‹ Éléments de paléographieChapitre 286 sur 492 · PARTIE IL —CHAPITRE VIL · texte numérisé non relu

PARTIE IL —CHAPITRE VIL

que Aujus rei testes sunt, Idoneos testes qui presentes aderant subternotari Jecimus quorum nomina sunt hæc, etc. « Après le texte de ses diplômes, disent les Bénédictins, «suitla signature impériale en lettres minuscules fleu- «ries : Signum domini Friderici Romanorum imperatoris «august. Immédiatementaprès cettesignature, vient la «date, qui est placée avant la souscription du chance. «lier, écrite en caractères minuscules, semblables à «ceux du texte : Ego Reinaldus cancellarius vice Arnoldi «Moguntine sedis archiepiscopi et archicancellariü reco- «gnovi. » Les diplômes contenus dans le recueil intitulé Corps diplomatique du droit des gensrenferment de nombreuses exceptions à cette règle. La souscription du chancelier y précède presque toujours la date. Voici deux autres formules de signature du même prince: «Signum meî Friderici Romanorum imperatoris invi- «ctissimi. Signum domini Friderici imperatoris Rom. «triumphatoris invictissimi.» On trouve aussi des souscriptions de chancelier qui se terminent par : «Vice Philippi Coloniensis archiepiscopi et Italici re- «gni archicancellari, » ou « Vice Christiani Moguntinæ «sedis archiepiscopi et Germaniæ archichancellarii. » Selon l'Art de vérifier les dates, l'archev êque de Cologne commença en 1156 à prendre le titre d'archichancelier de l'Italie, et l'archevêque de Mayence prit en 1178 celui d’archichancelier de l'Allemagne. Frédéric est le premier empereur dont les diplômes aient le sceau pendant; souvent il ne fait mention ni

des années de son règne, ni de celles de son empire ; il date quelquefois de son couronnement à Arles (30 juillet 1178). Cette époque se trouve réunie aux années de son règne, qui se comptent du mois de mars 1152, et à celles de son empire,

ui se comptent du 14 juillet 1155, dans un diplôme de 1178, cité par les Bénédictins, et dont la date est ainsi conçue:« Acta «sunt hæc anno Dominicæ incarnationis MeLxxvrn.... “regnante domino Frederico, Romæ imperatore glo- «riosissimo, anno regni ejus xxvi1, imperi autem «xxiy feliciter. Datum in palatio Arelatensi m1 Kal. «Aug. mensis, die Dominico, quo coronatus est in ec- «clesià Arelatensi imperator. » On trouve souvent dans ses dates des faits historiques , entre autres la destruction de Milan (26 mars 1162). — Le nom de Frédéric est écrit dans ses diplômes Fridericus, Fredericus et Federicus.

Frénéric IT, surnommé RoGer, fils de Henri VI, élu roi des Romains vers le milieu de 1 196, succède à son père en Sicile en 1 197, est proclamé de nouveau roi des Romains peu de temps après la mort de Henri VI; élu pour la troi

ème fois en 1211 après l'excommunication d'Otton IV, il est couronné roi des Romains

pour la première fois le 6 décembre 1212, et pour la seconde fois le 25 juillet 1215; il recoit la couronne impériale le 22 novembre 1220, devient roi de Jérusalem en 1226, par la cession de Jean de Brienne son beau-père, et meurtle 4 décembre 1250.—Quand il emploie une invocation , c’est ordinairement celle de la sainte Trinité : In nomine sancte et individue Trinitatis. Mais il s’est aussi servi de /n nomine Dei æterni et salvaloris nostri Jesu Christi. On lui a donné le titre d'homme illustre. — Dans sa lettre à Louis, roi de France, i s'intitule : «Fridericus Dei gratià Roma- «norum imperator præpotentissimus, à Deo coronatus, «magnus et pacificus, victor ac triumphator semper «auguslus. » Avant 1220 ilse qualifiaitordinairement: Fridericus Dei gratiä Romanorum rex semper augustus el rex Sicilie, ou bien Fridericus secundus Dei gratià, etc. omnibus in perpetuum, ou encore fridericus divinâ favente clementid Romanorum rex secundus semper augustus et rex Sicilie. Après avoir reçu la couronne impériale, il substitua au titre de roi des Romains celui d'imperator semper auguslus où imperator Romanorum semper augustus. Cependant dès l'an 1212 il se serait dit élu empereur si l'on devait regarder comme authentique un diplôme dont voici la suscription : «Fridericus Dei gratià in Romanorum imperatorem «electus, rex Sicilie, dominus Apulie et princeps Capue, «universis Christi fidelibus presentes litterasinspecturis «salutem in auctore salutis. »—Ce qui peut rendre ce diplôme suspect, c'est que dans plusieurs actes antérieurs à 1220, on ne retrouve plus ce titre d'empereur élu, mais seulement celui de roi des Romains. D'’ailleurs les Bénédictins , après avoir cité ce texte d’après Gudenus (Cod. dip. p. 420), ajoutent que : « Frédéric «prit seulement le titre de roi des Romains et de Sicile «ayantl'an 1220,où il futcouronné empereur à Rome. » (Tom. VI, p. 10.) Cependant on trouve au tome I du Corps diplomatique, page 144, un diplôme du 26 septembre 1212, où Frédéric s'intitule : Romanorum imperator electus et semper auqustus. Mais ce diplôme porte dans un autre recueil la date du 15 avril. D'un autre côté, dans le même volume du Corps diplomatique, page 161, on ne retrouve plus que le titre de roi des Romains dans un acte du 24 septembre 1220, antérieur de deux mois au couronnement de Frédéric à Rome.Quand mêmeon admettrait authenticité de ces deux formules exceptionnelles, il en résulterait du moins que Frédéric prenait seulement le titre d'empereur élu et qu'il ne le prenait pas toujours. On de vrait donc encore reconnaître que le couronnement à Rome était nécessaire pour conférer toute la plénitude de la dignité impériale. — Les constitutions grecques données par Frédéric IT, pour le royaume de Sicile ,

298 ELEMENTS DE fournissent la suscription suivante : Bav/ne Ve Dped'epiuoc, del aryeucroc, Irands, SIMENIMOG, TepoconvmiTne, Ape- AQTÉVONS, EUCECRS, éuTuyhe, nixnrie Kai TPOT&IOU OS. Dans les actes ordinaires il se contente de l'annonce du sceau : Sigillo majestatis nostræ fecimus communiri

Voici deux exemples de formules plus solennelles : 1° « Ad cujus rei certam in perpetuum ev identiam, præ- «sentem paginam inde conscribi jussimus et majesta- «tis nostræ sigillo aureo communiri, manuque proprià «corroborantes idoneos testes subnotari fecimus quo- «rum nominasunt hæc, etc. » 2° «Ad hujus itaque do- «nationis et concessionis nostre memoriam et stabilem «firmitatem, presens privilegium fieri fecimus et bullà «aureà , typario nostre majestatis impresso , jussimus

«“communir

. Hujus rei testes sunt, etc. » Dans un acte de 1212, la présence du chancelier et d'autres témoins est annoncée en ces termes : « Acta sunt hec, «presentibus dilectis nostris Cunrado Metense et Spi- «rense episcopo imperialis aule cancellario, Lupoldo, «etc... et aliis quampluribus. »-— Dans la charte qu'il accordaen 1223 au monastère d'Hirsauge, gon monogramme est accompagné de cette formule : « Signum «domini Friderici secundi Dei gratià invictissimi Ro- «manum imperaloris semper augusti et regis Sici- «iæ. » Mais dans beaucoup d'autres chartes, revêtues de son monogramme, la même mention ne se rencontre pas. Quelquefois, d'ailleurs, il n’appose pas son monogramme. Dans un acte de 1214, Conrad, chancelier, contre-signe pour l’archichancelier du royaume «Ego Conradus Spirensis et Metensis «episcopus, imperialis aulæ cancellarius, vice Humberti

de Bourgogne :

« Viennensis archiepiscopi et totius regni Burgundiæ «archicancellarii , recognovi. »— On remarque quatre époques dans les diplômes de FrédéricIl: 1° son règne en Sicile (fin de 1197); 2° son règne comme roi des Romains (fin de 1212); 3°son empire (fin de 1220); 4° son règne à Jérusalem, que l'abbé de Gotwic fait remonter à 1226, époque dela cession de Jean de Brienne, dont il avait épousé la fille l’année précédente. Frédéric, entré dans Jérusalem le 17 mars 1229, se rendit le lendemain à l’église du Saint-Sépulcre, et, en l'absence d'un évêque, plaça lui-même la couronne sur sa tête. Mais la date de ce couronnement ne paraît pas avoir été employée dans ses diplômes. Les époques quis'y rencontrent sont réunies dans les deux exemples suivants : 1° «Acta sunt hæc anno Domini nostri «Jesu Christi Mcexnr, indict. 1, regnante domino Fri- «derico secundo Romanorum rege glorioso et rege Si- «ciliæ, anno regni ejus Romani primo, regni ver ejus « Siciliæ xvr. » 2° « Acta sunt hæc anno Dominicæ incar- «nationis MGexxvir, mense Junio, primæ indictionis , «imperante D. N. Friderico secundo Dei gratià glorioso

«Romanorum imperatore et Siciliæ rege, anno imperii «ejus octavo, Jerusalem tertio, regni verd Siciliæ xxx1 « feliciter. Amen. Datum apud Brundusium. » On a des cliartes de cet empereur datées selon le calcul pisan En voici un exemple rapporté par les Bénédictins : Datum apud Pisas, anno Dominicæ incarnat. MCCXLY, mense August, 11 indict. L'indiction 11 convient en effet à l'année 1244 et non à 1245; et comme l'acte est daté de Pise, on doit naturellement supposer qu'on y a suivi le calcul pisan.

Frépénic I, duc d'Autriche etlandgrave d'Alsace , surnommé Le Bec, fils d'Albert d'Autriche, élu roi des Romains le 19 octobre 1314, couronné le 25 novembre suivant, fait prisonnier par Louis de Bavière, le 2, recouvre la liberté en 1325, en

28 septembre 132 vertu d’un traité du 5 septembre 1325 qui lui assure le titre de roi en commun avec Louis V, et meurt le 13 janvier 1330.—Voici la suscription, l'annonce des sceaux etla date de la convention qui lui assure le titre de roi en commun avec Louis V : «Nos Ludovicus et « Fridericus Dei gratià Romanorum reges semper au- «guslinotum facimus, etc. In quorum testimonium da- «mus has litteras cum dependentibusnostris sigillis , et «promittimus sub omni obligatione sup: rà script quod «illas velimus renovare et sigillare nostris novis sigillis «quäm primüm illa scripta fuerint. Omnium suprà « scriptarum rerum sunt testes, etc. qui omnes inter- « fuerunt. Hæ litteræ datæ sunt Monachii, die Jovis ante « Dominæ nostræ diem cum nasceretur, anno à Christi «nativilate Mecexxv, undecimo anno nostri regni. » Il résulte de cette cilation qu’en 1325 ces deux princes n'avaient encore qu'un sceau provisoire. Les mots die Jovis ante diem Dominæ nostræ cum nasceretur désignent le jeudi avant la Nativité de Notre-Dame : ce qui cor-

respond au 5 septembre 13

Frépéric II ou IV, fils d'Ernest, duc d'Autriche, est

élu roi des Romains le 2 février 1440, couronné à Aïx-la-Chapelle le 17 juin 1449, reçoit à Rome la couronne de fer le 15 mars 1452 et le 19 du même mois lacouronne impériale. Il mourut le 19 août 1493. Une donation considérable qu'il fit en 1468, commence ainsi : « In nomine sanctæ et individuæ Trinitatis, «amen. Fridericus divinà favente clementià Romano- «rumimperator semperaugustus, Hungariæ, Dalmatiæ, «Groatiæ, etc. rex, ac Austriæ, Styriæ, Carinthiæ et « Carniolæ dux, dominus Marchiæ, Sclavoniæ ac Portüs «Maonis, comes in Habspurg, Tyrolis, Pherrets et in «Kyburg, marchio Burgoviæ et landgravius Alsatiæ, ad «futuram rei memoriam. » Pour assurer l'inviolabilité de ce diplôme, il ordonne qu'il soit offert sur les

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