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XVIII

Son règne commence le plus souvent dans les chartes au 14 mai 1027, ou au 20 juillet 1031. Cependant on cite des diplômes qui font concourir l'an 1035 avec la troisième année de son règne, et l'an 1046 avec la douzième. Cette variation s'explique parce qu’il ne fut pas reconnu-partout à la même époque, à cause des troubles excités par la reine Constance. Une charte de Bérenger, vicomte de Narbonne, fait concourir le 7 juin 1032 avec la seconde année de son règne ; c'est probablement parce que l'on y compte l'année 1031 pour une année complète. Il n'en est pas de même dans l'exemple suivant : « Actum Parisius civita- «te, in aulâ regis, annoincarnationis Dominicæ mxLim, «indict. xr, sub xr11 Calend. Junïüi, anno verd Henrici «regis gloriosi xt.» Mais comme il ne marque pas dans tous ses actes la date du jour, il arrive souvent qu'on ne peut pas savoir s’il a compté comme une année complète les six mois de l'année 1031. H lui arrive même d'omettre la date de l’année : Actum sastro Meloduno , in curid Epiphaniæ. On rencontrera souvent dans les diplômes de nos rois des dates analogues. En effet, on choisissait l’époque d’une fête pour tenir des cours ou des parlements, et les actes étaient alors datés In curiâ Epiphaniæ, In parliamento Omnium Sanctorum, etc. Les dates de Henri [° sont placées tantôt avant, tantôt après les signatures. On ne peut rien affirmer de positif sur l’époque à laquelle il commençait l’année ; mais il est probable qu'il variait à cet égard comme son père : les Bénédictins ne donnent aucun renseignement sur ce point. — Voyez le sceau de Henri [", pl. B, n° 6.

Henri I ze Norr, fils de Conrad II, élu roi en 1026, couronné le 14 avril 1028 , succède à son père comme roi de Germanie ou roi des Romains, le 4 juin 1039, ou peut-être, selon les Bénédictins, le 14 de ce mois, reçoit la couronne impériale le 25 décembre 1046, et meurt le 5 octobre 1056. — H emploie les invocations 7n nomine sanctæ et individuæ Trinitatis, In nomine Dei æterni, etc. Avant 1047 il s’intitule ordinairement Heinricus ou Henricus divinä favente clementià rex, ou Dei gratià rex servus servorum Dei, et depuis cette époque, Romanorum imperator augustus où semper augustus. emploie pourl'annonce du sceau non seulement la formule ordinaire Sigillo insigräri jussimus, mais encore : Sigëllo nostro infigi jussimus ; Aured nostræ imaginis bullà ou nostri signi impressione j'ussimus insigriri. Outre son monogramme, on en trouve un autre sur plusieurs diplômes qui est formé d’un C et d’une R. Après cette dernière lettre sont trois croix disposées perpendiculairement. Les Bénédictins supposent que ces lettres peuvent indiquer la ratification de Conrad HT, l’un de ses successeurs, ou représenter le nom du père de Henri III. Godefroid, abbé de Godweic, présume que ce sont les deux initiales du mot crux. — Henri emploie trois dates dans ses diplômes

1° celle de son ordination (c’est-à-dire de son premier couronnement) en 1208 ; 2° celle de son règne en 1039; 3° celle de son empire en 1046. Ces trois époques sont relatées dans un diplôme de l'abbaye de Fulde : « Data «vi Kalend. Octob. anno Dominicæ incarnationis « MLVI, indict. Vi, anno autem domini Heinrici tertii «regis, secundi imperatoris, ordinationis XxVIn1, regni «ver XVIII, imperii x

» Les Bénédictins et les auteurs de l'Art de vérifier les dates font en outre mention d'une quatrième époque, prise de l'an 1038, à l'occasion de son couronnement à Soleure comme roi de Bourgogne ou d'Arles. Ce fait est prouvé par un diplôme confirmatif des biens de l’abbaye Saint-Benigne de Dijon. La souscription en est remarquable « Signum domini Heinrici tertii regis invictissimi, se- «cundi Romanorum imperatoris augusti, Burgundio- «num primi. » Henri se qualifie donc troisième du nom comme roi des Romains ou de Germanie, deuxième comme empereur, et premier comme roi des Bourguignons. Nous n'avons pas rencontré de diplôme où Henri III ait joint au titre de roi un des mots Francorum où Romanorum : on ne peut donc pas lui donner le titre de roi de Germanie, plutôt que celui de roi des Romains. Voy. ce qui a été dit à cet égard à l’article de Henri I.

Henri IV, fils de Henri II], élu roi des Romains en 1053, couronné le 17 juillet 1054, succède à son

père le 5 octobre 1056, comme roi des Romains et roi d'Arles, recoit les ornements du patriciat des Romains en 1061, est déposé en Allemagne le 13 mars 1077; mais vainqueur de Rodolphe son compétileur, il est couronné empereur le 31 mars 1084, et meurt le 7 août 1106. Dès 1059 Henri IV prenait le titre de roi des Romains ; il se nomme tantôt Henri IT, tantôt Henri IV : c'est une conséquence du système suivi par son père. — I1 emploie toujours pour inyocation : În nomine sanclæ et individuæ Trinitatis. Jusqu'en 1084 il s'intitule Henricus Dei favente clementié ou divinä favente clementié rex, où Romanorum rex augustus, ou ego Henricus humilis Romanorum rex , où tertius Romanorum rex, ou enfin Henricus quartus divinä, etc., rex secundum voluntatem Dei salvatoris nostrique liberatoris. On trouve dans le Supplément au Corps diplomatique un acte dont la suscriplion, quoique fort singulière, est justifiée par la querelle de Henri IV et de Grégoire VIT: « Henricus non usurpativè sed pià Dei ordinatione rex « Hildebrando non jam apostolico sed falso monacho. » Voici maintenant les suscriptions ordinaires de ses diplômes impériaux : 1° « Henricus divinä favente cle- «mentià, Romanorum tertius imperalor auguslus. » 2° « Respectu divinæ miseralionis electus terlius Henri- «ous gratià Dei Romanorum imperator augustus etpa- «tricius. » 3° « Henricus Dei gratià Romanorum impe- «rator et semper augustus. » L'annonce du sceau varie pour ainsi dire à chaque diplôme de ce prince, mais on n'y trouve pas d'autre terme que sigillum et signum. H s'est servi pour un sceau plaqué de la formule : Sigilli nostri appensione [au lieu de impressione) Jussimus insigniri. La formule suivante est remarquable : « Et ut noyerint omnes præceptum hoc nos- «trâ auctoritate firmatum, jussimus imprimi nostræ «majestatis signum, ne excusari possit quisquis, reco- «gnitâ imagine, contra quem hoc scriptum est facere «præsumpserit. » Sa souscription est ordinairement conçue en ces termes : Signum Heinrici, ou domini Heinrici quarii regis, Où regis humillimi et invictissimi. Son chancelier se sert de cette formule : « Sigehardus can- «cellarius, vice Sigefridi archicancellarii, recognovi. » Ces deux souscriptions, disent les Bénédictins, surtout la dernière, sont écrites en caractères gigantesques. Les noms des témoins sont ainsi indiqués à la fin de ses diplômes : Testibus præsentibus N. etc., ou Recognoscebant ex principibus N. etc. Les empereurs précédents se servaient de la formule Jnterventu, etc. Les dates de ses diplômes étaient calculées à partir de l'époque de son ordination en 1054, de celle

de son règne en 1056, et de celle de son empire en 1084. Il y a cependant des actes où l'on compte les années de son empire à partir de 1054. Pour

concilier les dates de plusieurs de ses diplômes il faut tantôt compter quelques mois pour une année entière, tantôt confondre avec une année révolue les mois d'une annéé incomplète. Les années de sa vie sont quelquefois marquées dans les dates de ses diplômes. Une charte de 1083 est datée de la prise de Rome. Avant ses différends avec Grégoire VII il lui arrivait de faire mention de ce pape dans ses dates : «Actum Ratisponæ feliciter. Amen. Præsidente Ro- «mæ in apostolicà sede Gregorio VIT, qui et Hiltipran- « dus. » On cite de lui cette date singulière : « Actum « Spiræ in Ghristi nomine, ad salutiferam memoriam « Henrici tertii Romanorum imperatoris augusti felici- «ter. Amen. » Voici une autre date calculée surles deux époques de 1054 et 1056, et dans laquelle le chiffre de l'indiction précède ce mot au lieu de le suivre : « Data anno Dominicæ incarnationis MLXVI, tir indict. «anno autem ordinalionis Heinrici quarti regis xn1, «regni x. Actum Goslare. Amen. »

Hexni V, ou Caarces-Henrt, fils de Henri IV, associé à la royauté vers la fin de 1098, couronné le 6 janvier 1099, déclaré roi des Romains le 25 décembre 1102, se révolte contre son père en décembre 1104, prend le titre de roi des Romains en 1105, se fait couronner après avoir détrôné son père le 6 janvier 1106, lui succède comme roi des Romains et roi d'Arles le 7 août suivant, reçoit la couronne impériale le 13 avril 1111 , se fait couronner une seconde fois le 2 avril 1116, et meurt le 23 mai 1125. — Henri V avait pris le titre de roi des Romains depuis qu'il avait détrôné son père. H y substitua celui d'empereur à dater du 13 avril 1111. Il se sert presque toujours de l'invocation In nomine sanctæ et individuæ Trinitatis. Ayant son sacre impérial, il s’est intitulé constamment Heinricus divin favente clementià quintus Romanorum rex. Depuis il a varié comme ses prédécesseurs du même nom, et s’est dit tanlôt quatrième, tantôt cinquième du nom. Ise contente quelquefois du titre de Romanorum imperator ; d’autres fois il y ajoute augustus où semper augustus. On cite aussi de lui cette suscription : « Heinricus Dei misericordià Romani re- «gni rex et ecclesiarum in eo positarum defensor. » Parmi les nombreuses formules qu'il a employées pour l’annonce du monogramme et du sceau, on peut citer celle qui suit comme une des plus remarquables : «Charlam præsentem nostræ confirmationis testem «scribi jussimus quam, ut infrà videtur, manu nostrà « corroboratam et sigilli nostri impressione omnis ge- «nerationis tam futuræ quàm præsentis noliliæ relin- «quimus.» Il se sert aussi des expressions suivantes: Nostræ majestatis bullà jussimus communiri, Dans un

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