‹ Éléments de paléographieChapitre 427 sur 492 · DE LA MAJUSGULE GOTHIQUE-+DES MANUSCRITS ET DES DIPLÔMES · texte numérisé non relu

DE LA MAJUSGULE GOTHIQUE-+DES MANUSCRITS ET DES DIPLÔMES

«Si le caractère capital gothique, disent les Bénédictins, est très-fréquent «dans les inscriptions lapidaires et métalliques, il est si rare dans les manus- «crits des xrrr°, xv° et xv° siècles, qu'il ne nous a pas été possible d'en décou- «vrir un grand nombre de modèles. Les titres de presque tous les manuscrits «en gothique moderne de Saint-Germain des Prés et des Blancs-Manteaux, «que nous avons feuilletés, n'offrent que des écritures minuscules, plus «grandes à la vérité, mais de même forme que celles du texte en minuscule. «On dirait que, à l'exception des lettres initiales, l'écriture capitale aurait été «bannie des manuscrits depuis le commencement du xrn° siècle jusqu'au der- «nier renouvellement des lettres. » Les modèles reproduits par les Bénédictins sontextraits de deux manuscrits, mais ils n'appartiennent pas au corps du texte. Le premier servait d'inscription à une peinture placée au frontispice d’un manuscrit de Sainte -Radegonde de Poitiers ; les deux autres accompagnaient des miniatures ornant des Heures sur vélin de la bibliothèque des Blancs-Manteaux. L’alphabet reproduit dans le fac-simile n° 3 de la planche X suffit pour donner une idée générale de la majuscule gothique. Si l'on avait voulu recueillir çà et là quelques titres de manuscrits, la première ligne de quelques diplômes, ou composer des alphabets de lettres initiales, il aurait fallu consacrer à cette recherche un temps fort considérable, et c'eût été d'ailleurs s'écarter du plan d'un ouvrage où les faits exceptionnels doivent être négligés !.

1 Voyez d'ailleurs dans le chapitre IT de cette ou qui indiquent le livre de la Bible auquel ce troisième partie les courtes observations qui ont sujet a été emprunté. Quoique la majuscule go-

été présentées sur la maj uscule gothique des manuscrits. Les personnes qui désireraient étudier cette écriture pourront en rencontrer quelques Modèles dans les peintures des vitraux : en général on ÿ trouve des inscriptions qui servent d'explication aux sujets représentés par le peintre

thique n'ait pas été exclusivement employée dans cessortes d'inscriptions, elle yest beaucoup moins rare que dans les titres des manuscrits ou dans la portion des diplômes qui était autrefois en écriture allongée: ces lettres peintes ont une autre forme que les lettres gravées ou sculptées.

$ IL. DE LA MAJUSGULE GOTHIQUE DES SGEAUx.

1° Déchiffrement.

Le sceau de la commune de Senlis (PI. P, n° 14) ne présente, sauf l’altération de l'empreinte, qu'une seule lettre qui puisse embarrasser, c'est ln de la première syllabe du mot conmunte : elle ressemble, par le prolongement de la partie inférieure du premier jambage, à un p dont la panse serait ouverte par le bas. La forme de cette lettre n’est donc pas moins irrégulière que l'orthographe du mot. Il serait possible, sans doute, qu'au lieu d’une n il y eût une m onciale dont le premier jambage aurait été effacé; mais comme le sceau original ne renferme aucune trace de brisure, nous pensons qu'il faut maintenir dans cette légende ln de la première syllabe.

On retrouve dans le sceau de Philippe-Auguste (PI. C, n° 5) les abréviations ordinaires des mots Dei et gratia. Le D se rapproche de la forme de TO, et FR de la première syllabe du mot Francorum ne diffère pas beaucoup du B. Cette confusion dans la forme des lettres deviendrait une difficulté, si la légende était moins distincte.

La fin du mot sigillum et le commencement du mot suivant sont effacés dans le sceau n° 7 de la planche O; la légende est d’ailleurs assez distincte. L'm finale du mot mercatorum est remplacée par le signe abréviatif qui tranche le second montant de la lettre V.

Le sceau de la commune d'Hesdin (PI. Q, n° 5) renferme l’abréviation ordinaire du mot sigillum ; le C du mot scabinorum est fermé; la panse supérieure du B est à peine indiquée, et cette lettre présente l'aspect d’un D capital d’une forme irrégulière. L’k du mot Hesdinü est onciale, ainsi que led, dont la tête est tranchée carrément au lieu de seffiler en pointe.

Dans le sceau de Guillaume de Garlande (PL O, n° 5), le du mot Villermi est le seul qui soit assez nettement marqué pour qu'on reconnaisse qu'il est fermé par une ligne droite. Le mot sigillum est abrégé, mais limperfection de l'empreinte ne permet pas de reconnaître la forme de cette abréviation.

La première partie de la légende du sceau de Gilon de Versailles (IPS? n° 5) est fort confuse; on reconnait cependant que l’M est de forme capitale, et que les e sont fermés par devant.

Le sceau de Jean, comte de Bourgogne (PI. M, n° 1), commence par l'abréviation ordinaire du mot sigillum. Le trait qui tranche la haste de Th du mot Johannis tient lieu des lettres supprimées. La première syllabe du mot Burqundie et le du mot et sont effacés. Le mot Domini est régulière-

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