PARTIE IL— CHAPITRE VII
France, sacré à Reims le 1° novembre 1179, couronné à Saint-Denys le 29 mai 1 180, succède à son père le 18 septembre suivant, et meurt le 14 juillet 1223. — Ses diplômes commencent par la formule : Philippus Dei gratid Francorum reæ, précédée quelquefois de l'invocation : In nomine S. et individuæ Trinitatis, après laquelle vient le plus souvent le mot amen. Dans son ordonnance sur le patronage des églises, il a pris le titre de rex Franciæ. Après la suscriplion vient le salut : Omnibus, etc. salutem et dilectionem , ou la formule : Noverint universi præsentes pariler el futuri quèd nos, etc. Hy a des ordonnances qui n’ont pas de suscriplion : « Hæc est conslitutio quam « fecit dominus rex; Hoc est stabilimentum quod rex «facit, etc.» Ses lettres sur les priviléges des clercs débutent ainsi : « Majori Senonensi et alüis majoribus «et communiis. Mandantes vobis præcipimus , etc.» Dans ses lettres de 1204, par lesquelles il donne en fief héréditaire à Guillaume des Roches la sénéchaus* sée d'Anjou, de Touraine et du Maine, l'annonce du sceau et du monogramme est ainsi conçue : « Quod «ut perpetuum robur obtineat, præsentem paginam «sigilli nostri auctoritate et regii nominis charactere «inferis notato confirmamus. » Cette formule est celle qu'il emploie le plus ordinairement. Dans la confirmation du partage des biens de Guillaume des Roches entre ses filles, il ajoute : salvo jure et servilio nostro. Ces formules restrictives sont plus explicites dans son ordonnance sur les croisés : « Salvis jure et consuetu- «dinibus sanctæ ecclesiæ, et similiter salvis jure et « consuetudinibus regni Franciæ, et auctoritate sacro- «sanctæ Romanæ ecclesiæ per omnia salvâ.» Ces réserves sont d'ailleurs exprimées au nom du légat et des évêques français plutôt qu'au nom du roi. Il est le premier des Capétiens qui n'ait fait ni sacrer ni désigner roi son fils. Plusieurs de ses diplômes ne renferment ni la date du règne, ni le monogramme, ni les noms des grands officiers. Il omet d'ailleurs presque toujours la date du mois et surtout celle du jour. Depuis l'an 1191, on ne trouve plus parmi les officiers de la couronne le grand sénéchal, dont la charge resta vacante après la mort de Thibaut, comte de Blois et de Chartres. Voici un exemple qui constatera la vacance de cette charge, el qui fera connaître les formules des diplômes solennels de Phäippe-Auguste : « Actum apud Compendium, anno ab in- «carnatione Domini m° c° nonagesimo sexlo, regni «nostri decimo octavo, astantibus in palalio nosiro “quorum nomina supposila sunt el signa. Dapifero «nullo. S. Guidonis buticularii. S. Mathei camerarii. «S. Droconis constabularii. Data vacante cancellarià. » Le monogramme est placé avant ce dernier mol. Ses
lettres pour l'établissement de la commune de Péronne portent deux dates, la première de 1207, la seconde de 1209, époque où il confirma cet acte. Les chartes fixent pour commencement de son règne les trois époques de son sacre, de son couronnement et de la mort de son père. Comme il marquait rarement dans une même date l'année du règne, l'année de J. C. et la date du jour, il est difficile de prouver directement qu'il commençait l’année à Pâques; mais il a dû nécessairement se servir d’un calcul dont on trouve déjà des exemples sous ses prédécesseurs, et qui a été constamment suivi par S. Louis. — Voyez le sceau de Philippe-Auguste, planche C, n° 5. « Les ar- «chives de l'abbaye de S. Ouen de Rouen nous ont « fourni, disent les Bénédictins, un autre sceau de « Philippe-Auguste, dont le contre-scel représente un «épervier étendant ses ailes. Ce sceau en cire verte « pend par des fils de soie verte et rouge non tressés «à une charte ainsi datée : Actum Parisius, anno in-
«carnatt Verbi MC, nonagesimo illo anno quo ter arr «puimus Jerosolimitanum. Gilles- André de la Roque «fait connaître deux autres contre-scels du même « prince. L'un est marqué d’une croix fleurdelisée aux «quatre croisillons, et l’autre porte une croix fleu- «ronnée accompagnée de quatre fleurs de lis. Ces «contre-scels ont tout l'air d'être d'un autre Philippe.
« Quoi qu'il en soit, la diversité des contre-scels d’un «même prince vient de ce qu'ayant plusieurs cachets «ou anneaux, il imprimait tantôt l’un et tantôt l’autre
«au revers de son grand sceau. »
Purippe DE SUABE, cinquième fils de l'empereur Frédéric I", créé marquis de Toscane en 1195 et duc de Suabe en 1197, est élu roi des Romains le 6 mars 1198, et couronné la même année, à Mayence, dans l'octave de Pâques (du 30 mars au 5 avril); élu et couronné de nouveau le 6 janvier 1205, il meurt le 23 juin 1208.—I1 s'intitule: Philippus Dei gratid ou Philippus secundus divinä favente clementid Romanorum reæ et semper augustus. Les Bénédictins pensent qu'il prit le titre de Philippe IT, comme étant un des successeurs de Philippe déclaré empereur par l’armée romaine, le 14 mars 244. Voici comment se termine un de ses diplômes : « Ad cujus rei certam imposterum «notiliam, hanc ducalem paginam exinde conscribi «jussimus, et majestatis nostræ bullà aureà insigniri. « Testes hii sunt Amedeus , etc.» L'énumération des noms et des qualités des témoins se termine par cette formule : et ali complures. On lit ensuite : «Signum « domini Philippi secundi Romanorum regis invictiswsimi. Acta sunt bæc anno Dominicæ incarnationis « millesimo cevn, indict. decimä , regnante domino
«Philippo secundo Romanorum rege glorioso, anno «regni ejus decimo. Datum apud Basileam, Kal. « Junii. » La date de son traité avec Philippe-Auguste se termine ainsi : per manum Conradi, imperialis aulæ protonotarü. 11 semble résulter d'un passage de cet acte, que Philippe de Suabe n'avait pas alors (1198) de sceau : «Quando Deo volente coronati fueri- «mus in imperalorem, has conventiones regi Franciæ «renovabimus et sigillo nostro confirmabimus. Nos «autem in manu Nevelon. venerabilis Suessionensis «episcopi, fiduciavimus quôd omnia prædicta bonâ «fide observabimus. » L'annonce du sceau se trouve au contraire dans un diplôme de 1204 : sigilli nostri
charactere jussimus communiri.
Pauvre Ill Le Harpi ou Cœur-pr-Liow, fils de S. Louis, roi de France, succède à son père le 25 août 1270, est sacré à Reims le 15 ou le 31 août 1271, et meurt le 5 octobre 1285. — L'invocation /n nomine sancte et individue Trinitatis était encore en usage à la tête de ses diplômes les plus solennels, mais on ne la trouve pas dans ses autres actes. Il prend toujours, dans ses actes latins, le titre de rex Francorum, excepté dans le diplôme par lequel il confirme les priviléges des bourgeois de Rouen, et qui commence ainsi : «Philippus Dei gratià Francie rex notum «facimus universis tam præsentibus quàm futuris. » Au contraire, dans les actes en langue vulgaire, il prend plutôt le titre de roi de France : « Philippes par «la grace de Dieu roy de France, a tous ceux qui
«verront ces lettres, salut, etc.» Dans les chartes solennelles, les signatures des grands officiers sont réduites à trois, comme sous Philippe-Auguste. (Voy l'exemple qui a été cité à l’article de ce prince.) Ces chartes renferment la date du règne, qui est ordinairement supprimée dans les autres actes. Voici
quelques dates moins solennelles : 1° « Actum in
«cast
juxta Cartaginem, die Jovis post festum «S. Remigü, anno Domini MGczxx. » 2° « Factum fuit «hoc statutum Parisius, in parlamento Assumptionis « Beate Marie Virginis, anno Domini millesimo du- «centesimo septuagesimo quarto. » 3° « Premissa ordi- «natio facta Parisiis in parlamento Omnium Sancto- «rum, post Nativitatem Domini, anno millesimo du- « centesimo septuagesimo quinto. » Cette dernière date peut être interprétée de deux façons : on peut entendre que le parlement de la Toussaint s'était prolongé jusqu'après la fête de Noël, par conséquent les mots post Nativitatem Domini se rapporteront à premissa ordinatio facta ; ou bien ïl faut les réunir au mot anno et traduire : «l'an de la Nativité de Notre-Seigneur 1275. » C'est probablement à cause de ce double sens que
l'acte auquel appartient cette date est rapporté dans quelques collections au parlement de Noël. Il y aurait un molif qui pourrait faire préférer la première interprétation, c'est que le parlement de la Toussaint ne commençait pas immédiatement le jour de cette fête. (Voy. une des dates citées à l'article de Philippe IV.) I emploie ordinairement, pour l'annonce du monogramme et du sceau, la même formule que Louis VIIL. Souvent il se contente de l'annonce du sceau : /n cujus re testimonium, ad robur et Jirmitatem prædictorum , presentes lilteras fecimus sigilli nostri impressione muniri;
- ou bien : Quod ut Jirmum et stabile perseveret, præ-
sentibus litteris fe
imus apponi sigillum, salvo in aliis Jure nostro et quolibet alieno. La formule saho, etc. est ainsi conçue dans un acte en langue vulgaire sauve autruy droiture. (Voy. Puirpre, fils aîné de Louis VI) — Sceaux : 1° Voyez planche E, n° 1 et
2. 2° En partant pour l’Arragon, Philippe II laissa aux régents un sceau représentant la couronne de France placée au milieu d’une rosace : la rosace est plus ornée et la couronne plus petite que dans le sceau n° /{ de la planche D, mais la disposition est la S:
(sigillum) Pur. (Philippi) Dex GRa. (gracia) REG. (regis)
même. La légende de ce sceau est ainsi conçue :
Franc. (Francorum) AD REGIMEN REGNI DIMISSU (dimissum). Le contre-scel ne porte que trois fleurs de lis. « C'est le premier exemple que nous ayons, disent les « Bénédictins, de trois fleurs de lis seules dans l'écu de « France imprimé au revers du sceau royal. » La Normandie a été gouvernée jusqu'à Charles V comme une souveraineté particulière qui avait une grande chancellerie et un sceau. Dom Pommeraye en a publié un de Philippe le Hardi, qui présente, selon les Bcnédiclins, de grandes différences pour le sceptre et le manteau royal avec le sceau reproduit sous le n° > de la planche E; mais peut-être est-il le même que le sceau précédent, dont les Bénédictins ne paraissent pas avoir eu connaissance. {Voyez aussi l’article de Paire IV.)
Pauapre [V 1e Ber, fils de Philippe IL, roi de France, succède à son père le 5 octobre 1285, est sacré à Reims le 6 janvier 1286, et meurt le 29 novembre 1314. — Il met comme Philippe IT à la tête de ses diplômes les plus solennels l'invocation : «In «nomine sancte et individue Trinitatis, amen.» Vient ensuite la formule : « Philippus Dei gratià Francorum «rex notum facimus universis tam presentibus quàm « futuris quôd nos, etc.» Son ordonnance sur les guerres privées porte pour suscription : Philippus Dei grati& Francie rex. Toutes celles qui sont en français commencent ainsi : Philippe par la grace de Dieu roys