‹ Éléments de paléographieChapitre 317 sur 492 · PARTIE II. — CHAPITRE VIL · texte numérisé non relu

PARTIE II. — CHAPITRE VIL

le Débonnaire avec celles de son règne, qu'il compte des premiers jours de décembre 814. Il emploie, pour l'annonce du monogramme et du sceau, les mêmes formules que son père. Ses diplômes sont ordinairement souscrits dans la forme suivante : « Signum Pip-

pini regis. Saxbodus diaconus, ad vicem Aldrici, re-

cognovi.» Ses diplômes antérieurs à 834 ne sont point datés de l'indiction. Voici deux exemples de ses dates : 1° en 818: « Datum vr Kalendas Julii, anno v

ost decessum domni Karoli sereniss

mi august, et

Hu anno regni nosini, in Castillione castro quod est

super fluvium Dordoniæ, in Dei nomine feliciter Amen. » 2° En 835 : « Datum vis Kalendas Decem-

bris, indictione x111, anno xx1 regnante domino

Iludowico imperatore, xx1 regni nostri. Actum in «Ne

x1v ne convient à l'an 835 qu’en la comptant du 1*

io, in Dei nomine feliciter. Amen. » L'indiction

septembre. — Sceau : Visage tourné vers la droite;

reste d'inscription: Xpe (Christe) conserva Prppivm

REGEM. « Ce sceau, disent les Bénédictins, est de cire »blanche mélée de poils assez raides. »

Pepix I, fils de Pepin I", roi d'Aquitaine , succède à son père en 839, mais ne règne paisiblement qu'en 845, à la suite du traité de Saint-Benoît sur Loire, en vertu duquel une portion de ses états fut attribuée à son compétiteur Charles le Chauve. Depuis cette époque il fut à plusieurs reprises dépossédé et rétabli; en sorte que l’Aquitaine eut pour rois : de 848 à 850, Charles le Chauve; de 850 à 852, Pepin; de 852 à

853, Charles le Chauve; en 854, Louis, fils de Louis roi de Germanie, et Pepin; en 855, Charles, fils de Charles le Chauve, qui fut ensuite deux fois remplacé par Pepin et deux fois rétabli. Enfin, en 865, Pepin fut livré à Charles le Chauve, et peu de temps après il

mourut en prison. À partir de cette époque le fils de

Charles le Chauve règne sans compéliteur et meurt

e 29 septembre 866.— Les diplômes de Pepin II commencent par trois formules différentes : 1° « Pip-

inus, gratià præveniente, ordinante ou opilulante «divinæ majestalis, Aquitanorum rex. » 2° « Pippinus « Dei gratià Aquitanorum rex. » 3° « In nomine Dei et

«salvatoris nostri Jesu Christi, Pippinus divinà ordi-

unante providentià rex Aquilanorum. » Sa signatur

est quelquefois accompagnée de la date :« Signum Pi « pini præcellentissimi regis anno regnante vi, indict. «vu. » Dans son diplôme en faveur de l'église de Saint-

Étienne de Limoges la souscription est ainsi conçue :

«Signum Pippini præcellentissimi regis. Josep sub-

«diaconus, ad vicem Hilduini, recognovi. » La confu-

sion résultant des changements continuels qu'avaient

amenés les querelles de tous les compétiteurs au trône

d'Aquitaine, explique assez pourquoi plusieurs actes sont datés des

années qui s'étaient écoulées depuis la mort de Louis le Débonnaire.

Paupre, antipape, est élu en 768, après la dépo-

sition de l’antipape Constantin.

Propre [°, fils de Henri [*, roi de France, sacré le 23 mai 1059, succède à son père le 4 ou le 29 août 1060 (voy. Henri [°), et règne, 1° sous la tutelle de sa mère jusqu'en 1062, 2° sous celle de Baudouin V, comte de Flandre, jusqu'au 1® septembre 1067. Il meurt le 29 juillet 1108. — L'invocation de la sainte Trinité est la plus ordinaire dans ses diplômes. H y ajoute quelquefois les noms des Trois Personnes « In nomine $. et individuæ Trinitatis, videlicet, Pa- «ris et Fil et Spiritüs sancti. Amen. Ego Philippus «gratià Dei Francorum rex. » Un diplôme de la bibliothèque de Cluny commence par in nomine Patris, etc. On cite aussi cette suscription : « Eterni regis mise- «rante gratià à quo extat omnis polestas, per quem «dignitas viget regia, ego Philippus, Francorum te- «nens gubernacula, cunctis quos Christi gignit virgo «mater æcclesia.» Ses diplômes les plus importants

sont signés de ses principaux ministres ou officiers

et de plusieurs évêques ou seigneurs. Dans celui qu'il donna lors de la dédicace de l’église de Saint-Martin, on voit après sa signature celles de Hugues son frère, de Baudouin , comte de Flandre, d’un archevêque, de de Paris, de six

sept évêques, de deux archidiacr

ou sept dignitaires de différentes églises, d'autant de seigneurs et enfin des grands officiers, savoir : « Ra- «dulphus siniscalcus, Walerannus camerarius, Bal- «dricus constabularius, Engenulfus buticularius , «Adam pincerna, Guido Marescalcus, Drogo pin- «cerna, Engelramus pædagogus regis, Petrus cancel- «larius, Eustachius capellanus, Gaufridus subcapel- « lanus. » Le diplôme ajoute encore une douzaine de noms de seigneurs et d'ecclésiastiques et se termine par les souscriptions de deux légats du S. Siége. Le

précepteur, pædagogus, est appelé dans d’autres di-

plômes cusios ou magister regis. Dans la confirmation

d'une donation faile à l’abbaye de Marmoutier on

trouve aussi parmi les officiers un gouverneur du roi sous le titre d’æquilibrator regis. Du reste tous les diplômes de Philippe ne sont pas attestés par ses grands officiers ; il y en a même où le chancelier n'est pas nommé. Quand ce prince confirmait des actes particuliers, il y apposait une croix, et le notaire ajoutait La formule signum , ele. Ordinairement aussi il faisait apposer le sceau. Îl traçait une ou plusieurs croix

au-dessous de son monogramme , qu'il plaçait après

le mot serenissimi dans la formule : « Signum Philippi «serenissimi ac gloriosissimi regis Francorum.» On rencontre aussi son monogramme dans le corps des actes. C'est ainsi qu'il est placé dans un diplôme de 1101 dont les formules finales et les dates sont assez remarquables pour mériter d'être citées : « Porro ut «regiæ majestatis dispensatio rata, fixa et inconvulsa «infinite permaneret , litteratorio memoriali præcepi- «mus æternari, sigillo et caractere (monogramme) «nostri nominis honestari, testibus corroborari, suique «temporis nolà assignari, Anno incarnati Verbi MG, vepactâ xvur, indictione et concurrentibus vi. Data «Parisius vi KI. Mar, lun xx11, anno regni nostri «xx. » Dans cette date le commencement de l'année est pris à Pâques. En effet ce n’est qu’en comptant l'année du sacre de Philippe [° pour une année complète que l'an 1101 peut correspondre à la 43° année de son règne. L'épacte xvirr ne convient qu'à l'année 1101; il en est demême du 22° jour de la lune, correspondant au 24 février (sixième jour des calendes de mars). Toutefois le chiffre des concurrents est celui de l'année 1100; mais cette erreur peut s'expliquer, parce quel’année 1101 n'était pas considéréecommeouverte. Quant à l'indiction vi, elle ne peut convenir à l’année 1101 qu'en s'écartant du calcul ordinaire. (Voy. les tableaux H et J, pages 94 et 95.) N appelle son monogramme caractère (nostrum character impressimus). I annonce le sceau de la manière suivante : Sigilli nostri impressione insigniri jussimus où bullis nostris sube l'abbaye

de S. Vincent de Senlis annonce à la fois la croix faite

insigniri jussimus. La charte de fondation

de la main du roi, le monogramme et le sceau : «Crucis signum digito meo impressi, ac charactere «nominis mei imprimere jussi, meoque sigillo robo- «ravi.» Il fait aussi mention de la souscription des témoins qui peuvent avoir été appelés : « Ut ergo, etc. «ego Philippus puer, rex Francorum, anno incarna- «tionis Dominicæ millesimo sexagesimo sexto, in- «dict. IT, regni verû mei anno quinto, manu proprià «firmavi, et sigilli regii impressione firmare jussi, «et signatam manibus multorum præsentium regis « Francorum fidelium corroborandam tradi præcepi. «Signum püssimi regis Francorum Philippi. Signum

« Balduini comitis nobilissimi. Signum, etc. » Toutefois la citation qu'on vient de lire s'éloigne des formes ordinaires : en e#aminant l'acte dans son entier, il est facile de reconnaître que c’est une espèce de vidimus en forme de récit dans lequel on rappelle un acte plus ancien dont on cite les dates et les signatures. Ce vidimus lui-même n’est pas daté, ou du moins la date n’en a pas été transcrite dans le char-

tulaire de S. Médard d'où Mabillon l'a tiré. Mais

l'annonce des témoins dans les diplômes solennels de Philippe I® est ordinairement conçue dans la forme suivante : Adstantibus de palatio où in palatio nostro quorum nomina subtitulata sunt et signa. S. Hugonis, etc. Après l'énumération des grands officiers et la souscription du grand chancelier, on lit dans un diplôme de 1106 : «Interfuerunt in testimonio veritatis Bar- «tholomeus de Fulchosio, etc. » Un autre diplôme renferme en outre l'annonce de l'excommunication prononcée par les évêques présents contre ceux qui tenteraient de violer les dispositions de cet acte. — Dans les signatures d’un de ses diplômes on lit : S. Roberti, et au-dessus en interligne, regis fratris ; S. Walteri, et au-dessus, archidiaconi, etc. En effet, c'était l'usage au x1° et au xn' siècle d'écrire en interligne au-dessus des noms des témoins leurs qualités et leurs surnoms. Voici quelques-unes des formules de souscription employées par les chanceliers de Philippe : 1° « Balduinus cancellarius subscripsit. » 2° «Signum Balduini cancellarii qui hanc cartam «scripsit. » 3° « Petrus regiæ dignitatis cancellarius re- «legit et sigillavit. » 4° « Gislebertus regis clericus, ad «vicem Gosfridi cancellarii Parisiorum episcopi, rele- «gendo subscripsi. » 5° « Eustachius notarius, ad vi- «cem Balduini, recognovi. » 6°« + Ursio Silvanectensis «episcopus ac regiæ majestatis cancellarius.» Un de ses diplômes est daté de son empire en France :« Anno «ab incarnatione MLXXVI, anno XVI imperii ejusdem «Philippi in Francià. » I emploie quelquefois dans ses dates des faits historiques : « Actum in obsidione regum « Philippi Francorum regis et Willelmi Anglorum regis «circa Gerboredum, anno incarnati Verbi MLxxVItI. » — Les chartes assignent pour commencement de son règne les époques suivantes : 23 mai 1099, 4 ou 29 août 1060, l'an 1061, l'an 1063 etle 1° septembre 1067. À compter de 1098 ou 1099 on joint aux années de son règne celles de Louis son fils , et quelquefois le règne du fils est seul employé pour la date. — Voyez le sceau de Philippe [°, planche B,

Page 1