PARTIE Il — CHAPITRE VII
ses diplômes : « Actum Parisius, anno incarnali « Verbi mexvir, regni nostriix, Adelaïdis reginæ 11. » 2° «Actum apud S. Germanum de Pratis, in præ- «sentià, etc. Datum autem et confirmatum Remis, in «solemni curiâ Paschæ, in unctione domni Philippi «gloriosissimi regis, anno incarnati Verbi mexxix, «indictione vit, anno regni domni et serenissimi re- «gis Francorum Chludovici xx (il faudrait xx1), Phi- «lppi autem filii ejus primo , in Dei nomine feliciter. « Amen. » 3° « Actum Parisius publicè, anno incarnati « Verbi mexxxi1, regni nostri xxx, regnante Ludo- «vico filio nostro anno 11.» Souvent, dans ces dates, l'assentiment de ses fils est exprimé : Concedente Philippo filio nostro, annuente Ludovico filio nostro où Ludovico juniore filio nostro in regem sublimato anno 711. On trouve quelquefois sous son règne auctum au lieu d'actum. L'usage de l'indiction commence à devenir rare dans les lettres royaux. Il est probable qu'il commençait l'année tantôt au 1° janvier, tantôt à Pâques. — Sceau de Louis le Gros, désigné roi : I est de profil, à cheval, sans selle ni étriers ; la tête couverte d'un bonnet pointu, et un étendard dans la main gauche. Inscription : Sicizzyvm Lopovicr DEstGNATI REGIS. Le sceau dont Louis le Gros s'est servi à dater de son avénement est reproduit sous le n° 1 de la planche C ; il est tantôt plaqué, tantôt suspendu.
Louis VII ze JEUNE, second fils de Louis VI, roi de France, sacré à Reims le 25 octobre 1131 par le pape Innocent IT, succède à son père le 1 août 1137, est couronné duc d'Aquitaine le 8 du même mois, et roi de France le 25 décembre suivant. Il meurtle 18 septembre 1180.—Du vivant de son père, il prit ordinairement pour titre : Regis filius, Dei gratià Francorum reæ designatus. Une de ses chartes commence ainsi : «In nomine, etc. Ego Ludovicus «junior, magni Ludovici filius, Dei gratià rex Fran-
*corum et dux Aquitanorum.» Quoique son divorce ail été prononcé le 18 mars 1152, et qu'au mois de mai suivant, Éléonore eût épousé Henri Plantagenet, Louis VII prit encore dans ses suscriptions le titre de dux Aquitunorum pendant l’année 1153 et pendant une portion de l'année suivante. Cela résulte de deux chartes de 1153, munies d’un sceau dont le revers représente ce prince avec le titre de duc d'Aquitaine. Dans une charte de 1154, non scellée, il prend encore le même titre, qui ne se retrouve plus dans une autre charte datée aussi de 1154 et munie d’un sceau qui n’a qu'une empreinte. En général Louis VII a employé la plupart des formules initiales de son père, sans en excepter celle de Francorum imperator auqustus, qu'on trouve dans un diplôme de 1155. C'est lui
qui a introduit la formule : Vacante cancellarid. Dans un de ses diplômes il s’est servi du mot annulus pour annoncer le sceau; mais il emploie ordinairement la formule suivante : « Ut hæc intacta et illibala in sem- « piternum permaneant, sigilli nostri impressione et caractere corroboravimus.» Dans un diplôme de 1153, le monogramme n'est point
“nominis nostri
annoncé avec le sceau : «Quod ut ratum sit in «posterum et inconcussum, scripto commendari et «sigillo nostro muniri præcepimus. » Quand un des grands officiers n'est pas présent à l'expédition d'un acte, on l'indique par la formule : Dapifero, Buticulario, Camerario ou Constabulario nullo. Cependant on trouve aussi dans les actes de 1153 qui ont été cités plus haut : Sine dapifero tunc erat domus nostra. (Pour les souscriptions, voyez Louis VI.) Dans une de ses dates Louis VII relate le consentement de sa mère (annuente matre nostré reginà) : il s'agissait du domaine de Compiègne qu'elle avait eu en douaire. Un diplôme de 1155 est daté du mercredi des Cendres 9 fé vrier , et l'année y est prise du 1° janvier ; mais il est probable qu'elle a été aussi calculée à partir de Pâques dans plusieurs actes de Louis VII. [1 a aussi daté de la naissance de son fils :
« Actum publicè Pa- «risius, anno Dominicæ incarnationis MCLxvt, regni «nostri x
1, jam nato filio nostro Philippo, astan- «tibus, etc.» L'usage de l'indiction dans les lettres royaux fut entièrement aboli sous Louis le Jeune, qui, selon les Bénédictins, ajouta quelquefois aux années de l'Incarnation l'épacte et les concurrents. Nous n'avons pas rencontré d'exemples de ces dates. Il omettait aussi, la plupart du temps, la date du jour et du mois. Le commencement de son règne se prend 1° du 25 octobre 1131; 2° de l'an 1135, quand son père, malade, lui résigna le gouvernement ; 3° du 1% août 1137 ; 4° de juillet 1133; (on ne peut expliquer cette dernière époque). Il existe un diplôme où Louis VIT a pris le titre de roi de France au lieu de celui de roi des Français. — Sceau : Voy. planche C, n*2 et 3.—Dans le cours de l’année 1154 Louis VII a cessé de faire usage du contre-sceau équestre où il est représenté comme duc d'Aquitaine; et depuis cette époque jusqu'en 1173 inclusivement, les sceaux suspendus à celles de ses chartes qui existent aux Archives du royaume ne portent qu'une empreinte. I en est de même d'un sceau pendant à une charte de 1174; mais une autre charte de la même année porte un sceau dont le revers représente un person-
nage debout, tenant un arc bandé ; les Bénédictins
avaient trouvé la même image au revers d’un sceau
pendant à une charte de 1179. Ge contre-sceau était
sans doute une pierre antique autour de laquelle on
536 ELEMENTS DE avait ajouté l'inscription suivante : Lvpovicvs Rex. Quant à la face principale du sceau de Louis VIT, elle est Loujours restée la même. «Plusieurs savants, di- «sent les Bénédictins, citent des sceaux de ce prince «sur lesquels paraît un écu semé de fleurs de lis, ce «qui ne peut s'entendre que d'une empreinte gravée «sur la même cire au revers du grand sceau.» Les
auteurs du Nouveau Traité de Diplomatique n'avaient
jamais rencontré de sceau ou de contre-sceau qui püt
justifier cette opinion, el tout porte à croire qu'elle a été avancée sans aucun fondement.— Louis VIT est le seul de nos rois qui ait eu un sceau de cire à double empreinte d'égale grandeur; et c’est lui qui le premier a fait usage du contre-scel ou sceau secret. Tous les sceaux de ce prince sont pendants.
Louis VHL Le Low, fils de Philippe Il, roi de France, succède à son père le 14 juillet 1223, est sacré à Reims le 6 ou le 8 août suivant, et meurt le 8 novembre 1226.— Louis VIIL est le premier des Capétiens qui n'ait pas été sacré avant la mort de son père. Étant comte d'Artois il confirma les priviléges de la ville de Saint-Omer par des lettres de 1211 où il s'intitule : Ludovicus domini regis Francorum primogenitus. Ses diplômes importants commencent ordinairement ainsi: «In nomine sancie et individue «Trinitatis. Amen. Ludovicus Dei gratià Francorum «rex. Noyerint universi, etc.» Dans les actes moins solennels il supprime l'invocation. Il prend le titre de Franciæ rex dans une ordonnance de 1223. Celle qu'il rendit au sujet des Juifs annonce les témoins et T'apposition des sceaux : « Quod juraverunt tenendum «illi quorum nomina subscribuntur, Guillelmus, etc. «In cujus rei testimonium et confirmationem, præsen-
«tibus litteris sigillum nostrum fecimus apponi, et
«comites barones et alii prænominati sigilla sua duxe- «runt apponenda.» Les Bénédictins citent cet acte comme le plus ancien diplôme royal auquel les seigneurs aient apposé leurs sceaux. Voici deux autres formules dont l’une ne renferme que l'annonce du sceau royal; Tautre y joint celle du monogramme : 1° «Quod ut perpetuum robur obtineat, presentem « paginam sigilli nostri auctoritate fecimus communi- «ri,» 2°« Utautem hæc omnia stabilitatis robur obti- «neant, presentem paginam sigilli nostri auctorilate «et regii nominis charactere inferius adnotato preci- «pimus communiri. » Les chartes de ce prince sont datées de l'Incarnation et non des annéesde son règne, à l'exception de celle qu'il donna en 1224 pour la réforme des mauvaises coutumes de Bourges, el dont la date est ainsi conçue : « Actum Parisius , anno Do- «minicæ incarnationis MGXXIV, regni vero nostri ann0
«secundo, astantibus in palalio, etc. » Son ordonnance sur les Juifs est datée du jour et du mois : «Factum
« Parisius, anno Dominimecxxr11,mense Novembri, die
«Mercurïi in octabis Omnium Sanctorum. » Le 8 novembre 1223 correspond en effet à un mercredi. Lorsqu'il assiégeait la Rochelle en 1224, il a ajouté dans quelques actes in obsidione Rupellæ. Pour la manière de commencer l’année, voyez Pairippe-ÂAuGus- TE.— Sceau : Voy. planche D, n° 1
Louis IX (Sarnr Louis), fils de Louis VIII, roi de France, succède à son père le 8 novembre 1226, sous la tutelle de la reine Blanche sa mère, est sacré le 29 du même mois, déclaré majeur le 25 avril 1236, et meurt le 25 août 1270. — Ses diplômes commencent ordinairement ainsi : «In nomine sancte «etindividue Trinitatis. Amen. Ludovicus Dei gratiâ
«Francorum rex. Noyerint universi presentes pariter «et futuri quèd, etc.» [ parle presque toujours au
pluriel :
Notum facimus quôd nos, ete. Dans ses lettres d'avril 1250 il prend le titre de rex Franciæ, précédé de l'invocation in nomine Domini, etc. Mais souvent il supprime l'invocation, et quelquefois même le mot Francorum , comme dans l'exemple suivant : Ludovicus Dei gratià rex universis, etc. La formule initiale de ses Établissements est ainsi conçue :« Loeys roix de France «par la grace de Dieu, a tous bons chrestiens habi- «tans el royaume et en la seignorie de France, et a «tous autres qui y sont presens et a venir, salut en «nostre Seingnieur. » La pragmatique sanction porte cette formule initiale : Ludovicus Dei gratià Francorum rex, ad perpetuam rei memoriam. I annonce le sceau et le monogramme dans les mêmes termes que Louis VIIT ; mais la plupart du temps il ne fait mention que du sceau, et cette mention ne se trouve même pas dans tous ses actes. En général elle’ est
ainsi conçue : « In cujus reitestimonium, sigillum nos-
«trum presentibus litteris duximus apponendum. » Son ordonnance contre les hérétiques de Languedoc ne porte ni les signatures des grands officiers, ni la
date de son règne : Actum anno gratie millesimo ducen-
tesimo vicesimo octavo , mense Aprilis. Son ordonnance contre les Juifs ajoute la date du lieu : Actum apud Meledunum anno Domini McCXXX171, mense Decembri. Voici un exemple d'une date plus solennelle et qui par conséquent se rencontre plus rarement : « Datum
«Parisius, anno Dominice incarn. Mec vicesimo sexto,
«mense Februarii, regni nostri anno primo , astanti- «bus in palatio nostro quorum nomina supposita sunt «et signa. Dapifero nullo. Signum Roberti buticu- «larü. Signum Bartholomei camerarii. Signum Ma- «theï constabularii. Data per manum Garini ( mono-