‹ Éléments de paléographieChapitre 344 sur 492 · PARTIE IL. — CHAPITRE IL · texte numérisé non relu

PARTIE IL. — CHAPITRE IL

dans Tr, mais seulement lorsque cette lettre étant placée au commencement des mots, prend la forme du 7 de notre écriture actuelle (voy. le mot tn vers la fin de la 1° ligne). Ce trait se retrouve habituellement dans le q et lui donne un aspect à peu près semblable à celui de notre g cursif. (Voy. le mot quod qui est le troisième de la 1° ligne, et que représentent les lettres q d surmontées d’une abréviation.) Dans le même mot, le d se termine par une boucle supérieure qui le distingue du d de la minuscule gothique. Les lettres Jets, en prolongeant leur partie inférieure aussi bas que les queues des lettres q et p, prennent un aspect tout différent de celui qu’elles conservent dans la minuscule gothique : on verra que ces deux lettres ainsi prolongées se rencontrent dans l'écriture mixte de la période gothique. La cursive gothique emploie aussi à la fin des mots une s dont la forme est dérivée de l'alphabet capital. Ce rapport n’est pas toujours facile à saisir, ‘à cause de la réunion du crochet inférieur de ls avec la panse supérieure, et de la direction nouvelle de la partie de la lettre où s'opère la réunion des deux panses. Mais on reconnaitra qu'il ne faut pas chercher d'autre origine à l's finale de la cursive gothique, si l'on veut suivre pas à pas ses transformations successives. Il sufira pour cela de comparer entre elles les s finales dont nous donnons ci-après l'indication : 1° planche XVI, deuxième fac-simile, dans le premier mot de la 3° ligne (genitoris) ; 2° même planche, troisième fac-simile, dans le quatrième mot de la 2° ligne (querelis); 3° quatrième fuc-simile, dans le septième mot de la 2° ligne {acquisitis); 4° planche XVII, dans le troisième mot du fac-simule n° > (députés); 5° enfin, même planche, dans le troisième mot du fac-simile n° 6 (autres). Il est évident que la première s est de forme capitale, et que les altérations successives qui ont fini par donner à cette lettre un aspect tout à fait différent sont liées entre elles par des analogies tellement frappantes, que l’on ne peut nier la filiation qui rattache la dernière s de la planche XVII à la première de la planche XVI. Cette s est la même qui, dans la minuscule gothique des manuscrits, offre, comme on l'a dit plus haut, l'aspect d’un B capital arrondi au point de rencontre des extrémités de la haste avec les panses.

Après avoir employé les a de la minuscule gothique, qui sont à double panse ou à double montant, la cursive gothique est revenue à l’ancienne forme de Ja cursif. Le mélange de ces différentes figures ne permet donc pas, en général, de s'attacher à cette lettre comme à un signe distinctif de la cursive gothique. Toutefois l'a à double montant subit dans la cursive une modification légère en apparence et qui cependant mérite d'être signalée. En observant la forme de cette lettre dans le quatrième fac-simile de la planche XVI, on remarquera que la traverse se dirige obliquement en partant du pied du

montant gauche, et qu'au lieu de se borner à rejoindre le montant de droite, elle se réunit quelquefois à la lettre suivante. {Voy. par exemple le mot sctant, qui est le cinquième de la 1" ligne.) La traverse de l'a à double montant, transformée ainsi en liaison, devient un caractère propre de la cursive gothique. Au reste, l'aspect de la cursive gothique est assez différent de la minuscule pour que l'on n'insiste pas sur tous les détails qui peuvent servir à distinguer ces deux écritures. Bornons-nous, en terminant, à signaler un fait dont le quatrième fac-simile de la planche XVI fournit plusieurs exemples, c'est que dans la eursive gothique les abréviations se rattachent souvent à une des lettres du mot qu’elles doivent compléter, tandis que dans la minuscule les signes abréviatifs sont isolés et indépendants. Aïnsi dans la 1" ligne du fac-simile n° 4 de là planche XVI, les mots omnes, quia, omnibus, inter et nostro sont complétés par des abréviations liées à l’une des lettres de ces mots. Il en résulte que ces abréviations sont indiquées par des traits plus étendus, et dont la forme est plus variable. Les abréviations de la cursive gothique finiront même, comme on le verra plus tard, par devenir tellement arbitraires que leur figure n'aura plus aucune espèce de rapport avec leur signification.

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