PARTIE Il — CHAPITRE VII
« Cet empereur changea sur la fin de sa vie la manière «de dater ses diplômes. D'un côté, il paraît certain «qu'il ne vécut pas au delà de 924 , etde l’autre, qu'il «data plusieurs diplômes de la 32° et 33° année de son «règne. » {
Nouv. Traité de Diplom. tom. V, pag. 7h9.)l faut seulement conclure de cette citation qu'il ne datait pas toujours des années de son empire; mais comme l'Art de vérifier les dates cite deux diplômes de ce prince datés, l'un du v des calendes de décembre, l'autre du vu des calendes de janvier, et tous deux de la 27° année de son empire, ce qui revient à l'an de J. C. 928, il ne paraît pas qu'on puisse admettre l'opinion des auteurs du Nouveau Traité de Diplomatique. La plupart de ses actes sont datés des années de l'Incarnalion, et plusieurs, des années de la Nalivité. On trouve des chartes particulières de Provence qui ne font aucune mention de son règne, et qui marquent seulement les années qui se sont écoulées depuis la mort de Boson, ou depuis celle de Charles le Gros.
Louis IV, fils d'Arnoul, succède à son père comme roi de Germanie, le 29 novembre 899. Au commencement de l'année suivante il est reconnu solennelle-
ment, el peu de temps après proclamé roi de Lor
ane à Thionville par des seigneurs mécontents du gouvernement de son frèrenaturel , Zuentibolde, qui périt le 13 août 900, avec les deux liers de son armée Louis IV mourut le 21 novembre g11 ou le 21 janvier 912.— Mabillon cite comme une singularité la double date qui se trouve dans un diplôme accordé
par Zuentibolde à l'abbaye de Saint-Mihiel, lapremière année de son règne. Au-dessus de cette date et dans un espace qui était resté libre, se trouve le monogramme de Louis IV etla date suivante : « Data xvr Kal.
« Sept. anno incarn. Domini pececvrr, ind. x1, anno au- «tem Domini Hludowici vu. Actum Franconofurt. » Cette addition exprime le consentement donné par
Louis IV aux dispositions que renfermait ce diplôme.
Louis IV »'Ourremer, fils de Charles le Simple, est couronné roi de France le 19 juin 936, et meurt le 10 septembre 954. Il employa pour formules : In nomine sanctæ ou summe et individuæ Trinitatis, Ludovicus, superni regis præordinante ou disponente clementi, où bien divin@ propitiante clementié ou misericordiä, auæiliante divin clementià, ou divinä annuente gratià, rex Francorum, où Francorum rex, ou simplement Dei grati rex. Un diplôme de 939 renferme cette formule remarquable : « In nomine sanctæ, «etc. Ludovicus pacificus, augustus et invictus, gratià
« Dei rex.» On trouve aussi l'invocation : « In nomi-
«ne Domini Dei et salvatoris nostri Jesu Christi, Ludo- «vicus divinä ordinante providentià rex. » Les Bénédictins n'ont rencontré qu'un diplôme où il se soit servi du mot sigillum. Sa formule ordinaire est : De annulo nostro sublersigillari duximus, où annuli nostri imagine corroborari jussimus , etc. Voici les formules ordinaires de ses souscriptions : Signum Ludovici regis , ou gloriosi, gloriosissimi regis ; signum domini où domi Ludovici gloriosi, ou serenissimi regis. Ses chanceliers varient leurs formules : « Odilo notarius, ad vicem Hei-
«rici episcopi summique cancellarii, recognovit; Oy- E Li J
« dilo notarius , ad vicem Artaldi archiepiscopi, releg «et subnotavit; Rorigus cancellarius, ad vicem Acardi, «recognovit. » Les Bénédictins n'ont rencontré que qua-
tre de
s diplômes qui fussent datés de J’Incarnation. En voici un exemple : « Actum Pictavis civitate, Nonas
«Januarïi, anno incarnationis Dominicæ peccexzir, in-
«dict. XV, anno autem vi regnante Ludovico glorioso «rege Francorum, in Dei nomine. Amen. » Dans celte date, le commencement de l'année est pris au 1° janvier. Les années de son règne se comptent ordinairement du 19 juin 936, mais quelquefois aussi du 7 octobre 929 , date de la mort de son père, ou de la mort de Raoul (14 ou 15 janvier 936), ou de l’année 937; ou enfin de 938. Ce dernier calcul se trouve dans plusieurs chartes du Mâconnais. Louis IV commençait souvent l'année au 25 mars ou à Pâques.—Sceaux : Buste de profil tourné vers la gauche; couronne radiale ; reste d'inscription... 10vz GRATIA Di (Dei) Rex. »
Louis V Le Farnéanr, fils de Lothaire, associé au royaume de France par son père le 8 juin 978, ou, selon les Bénédictins, en 979; lui succède le 2 mars 986, et meurt le 21 mai 987. — On compte son règne du 8 juin 978 ou du 2 mars 986. La date de 979 est appuyée sur deux diplômes qu’il accorda, l'un à l'abbaye de Saint-Benoîtsur Loire, et l'autre à l'église
d'Orléans. Is sont da
és de l'an de l’Incarnation 979:
du premier et du second jour de son sacre : « Primâ «“dieordinalionis ipsius gl oriosissimiregis; Secundo die «regiæ ordinationis, etc.» Ces deux diplômes sont les seuls que cite dom Bouquet; l'un renferme l'invocation de la sainte Trinité, et l'autre commence ainsi : «In nomine Domini Dei æterni et salvatoris nostri «Jesu Christi, Ludovicus misericordià Dei rex. » Dans le premier il s'intitule : « Ludovicus, divinä propitiante
«clementià, Francorum rex. » Le mot Francorum n’est
pas répété dans la formule Signum, etc. ; il est au con-
traire employé à la fin du diplôme dont la suscriplion ne le renferme pas : « Signum domni Hludovici glorio- «sissimi régis Francorum. » On lit ensuite : « Ego Ar-
« nulfus, ad vicem domni Adalberonis archiepiscopi at-
334 ÉLÉMENTS DE «que archicancellarii, recognovi. » Les deux actes se
terminent par la date.
Louis VI, Tmsaur, Le Gros ou Le BaraïzLeuR, fils de Philippe I", roi de France, associé à la royauté en 1098 ou 1099, succède à son père le 29 juillet 1108, est sacré à Orléans le 3 août suivant, et meurt le 1° août 1137. — Ses diplômes débutent généralement ainsi : «In nomine S. et individuæ Trinitatis, Patris «et Filii et Spiritûs sancti. Amen. Ego Ludovicus Dei «gratià Francorum rex ;» ou bien « In nomine Patris «et Filii et Spiritüs sancti. Amen. Egoigitur Ludovicus «Dei gratià rex Francorum.» Dans un diplôme de S. Martin des Champs l'invocation de la sainte Trinité est suivie d'un préambule qui se termine par cette suscription : « Hâc igitur ratione, spe et devotione, ego «Dei gratiä Francorum rex Ludovicus. » I a aussi employé d’autres invocations telles que : ir Christi nomine, in nomine Domini, in nomine Dei omnipotentis Patris, etc., et in nomine Dei et salvatoris nostri Jesu Christi. L'invocation manque dans quelques-uns de ses diplômes. À la formule Dei gratid il a quelquefois substitué Divind ordinante providentid, Divinä propitiante où Dei dispensante misericordià, où bien Dei miserante providentià. Au lieu de la formule rex Francorum, on rencontre dans quelques diplômes in regem Francorum sublimatus, Francorum imperator augustus. H a aussi pris le titre d’humble roi. Louis le Gros et son fils Philippe, dans un acte donné en commun, ont employé la suscription suivante : « Ludovi- «eus et Philippus filius ejus divinä ordinante provi- «dentià reges Francorum. » Avant la mort de son père, quand il n’était qu'associé à la royauté, il s'intitulait Ludovicus Francorum rex designatus où Ludovicus regius filius , Dei gratié Francorum rex designatus. Mais après la mort de son père, Louis VI a encore pris le titre de fils du roi Philippe dans un acte de 1113 cité par Doublet et Mabillon : «In nomine Patris etFilii et Spi- « ritüs sancti. Amen. Ludovicus Philippiregis filius, Dei «gratià rex Francorum, omnibus archiepiscopis, etc. » Dans un diplôme publié par Mabillon , le monogram-
- me et le sceau sont annoncés après la date et les si-
gnatures des grands officiers : « Quod ut in poste- «rum vigorem haberet, nostri nominis charactere et «sigillo signäri et corroborari præcepimus. » Cette an nonce ést ainsi conçue dans un diplôme concernant la saisie des meubles sur les débiteurs forains : « Quod «ne valeatoblivione deleri, scripto commendari præci- «pimus, et, ne possit à posteris infirmari, sigilli nostri « auctoritate ét noslri nominis caractere subterfirmavi- «us.» Dans un diplôme en faveur de l’abbaye de Saint-Denys il annonce à la fois le seing royal, l'appro-
bation des seigneurs, le sceau et le monogramme : « Ut «igitur hoc decretum à nobis promulgatum pleniorem «oblineat vigorem, nostrà manu subter apposito signo «roboravimus, atque fidelibus nostris præsentibus ro- «borandum tradidimusnostræqueimaginis sigilloinsu- “per assignari jussimus.—Quod ne valeat oblivione de- «leri, scripto commendavimus et, ne possil à posteris «infringi, sigilli auctoritate et nominis nostri caracte- «re subterfirmavimus.» Ces mots noïminis nostri, etc. se trouvent dans un acte de Louis le Gros où iln’ÿ a pas de monogramme. On rencontre encore le monogramme de Louis le Gros, accompagné de la formule : Signum Lugdovici regis. Quelquefois aussi il est placé dans le corps du diplôme et intercalé dans l'annonce : et charactere nostri nominis, etc. On le trouve aussi en têle ou au milieu de la formule : Data per manus Ste. phani cancellarü. Sous ses successeurs, il est placé dans le corps de cette formule ou de celle qui la remplace : Data vacante cancellarid. Quand les diplômes de Louis le Gros n’ont pas de monogramme, on y trouve quelquefois son nom écrit par le chancelier et accompagné d’une croix faite de la main du roi. Voici les formules ordinaires de ses chanceliers : Stephanus cancellarius , ou regi@ majeslatis, dignitatis cancellarius relegendo subsoripsit, ou relegi et subscripsi ; et plus souvent : Data per manus où manum Stephani où domni Stephani cancellarü. Cette dernière formule, empruntée à la chancellerie apostolique, prévalut sous les successeurs de Louis VI. Quoiqu'il ait réduit à quatre les grands officiers dont les noms devaient être inscrits au bas des diplômes, il y a des actes qui renferment les noms de plusieurs autres témoins : souvent au contraire il n'existe aucune de ces signatures apparentes. La présence des grands officiers ést annoncée en général par la formule : Adstantibus , ete. (Voy. Parzippe I") Les années du règne de Louis le Gros sont comptées de 1099 ou de la fin de 1093, dans les actes antérieurs à la mort de Philippe [*; mais depuis celte époque , il ne paraît pas qu'on les ait calculées autrement qu'à partir du 3 août 1108. Depuis 1115, iljoignit souvent aux années de son règne celles du règne de sa femme Alix ou Adélaïde : il data aussi du règne de son fils Philippe, à partir du 14 avril 1129, ét du règne de son second fils Louis, à partir du 25 octobre 1131. L'époque de son sacre est expressément indiquée dans plusieurs diplômes : « Actäm Auré- «dianis, in palatio publicè, anno incarnati Verbi mext, «anno vér consecrationis nostræ 1v.» Voici d'autres formules de dates où le mot consecratio ne se retrouve pas, ét qui pourraient avoir été calculées à partit du 29 juillet 1108, si les auteurs ne s'accordaient pas à dire que cette époque n'a pas été employée dans