les motus proprü, V'article d’Innocenr VIIL. — La date de l'indiction ne paraît pas même dans les bulles les plus solennelles d'Eugène IV. Nous pensons que, pendant le xy° et le xvr° siècle, elle n’a pas non plus été employée par ses successeurs, el qu'elle était exclusivement réservée à la chambre apostolique, qui la marquail dans les certificats de publication. Toutefois nous ne hasardons cette observation qu'avec une extrême réserve, parce que les Bénédictins ne s’expliquent point à cet égard, et que d’ailleurs il est toujours dangereux de poser des règles générales; mais

S. Féux Il ou LIL, élu pape le 2 mars 483, et ordonné le 6 du même mois, meurt le 24 ou le 25 février 492. Il est le premier qui ait employé l'indiction dans ses lettres; il a aussi introduit l'usage de donner à l’empereur le titre de fils.

Férix IT ou IV, élu pape le 24 juillet 526, .et ordonné vers la fin du mois de septembre suivant, meurt le 18 septembre ou au commencement d'octobre 530.

Férix V (Amédée, duc de Savoie), antipape, élu en opposition à Eugène IV le 5 novembre 1439, consacré et couronné le 24 juillet 1440, renonce au pontificat le 9 avril 1440.

il est du moins bien positif qu'ordinairement la date de l'indiction ne figurera plus dans les bulles. Quant à la manière de commencer l’année, Eugène IV a varié comme ses prédécesseurs ; il la comptait tantôt à partir du 25 décembre ou du 1° janvier, tantôt à partir du 25 mars ou quelquefois du jour de Pâques. Cependant il avait ordonné, par une bulle de 1440, que dans toute l’église on commencerait désormais

l’année à Noël; mais ni lui ni ses successeurs n’ont été

fidèles à cette loi. Les Bénédictins confirment, à cet égard, l'opinion des auteurs de l'Art de vérifier les da-

tes; ils font observer seulement qu’à partir du pontificat d'Eugène IV il fut plus ordinaire, dans les brefs, de commencer l'année à Noël ou au 1° janvier, tandis que les dates des bulles la comptaient de préférence à partir du 25 mars; mais cette règle a souflert de nombreuses exceptions. « Eugène IV, disent les Bé- «nédictins, publia, en 1433, une constitution pour «recommander la célébration de la fête du Saint-Sa- «crement; il déclare à la fin que les copies authen- «tiques de cette bulle auront la même autorité que «l'original s’il était représenté. Cette déclaration a «passé en formule, et les papes en font encore usage «dans les bulles et les brefs adressés à toute l’église. » Voici dans quels termes elle est conçue : « Verüm quia «difficile est hujus modi litteras singulis exhiberi, vo- «lumus eteñdem auctoritate decrevimus quod ipsarum «transumplo, manu publicä et sigillo alicujus episco- «palis vel superioris ecclesiæ curià munito, tanquam «præfatis, si originales exhiberentur, litteris plena fides «adhibeatur, et perinde ac si originales litteræ forent «exhibitæ vel ostensæ. Datum, etc.» Voy. la face du sceau d'Eugène IV, planche U, n° 12.

Forose, intronisé pape le 19 ou sur la fin du mois de septembre 891, meurt après le 15 avril 896. Une de ses bulles renferme le dernier exemple connu d'une date prise du postconsulat de l'empereur d'Occident. ( Voyez cependant Romaïx.) Un autre acte daté de l'empire d'Arnoul, et non de: son postconsulat, présente, pour la première fois peut-être, le titre de chancelier du saint-siége apostolique. Voyez d’ailleurs pour le style de ces dates ce qui a été dit aux articles d'Érenxe V et de Nicozas [”.

François I” Le PÈRE DES LETTRES, né de, Charles d'Orléans, comte d'Angoulême, et descendant de Charles V par Louis d'Orléans son bisaïeul, succède

à Louis

XII, roi de France, le 1° janvier 1515, est sacré à Reims le 25 du miême mois, et meurt le 31 mars 1547.— Ses actes latins commencent ordinairement par la formule suivante : « Franciscus Dei «gratià rex Francorum, dux Mediolani et Genuæ do- «minus.» Dans le diplôme qu'il a donné pour la réforme de la Sainte-Chapelle, il ajoute ensuite ad perpetuam rei memoriam. Dans les actes français il ne prend que le titre de roi de France : «François, par la grace «de Dieu , roy de France, a nostre amé et feal cousin le «sieur de la Rochepot, chevalier de nostre ordre, baïlly set concierge de nostre palais royal a Paris, salut et di- «lection. » Un acte de décharge pour la veuve Robertet commence par : «Nous François, par la grace de Dieu’, «ete. certifions a tous ceux qu'il appartiendra. » La date est ainsi conçue: « Fait a Paris le xvr1T mars MDxXxxIII. «François. »Quelquefois ilsupprime la date del'année. L'acte par lequel il promet avec serment d'observer les traités conclus avec l'Angleterre commence ainsi: «Nos Franciscus Dei gratià Francorum rex Christia- «nissimus, promittimus, etc. » L'édit qui ôte aux religieux et aux religieuses le droit de succéder renferme les formules suivantes :

«Dieu, roi de France, daufin de Viennois, comte de

«François, par la grace. de

«Valentinois et Diois, a tous presens et a venir salut. «Savoir faisons, etc.; avons par edit, statut et ordon- «nance irrevocable de notre certaine science, propre «mouvement, grace speciale, pleine puissance et auto- «rité royale delfinale, statué et ordonné, et par la te- «neur de ces presentes statuons, ordonnons, etc. » Le diplôme par lequel il confirme les priviléges de l'église de Novarre se termine ainsi : «Quoniam sic nobis « placet et fieri volumus : quæ ut firma et stabilia per- « petuis temporibus remaneant, præsentibus sigillum «nostrum duximus apponendum , salvo in cæleris jure «nostro etin omnibus quolibet alieno. Datum Medio- «ani x Januarii MpxvII et regni nostri anno tertio. Per «regem ducem Mediolani, ad relationem vestram. BEN. « Buc

Visa contentor pro domino Grangi. Gottardus. Dans cette

case. » Et plus bas, dans un angle de la charte:

formule le commencement de l'année estpris au 1° janvier. Il donna à Louise de Savoie, sa mère, le duché d'Anjou et les comtés du Maine et de Beaufort par des lettres patentes datées du 4 février 1514 (vieux style), et qui furent scellées de plusieurs sceaux : « Par le roi, «sous le scel de Boisy gran-maître de France et autres «en après. Roserrer. » Cependantsous son règne l'usage des sceaux a commencé à diminuer, parce qu'un plus grand nombre de personnes étaient en état de signer. Ses édits et lettres patentes qui commencent par À tous presents et a venir, et qui contiennent une première loi, sont datés du mois et de l'année, sans marquer

le jour, et scellés de cire verte sur des lacs de soie verte et rouge; au contraire les actes qui commencent par À {ous ceux qui ces presentes verront, sont datés du jour, du mois et de l’année, et scellés en cire jaune avec une queue de parchemin. — Sceaux : Inscription : Franascus Der GRACIÀ FRANCORUM REX PRIMUS.

Le sceau est du reste entièrement semblable au premier sceau de Charles VIII. Le Nouveau Traité de Diplomatique donne le fac-simile d'un autre sceau qui présente quelques différences. Le roi, dans la main gauche, porte un bâton royal au lieu d'une main de justice. On voit au-dessus du dais deux têtes d’anges ailés et sans bras, tandis que dans le sceau précédent les deux anges ont les bras étendus ; les fleurs de lis du champ ne sont pas non plus disposées de la même manière.

Frépéric 1° Barpr-Rousse, fils de Frédéric, duc de Souabe, désigné par son oncle Conrad IT pour succéder au trône impérial, est élu roi des Romains le À mars 1152, couronné le 9 du même mois à Aixla-Chapelle, reçoit la couronne impériale à Rome le 18 juin 1155, s’y fait couronner de nouveau dans l'église de Saint-Pierre le 1° août 1167, reçoit la couronne du royaume d'Arles le 30 juillet 1178, etmeurt le 18 juin 1190.— Avant 1155 il s'intitula simplement Romanorum rex ou reæ augustus. Voici sa formule ordinaire de souscription dans ses diplômes impériaux : « C. In nomine sancte et individue Trinitatis , « Fredericus divinà favente clementià Romanorum im- «perator et semper augustus. » Dans une lettre qu'il adressa à Henri Il à s'intitule Romanus imperator. Cet acte se termine par une formule de salutation ainsi conçue : « Personam tuam et statum regni tui incolu- «men per longa tempora Deus omnipotens conservare «dignetur. » H fait souvent mention de ses bulles d’or: «Pro majori autem hujus nostræ confirmationis et «sanctionis auctoritate hanc paginam conscribi et aureà «bullä nostrâ jussimus insigniri, pænâ centum librarum cauri et banni nostri hujus sacræ legis violatores con- «dempnantes, adhibitis idoneis testibus quorum no- «mina sunt hæc, etc. » Pour l'annonce du sceau il emploie aussi les termes de sigilli, imaginis charactere, impressione , expressione signari, roborari, decorari. Quand il joint le sceau d'une église au sien, il en fait mention: « Sigillo nostro cum appositione sigilli Aquensis «ecclesiæ præsentem cartulam insigniri præcepimus. » Après l'annonce du sceau on rencontre quelquefois : «Addità subscriptione testium principum tam clerico- «rum quàm laicorum. » Mais ce mot subscriptio indique T'énumération et non la signature des témoins. Ces témoins sont aussi annoncés par d'autres formules, telles

Page 1