‹ Éléments de paléographieChapitre 295 sur 492 · PARTIE IL — CHAPITRE VII · texte numérisé non relu

PARTIE IL — CHAPITRE VII

diplôme de 1108 on voitimmédiatement après le texte"

la souscription de son chancelier en lettres minuscules et ainsi conçue : « Ego Adalbertus cancellarius, vice « domni Rothardi Moguntini archicancellarii, recogno- «vi.» Vient ensuite en grands caractères la formule au milieu de laquelle se trouve le monogramme de Henri : «Signum domni Heinrici quinti regis Romano- «rum invictissimi. » Les noms des témoins, qu’on écrit en général après le texte , sont ordinairement annoncés par une des formules : « Hi sunt autem testes qui vide- «runt et audierunt; » ou bien « Huic concessioni præ- «sentes affuerunt.» Quand ils sont nommés dans le texte même, l'annonce est ordinairement conçue de la manière suivante : « Astipulatione præsentium re- «gni principum , » ou bien « Astantibus et collaudanti- «“ bus, etc. » Il data de son ordination (1099), de son règne (1105 ou 6 janvier 1106), et de son empire (13 avril 1111). Il a aussi daté de la fête de S. Jacques, et de sa convention avec Pascal IT, au sujet des inves-

titures: « Data anno Dominicæ incarnationis M

Ill, «indict. xu1, apud Lovissen, quando dominus impe- «rator annulum et baculum remisit, durante adhuc eo «anno. » Les auleurs-de l'Art de vérifier les dates annoncent qu'il s'est quelquefois intitulé empereur des Allemands : nous n'avons pas eu occasion de rencontrer celte suscription.

Henri l° Beau-Crerc et ze Liow, troisième fils de Guillaume I", roi d'Angleterre, succède à son frère Guillaume Il, est couronné le 5 août 1100, et meurt le 1° décembre 1135.— Une donation qu'il fit en 1101 à l'évêque de Norwich commence ainsi : « In no- «mine Patris et Filii etSpiritüs sancti, amen. Dei filius, «amator et redemptor hominum , Jesus Christus adeo «sanctam dilexit ecclesiam ut eam suo sanguine redi- «meret, et suo spiritu insigniret, suæque carnis ali- «mento satiaret, etc. Quod ego Henricus rex filius Wil- «lielmi regis considerans , etc. » Voici quelques autres suscriptions du même prince: 1°« Henricus rex Anglo- «rum et dux Normannorum, archiepiscopis, episcopis, «abbatibus, comitibus, baronibus, justiciariis, viceco- «mitibus, ministris etomnibus fidelibus suis totius An-

«gliæ et Normanniæ salutem. Sciatis, etc. » 2° « In no- «mine S.etindividuæ Trinitalis, Patris et Filii et Spiri- «tüs sancti, an. abinc. Domini mexx1, regni autem mei «xxur, ego Henricus primus Dei gratià rex Anglorum «et dux Normannorum, etc. » 3° «Sciant omnes præ- «sentes et futuri quod ego Henricus rex Anglorum et « dux Normannorum, etc. » C’est surtout dans les actes relatifs à la Normandie qu’il prend le titre de duc des Normands. Il est probable qu'il n’a pas employé cette

qualification avant d'avoir remporté sur son frère, Ro-

bert II, la victoire de Tinchebray (27 septembre 1 106), qui lui assura la possession définitive de la Normandie. On cite de lui cette formule pour l'annonce du sceau et de sa signature , qui consiste dans une croix: « Et ut in æternum permaneat mea donatio, sanctæ «crucis præsente signo eam confirmavi el meæ regiæ « dignitatis sigillo eam confirmavi.» Du reste ces annonces manquent dans la plupart de ses chartes comme dans celles de ses successeurs. Les témoins relatés dans un de ses actes souscrivent par la main du rédacteur dans la forme suivante : Ego N. confirmaui. Le mot confirmavi est remplacé dans les autres souscriplions par annui, sanæi, consensi, consentiens subscripsi. Ordinairement on se contente d'écrire lesnoms des témoins à la suile du mot testibus ou du sigle T. Henri I* s’est servi de la formule Teste meipso, qui n’a pas cessé depuis d’être employée par les rois d'Angleterre jusqu'à Henri VIIT. On trouve aussi les formules Teste ips& Mathildà regind, ou T. G. cancellario. Souvent les noms des témoins ne sont indiqués que par l'initiale. Ces formes furent suivies par les successeurs de Henri [*. Les années de son règne se comptent du 5 août 1100. Il date rarement ses chartes et varie d’ailleurs ses formules : 1° « Facta estautem anno Verbi in- «carnati Mexxvir, indictione v, Wintoniæ. » (Il ajoute quelquefois : « Peracta feliciter in Christo. ») 2° « Facta «est igitur hæc donatio anno ab incarn. Domini mer, «indict. 1x, epactà xvir, concurrente 1, lunâ vr, ter- « io Nonas Septembris, regnante Domino nostro Jesu « Christo, cui est consubstantialis etcoæterna equalitas, «honor et gloria cum Patre in unitate Spiritüs sancti «per omnia sæcula sæculorum. Amen.» Voyez le premier sceau de Henri [", pl. R, n° 3.

Henri, fils aîné de Conrad IIL, couronné roi des Romains en 1147, meurt avant son père en 1150.

Hexry Il PLANTAGENET, petit-fils par Mathilde, sa mère, de Henri Beau-Clerc, succède à Étienne, roi d'Angleterre , est couronné le 19 décembre 1154, et meurt le 6 juillet 1 189.— Comme il avait épousé le 18 mai 1152 Éléonore, duchesse d'Aquitaine, répudiée par Louis le Jeune, il joignait le titre de duc d'Aquitaine à ceux de roi d'Angleterre, de duc de Normandie et de comte d'Anjou; après la conquête de l'Irlande, il s’intitula aussi, selon les Bé-

nédictins, dominus Hybernie. Toutefois la collection

de Rymer ne fournit aucun exemple de cette suscription, pas même dans un acte où il annonce aux Irlandais qu'il confie le gouvernement de leur île au fils de son sénéchal. Cet acte commence ainsi : « Henricus «rex Angliæ, dux Normanniæ et Aquitaniæ , et comes

en

« Andegaviæ, archiepiscopis, episcopis , etc. et omni-

«bus fidelibus suis Hiberniæ salutem. » Il serait donc

possible que Henri II se fût contenté de nommer, dans le salut de ses diplômes, ses sujets d'Irlande sans prendre le titre de dominus Hiberniæ, qui ne se trouve pas même sur le sceau de son successeur Richard I”, mais qui paraît pour la première fois sur celui de Jean-sans-Terre. On rencontre dans les diplômes de Henri II plusieurs exemples d’une formule de salut qui doit être remarquée en ce qu'elle distingue dans ses sujets d'Angleterre les, Anglais et les Français : « H. rex Anglie et dux Normannie, etc. omnibus fide- «libus suis totius Anglie, Francis et Anglis, salutem. » Après qu'il eut fait couronner le 15 juin 1170 son fils Henri, mort en 1183, il lui est arrivé de s’intituler : Henricus rex pater regis. Les Bénédictins annoncent qu'il a quelquefois employé l'invocation : « In «nominesanctæ etindividuæ Trinitatis. » On peut aussi remarquer dans Rymer une suscription où son nom est omis et qui est ainsi conçue : « Rex Anglorum fide- «ibus suis salutem. » Le rescrit qu'il adressa en 1169 au souverain pontife commence ainsi : « Alexandro «papæ Henricus Dei gratià Anglorum rex, dux North- «mannorum etAquitanorum, etcomes Andegavorum. » Ce rescrit ne renferme ni salut, ni salutation, parce que c'était alors l'époque des démélés du roi d’Angleterre avec Thomas Becket et la cour de Rome. Quant aux souscriptions de Henri IT, elles sont dans la même forme que celles de Henri I". Les années de son règne se comptent du jour de son couronnement. La plupart de ses chartes ne sont datées que du lieu. Dans quelques-unes il marque les années de son règne : « Data vper manum venerabilis patris R. Cicestr. episcopi «cancellarii nostri, apud Westm. secundo die Junii, «anno regni nostri x1. » Î date aussi quelquefois de l'Incarnation , et de temps en temps il y ajoute la date du mois. Le Mémoire des coutumes royales, dressé par son ordre, débute ainsi : « L'an de l’Incarnation de «N.S. 1164, du pontificat d'Alexandre le cinquième, « du très-illustre roi d'Angleterre Henri IT le dixième. » Nouveau Traité de Dipl. tom. V, p. 840.)

Henri VI, fils de Frédéric [", élu roi des Romains dans les premiers jours de juin 1169, couronné le 8 du même mois, jour de la Pentecôte, suivant l'Art de vérifier les dates, ou, suivant les Bénédictins, le 15 août, jour de l’Assomption, succède à son père le 10 juin 1190, est couronné empereur le 15 avril1191, roi de Sicile le 23 octobre 1194, et meurt le 28 septembre 1197.— I s'intitule comme roi: « Henricus « divinà favente clementià Romanorum rex augustus, » ou semper augustus ; et comme empereur : « Henricus

«Dei gratià Romanorum imperalor augustus ,» ou « Henricus sextus divinà favente clementià Romanocrum imperator semper augustus. » Il ajoutait aussi à ces litres celui de rex Sicilie. La formule suivante pour l'annonce du sceau et du monogramme se rapproche de celles de ses prédécesseurs : « Hanc inde «chartam scribi jussimus et nostro sigillo aureo com- «munirimanuque proprià corroborantes idoneos testes «subnotari fecimus. » Voici au contraire une formule qui s'éloigne de l'usage ordinaire par l'emploi du mot divalis : «Præsentem divalem paginam inde conscri- «ptam aureo majestatis nostræ sigillojussimus commu- «niri. » H est le premier des empereurs qui ait ajouté aux années de son règne comme roi des Romains et à celles de son empire les années de son règne en Sicile. Ces différentes dates sont employées dans un diplôme de Constance sa femme, où elle s'intitule «Constantia Romanorum imperatrix et regina Sici-

«liæ. » Voici la date de ce diplôme: « Datum Panormi, «anno Dominicæ incarnationis Mexovr, mense Martio, «xumr indictione, regnante domino nostro Henrico sex- «to Romanorum iniperatore et rege Siciliæ potentissi- «mo, anno regni ejus xxvi (il faudrait xxvir), imperi «quinto, regni ver Siciliæ secundo. » I mentionnait aussi dans la souscription son titre de roi de Sicile : «Signum domini Henrici VI Romanorum imperatoris «et regis Siciliæ. Ego Conradus Hildensemensis electus «imperialis aulæ cancellarius recognovi. »

1220, couronné en 1222, se révolte contre son père

R1, fils de Frédéric IT, élu roi des Romains en

en 1234, est dégradé au mois d'août 1235, et meurt en février 1242.—I1 a fait usage des formules /n perpetuum et Anno gratiæ. En voici des exemples : 1° « Hen- «ricus Dei gratià Romanorum rex semper augustus «omnibus hoc scriptum videntibus in perpetuum. No- «verint, etc. Actum apud Aquisgranum, in solemni «nostræ coronationis curià, anno Dominicæ incarnatio- «nis Mccxxr1, mense Maio. » 2° « Datum Frideburgä, «anno gratiæ Macxxx, proximä Dominicä post festum « Paschæ, 1v Kal. Maïïi, indict. 11. » Comme Pâques tomba le 7 avril en 1230, les Bénédictins pensent que le copiste aura mis par erreur proæimé au lieu de tertià. En effet le troisième dimanche après Pâques concorde avec le 28 avril (1v des calendes de mai). On pourrait supposer ici que les mots festum Paschæs'entendentdes fêtes de Päques; et comme il était d'usage de célébrer plusieurs octaves pour les grandes fêtes, le temps pascal pouvait s'étendre jusqu'au deuxième dimanche après Pâques inclusivement. Le dimanche suivant pouvait, dans cette hypothèse, être appelé proxima Dominica post festum Paschæ. Voyez dans la première

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