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dans la forme des lettres était important à signaler; mais en même temps nous
devons avertir qu'il existait encore une écriture allongée dont toutes les lettres étaient de forme cursive; ainsi le diplôme auquel est emprunté le fac-simile n° 1 de la planche XIII commence par une ligne dont l'écriture est, sauf la dimension, entièrement conforme à celle du corps de l'acte. Sous Robert, l'A ! capital sans traverse est souvent substitué à l'a minuscule. Les lettres D, E, M paraissent souvent sous la forme onciale. Dans les diplômes de Henri I" les mêmes formes de iettres se combinent souvent avec des traits accessoires, des boucles multipliées, des lignes tremblées, et en général avec tout ce qui caractérise la minuscule diplomatique du x° siècle. On trouve des N à double traverse, des abréviations de forme très-compliquée, et des f dont la tête dépasse de beaucoup le haut de la ligne. Sous Philippe [* ces traits excédants disparaissent, et toutes les lettres sont contenues dans les limites de la ligne. Pendant le règne de Louis VI, l'écriture allongée ne sert plus en général que pour l'invocation. Il y a quelques-uns de ses diplômes dont l'écriture allongée se compose de lettres capitales d’une forme irrégulière sans doute, mais librement développées; il y en a d'autres au contraire où cette écriture est plus maigre, plus étroite, plus élancée que jamais. Sous Louis VII le contraste devient encore plus frappant, parce qu'on rencontre tantôt une majuscule gothique ? massive et arrondie, tantôt des lettres qui ont souvent plus d'un pouce de hauteur, et dont les panses et les jambages sont à peine séparés par une demi-ligne. À compter du xur° siècle, l'usage de commencer les actes par une ligne d'écriture allongée tomba de plus en plus en désuétude, mais il ne fut jamais complétement aboli. Dans les siècles suivants on se contentait presque toujours de prolonger les hastes montantes de la première ligne.
1 Dans le diplôme de Hugues Capet, cette forme de lettre avait déjà été employée dans la diphthongue Æ.
2? Nous avons déjà eu occasion d’avertir que la majuscule gothique ne s'employait guère que dans les légendes des sceaux, et que cette écriture était remplacée dans les manuscrits par une minuscule un peu plus élevée; mais nous n'avons pas prétendu que cette règle fût sans exception. L'invocation de quelques diplômes de saint Louis est
aussien majuscule gothique; l’un des exemplaires de l'ordonnance de Charles V, sur la majorité des roisdeFrance, commence également par des lettres majuscules. On pourrait citer quelques faits analogues, et les diplômes en fourniraient sans doute plus que les manuscrits, parce que les copistes s'attachaient beaucoup plus que les notaires à ménager le parchemin. Cependant la formule finale
ivaitquelquefois
d’un manuscrit, eæplicil,etc., sé en majuscule gothique.