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IV. DE L'ÉCRITURE MIXTE GOTHIQUE

On rencontre pendant la période gothique, soit dans les chartes, soit dans les manuscrits, une écriture aussi distincte et aussi régulière que la minuscule, mais qui, en même temps, emprunte à l'alphabet cursif un certain nombre de caractères: cette écriture, qui ne doit être confondue ni avec la minuscule, ni avec la cursive, sera désignée sous le nom d'écriture mixte. Le dernier fac-simile de la planche IX, le cinquième et le huitième de la planche X, enfin le troisième et le huitième de la planche XVIT, appartiennent à l'écriture mixte.

Parmi ces différents modèles, le dernier fac-simile de la planche XVIT est le seul qui présente des a à double panse; on ne trouve dans les autres que des a italiques, c'est-à-dire appartenant essentiellement à la cursive. Si les queues des s et des f sont moins prolongées dans ce même fac-simile que dans les autres, elles le sont cependant assez pour altérer la forme que ces lettres conservent dans la minuscule. On peut remarquer d'ailleurs que Îes hastes des b, des k et des / sont bouclées dans ce Jac-simile comme dans la cursive, et que la tête du d se termine également par une boucle.

Quoique le cinquième fac-simile de la planche X ne présente pas toujours ces boucles, on peut voir qu'elles sont souvent caractérisées d'une manière

PARTIE II.— CHAPITRE Il. 107 sensible, et que d'ailleurs ce Jac-simile se rattache à la cursive non-seulement par les queues des s et des f, mais encore par l'a italique. Enfin la tête du d, en se repliant sur elle-même pour former une espèce de triangle, s'éloigne essentiellement de la minuscule des manuscrits.

Dans les trois autres modèles, c’est-à-dire dans le dernier Jfac-simile de la planche IX, dans le huitième de la planche X, ct dans le troisième de la planche XVII, on trouve à la fois l’a italique, les f et les s à queue, les b, les k et les ! à boucle. Enfin le d bouclé ou replié sur lui-même dans sa partie supérieure est employé dans deux de ces modèles; et quoique cette lettre paraisse habituellement sous une autre forme dans le huitième Jac-simile de la planche X, cependant on en trouve encore un exemple à la cinquième ligne dans le d initial du mot de.

En résumé, l'écriture mixte de la période gothique tient de la cursive par la forme des lettres &, b, d, f, k, lets, et de la minuscule par la régularité des caractères et l'absence des liaisons. On aurait pu sans doute la rattacher à l'un ou à l'autre genre, et lui donner par exemple le nom de cursive distincte, de même qu'on a trouvé dans les chartes de la première période une écriture qui, à la rigueur, constituerait un genre particulier, et quon n'a cependant considérée que comme une espèce de minuscule. Mais si la minuscule des diplômes diflère de celle des manuscrits par le développement des hastes et des traits excédants, elle s'y rattache essentiellement et par la forme des lettres et par l'absence des liaisons, tandis que l'écriture mixte de la période gothique tient à la minuscule et à la cursive par des rapports également essentiels.

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