PARTIE II — CHAPITRE VII
conde date, l'année du pontificat est comptée à partir du couronnement , et l'année de l'Incarnation à partir du 1° janvier. L'indiction x1 convient à l'an 1283, et par conséquent, elle est calculée dans la première date
à partir du 1% septembre. Les Bénédictins, après avoir cité ces deux dates, avertissent que les formules extraordinaires qu'elles renferment n'ont été employées que par exception, et que dans la plupart de ses actes, Martin [V a suivi l'usage de ses prédécesseurs. Le véritable nom de ce pape serait Martin II, mais sa bulle de plomb porte pour inscription : Mar-
rinvs PP. UT.
MarriN V (Othon Colonne), élu pape et intronisé e 11 novembre 1417, ordonné prêtre le 20 du même mois , consacré el couronné le lendemain , meurtle 21 février 1431.—11 avait pour devise : Averte mala inimicis meis, el in veritale tu disperde illos. On voit pour a première fois, au bas d’une de ses bulles : Gratis de mandato domini nostri papæ. Avant d'être sacré, au
ieu de
‘intituler seulement évéque élu, il donna une
ulle dont la suscription est ainsi conçue : « Martinus
episcopus, servus servorum D. salutem et
«apostolicam benedictionem. » La bulle de plomb sus-
vendue à cet acte portait, selon l'usage, une seule empreinte ; il était d'ailleurs daté dans la forme des demi-bulles : « Datum Constantiæ Moguntinæ pro- «vinciæ, 11 Idus Novembris, suscepli à nobis aposto-
latûs officii anno 1.» Les Bénédictins représentent deux sceaux de ce pape : l'un (voy. planche U, n° 11)
est dans la forme ordinaire ; l'autre, qui est d’une
plus petite dimension, porte sur la face l'inscription
suivante : MarrINo V, surmontée d'une croix ;le revers
porte également une croix au-dessous de laquelle est
une 4 ctins ne di-
igle aux ailes déployées. Les Béné
sent pas si ce dernier sceau était le sceau secret de
Martin V ; mais cela paraît probable.
Maxmizrex [*, fils de l'empereur Frédéric IV,
élu roi des Romains le 16 février 1486, couronné le
9 avrilsuivant, succède à son père le 19 août 1493, et meurt le 12 janvier 1519.—Maximilien rétablit dans ses diplômes le titre de roi de Germanie, tombé en désuétude depuis si longtemps. Selon les auteurs de
i, à l'exem-
l'Art devérifer les dates, il y introduisit aus ple des empereurs païens, celui de pontifex maximus. En 1508 il enjoignit aux états de l'empire de lui ac-
corder le titre d’empereur élu , qui lui fut confirmé la même année par une bulle de Jules IT. Mais avant cette époque, il avait substitué plus d’une fois le titre d'imperator Romanorum à celui de roi des Romains. Cette
dernière qualification ne fut plus affectée, après son
règne, qu'aux héritiers présomptifs de l'empire , et ses successeurs prirent dès leur avénementle titre d'empereur. Toutefois Charles V s’est contenté de celui d’empereur élu, avant son couronnement impérial. On lit, en tête des diplômes de Maximilien, les suscriptions suivantes : Maæimilianus divinà favente clementid Romanorum reæ semper auqustus , où electus Romanorum imperator semper augustus , où bien Romanorum imperalor augustus ; où enfin, Maæximilianus primus Romanorum imperator. Vient ensuite l'énumération de ses
autres titres :« Rex Germaniæet Hungariæ, Dalmatiæ,
«Croatiæ, etc., archidux Austriæ, dux Burgundiæ,
« Lotharingiæ, Brabantiæ, Süriæ, Carinthiæ, Carniolæ,
« Limburgiæ, Lucemburgiæ et Gheld lantgravius
«Alsatiæ, princeps Sueviæ, palatinus in Hapsburg et
lanoniæ, princeps et comes Burgundiæ, Flandriæ,
Tiroli
Goritiæ, Arthesii, Hollandiæ, Zelandiæ,
«Ferretis, Kiburgi et Dusburgüi, marchio sacri Ro- , 8
mani imperii super Ânasum et Burgoviæ, dominus Frisiæ, Marchiæ, Sclavoniæ, Mechliniæ, Portüset Sali
a fin d’une lettre qu'il écrivit à Philippe I”, roi de
« Naoni
arum. »— Voici le commencement et
Castille : « Maximilianus Dei gratià Romanorum im-
erator et rex Hungariæ illustrissimo prinicipi Phi-
ippo Castiliæ, Legic elGranaiæ regi..……. Datum «anno post natum Christum 1505.» — Il supprima dans les diplômes l'usage du monogramme, et y substitua, en 1486, celui de la souscription, qui s'annonçait ainsi: Maæimilianus manu proprid. La formule Ad mandatum Cæsareæ majestatis proprium Jac.
de Bauni
is, annonçait la souscription d’un secrétaire, faite par son ordre. Ses actes allemands portent souvent des signatures en latin. Il emploie ordinairement pour l'annonce du sceau la formule suivante : Harum teslimonio litlerarum sigilli nostri appensione munitarum ou roboratarum. — La plupart des diplômes de Maximilien, lors même qu'il prend dans la suscription le titre d'empereur, sont datés de son règne comme roi des Romains qu'il comptait à partir du 16 février 1 486; cependant il lui arrive, quoique rarement, de compter
l'année 1486 comme une année complète. Parmi un
grand nombre de diplômes que nous avons consultés , un seul porte la date des années de son empire; et cetie date ne cadre avec l'époque de son avénement qu'en comptant l’année 1493 comme une année complète. Au contraire il joint habituellement aux années
de son règne comme roi des Romains celles de son
règne en Hongrie, qu'il compte de l'an 14 90, époque à laquelle il tenta inutilement d'être élu successeur de Mathias Corvin. Tantôt il semble compter ce règne du 6 avril 1490, date de la mort de Mathias; tantôt il
compte l'année 1490 comme une année complète
mn le 24 avril 858, meurt le 13 novembre 867.—I1 prenait ordi-
Nicozas I*, consacré pape et intronisé
nairement le titre d’episcopus servus servorum Dei; quelquefois il se contentait de celui d'évêque. Une de ses épîtres, publiée par dom Bouquet, commence par son nom seul ; d'autres ne présentent pas de suscription. Voici le début du privilége accordé à l’abbaye de Saint-Calais : «Nicolaus Romanæ sedis episcopus «Galliarum episcopis universis et principibus sempi- «ternam in Domino nostro Jesu Christo salutem. » Plusieurs de ses épitres ne sont pas datées et se terminent par des salutations dont les formules sont trop variées pour qu'on puisse les citer; loutefois ces formules se rapprochent assez souvent des gpressions suivantes : Optamus gloriam , excellentiam où serenitatem vestram in Christo benevalere. Celles de ses épitres qui sont datées marquent l'indiction et le jour du mois selon le calendrier romain ou quelquefois dans la forme suivante : Duta mense Septembrio, die xx. Dans les actes solennels il marque l'année de son pontificat ou celle de l'empereur d'Occident. Voici un exemple de l’une et de l'autre formule : 1° «Scriptum per manus Leonis notarii regionarii et «scriniarii S. R. E. in mense Maio, indictione x. « Datum Kalendis Junii, per manus Tiberïi primicerii «S. sedis apostolicæ, imperante domino Nicolao piissi- «mo papä, anno pontificatüs ejus v, indictione x11. » 2° «Scriptum per manum Sophroni notarii regionarii «et scriniarii sanctae Rom. ecclesiae in mense Aprile, «ind. undecimä. Benevalete. Dat. rx Kal. Maias, per cmanum Tiberii primicerii sanctae sedis apostolicae, «imperante domino nostro püissimo perpeluo augusto «Hudovvico à Deo coronato magno pacifico impe- «ratore anno quarto decimo, et P. C. ejus anno quar- « Lo decimo, indictione undecimä. » Cette seconde date est empruntée à une bulle sur papyrus déposée aux Archives du royaume. Quelques portions de mots ont disparu ; mais il est facile de les suppléer. Nicolas I” est un des papes du 1x° siècle qui ont eu un monogramme. — Voyez le sceau de ce pape, planche U,
MI
Nicocas IL (Gérard), élu pape le 28 décembre 1058, et couronné le 18 janvier 1059, meurt le 21 ou le 22 juillet 1061.— T1 substitue quelquefois et venturis temporibus où Tam præsentibus quäm futuris à la formule Jn perpetuum. Ses diverses devises sont : 1° Magnus Dominus noster et magna virlus ejus;
Nunc
2° Deus noster refugium et virtus; 3° Confirma hoc, Deus, quod operatus es in nobis. Cette dernière devise est disposée autour d'un cercle gravé par les Bénédictins et dont l'aire est partagée, suivant l'usage, en quatre portions égales, au moyen de deux diamètres perpendiculaires qui représentent une croix. Les deux divisions inférieures renferment les mots Perrvs et Pavivs ; les deux autres n’ont pas d’inscription. « Depuis Nicolas II, disent les Bénédic- «ins, la formule des dates particulières aux bulles upriviléges devint presque uniforme. Voici quel en «était l’arrangement : le lieu, le jour du mois, l'année « du Seigneur ou de l’Incarnation, celle du pontificat » cet l'indiction. Nous disons l'année du Seigneur, parce «que c'était l'expression qu'on employait d'ordinaire. «Ce ne fut que sous le successeur de Nicolas qu'on «usa invariablement du terme d’Incarnation dans les «dates.» Dans plusieurs de ses bulles l'année com-
mence au 1” janvier. D'autres, qui sont dattes de Florence, la font ouvrir au 25 mars. C'était se conformer à l'usage des lieux. Voici une date où le commencement de l’année est pris au 25 mars, tandis que l'indiction y est comptée, sinon du 1" septembre, au moins du 1° janvier : « Data Florentiæ vi Idus Janua- «ri, anno ab incarnatione Mix, per manus Homberti «“sanctæ ecclesiæ Silvæ Candidæ episcopi et apostolicæ usedis bibliothecarii, anno primo pontificatüs domini «Nicolaïi papæ secundi, indictione xtr1.» On remarquera d’ailleurs que dans cette date, qui correspond au 8 janvier 1060, l'année du pontificat n’est pas comptée du jour de l'élection, mais de celui du couronnement. Nicolas IT a employé la double formule de date : « Scriptum per manus Octaviani scriniarii «S. R. E. notarii, mense Martio et indictione x11. Be- «nevalete. Datum Spoleti vr Nonas Marti, anno Jesu « Christi MuIx, per manus Humberti, etc. anno 1 pon- «tificatûs domini papæ Nicolaï secundi, indictione «x11. » On voit que dans cette date l'année commence au 1° janvier. Les lettres de Nicolas IL citées dans la
Collection des historiens de France ne portent aucune date.
Nrcozas II (Jean Gaëtan), élu pape le 25 novembre 1277, ordonné prêtre et consacré avant le 25 décembre suivant, se fait couronner le 26, et meurt. le 22 août 1280. — Il avait pour devise : Miserere met, Domine, miserere met. À l'exemple de ses prédécesseurs, il a substitué quelquefois à Salutem et apostoli-