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PARTIE III. — CHAPITRE IV

Le commencement et la fin de la légende sont détruits dans le sceau de Geoffroy, abbé de Saint-Magloire (PI. P, n° 1); plusieurs parties de l'empreinte sont d'ailleurs confuses. La légende devait commencer par une $ tranchée; le mot abbatis est suivi de l’abréviation ordinaire du mot sancti ; quant au der- | nier mot, dont on ne distingue que les trois premières syllabes, il ne pouvait être écrit en toutes lettres; il est probable que la syllabe en était exprimée. |

Le sceau de Guillaume de Fienles (PI. Q, n° 3) commence par les abréviations ordinaires des mots sigillum et domini. Le trait qui surmonte li de ce dernier mot est probablement un signe abréviatif; en effet, rien n’est plus or- | dinaire que de voir des lettres dont la hauteur est diminuce pour faire place à |

Vabréviation qui s'y rattache, Le trait qui tranche la haste de la seconde L du mot Willelmi tient lieu des trois lettres suivantes. La difficulté de la légende du sceau n° 4 de la planche D tient plutôt à la | confusion de l'empreinte qu'à la forme des caractères; nous nous contenterons de faire remarquer la conjonction de l'O et de l'R du mot Francorum. 1.1 Dans le sceau de la Faculté de Médecine (PI. O, n° 10), l'A et l'R du mot Parisiensis sont conjoints, et surmontés d’une abréviation qui indique la sup- | pression de la fin du mot. | Le sceau de Jean, abbé de Saint-Sauve de Montreuil (PI. Q, n° 1), com- 1 mence par les abréviations ordinaires des mots sigillum, Johannis et abbatis; les | ; deux premières sont indiquées par les traits qui tranchent l'S et la haste de Vh; mais il n'y a pas de signe qui annonce la suppression des lettres at dans I 5

à le mot abbatis ; il en est de même pour le mot beati, où les lettres eat sont aussi ! i supprimées. Il yaau contraire un trait! qui se rattache à la barre du T, et he qui indique la suppression des lettres ert dans le mot Mousteriolo. Il en résulte l 4 que dans les sceaux les lettres supprimées ne sont pas toujours remplacées par 1} { des signes abréviatifs comme dans les manuscrits. Souvent, d’ailleurs, lorsque f

ces signes abréviatifs sont marqués, il est très-difficile de les distinguer pour | 4 peu que l'empreinte soit imparfaite : c'est une observation qu'il ne faut pas n | perdre de vue, si l'on ne veut pas tomber dans de fréquentes erreurs lorsque | è l'on s'occupera du déchiffrement des originaux. | 4

! Ce trait existe, mais il n’est que faiblement indiqué.

Les légendes des deux premiers sceaux de la planche S, et celles de leurs contre-sceaux, ne présentent aucune différence : le signe abréviatif qui se rattache au mot dominus est mieux marqué sur le contre-sceau n° 1; l'4 et l'y du mot Hybernie sont séparés par les deux pieds de derrière du cheval; on voit aussi que cette dernière lettre diffère très-peu d'un V.

Le sceau d'Othon, comte palatin de Bourgogne (PI. M, n° 2), renferme des M de forme capitale dont la traverse est à peine indiquée à cause du rapprochement des deux jambages; les t, dont la barre est étroite et dont la haste s'arrondit par le bas, présentent souvent l'aspect d'un c; le z tranché qui exprime la conjonction et après le mot Burgundie se distingue difficilement. Sur le contre-sceau les premières lettres du mot Othonis sont aussi peu distinctes; il en est de même de la plus grande partie du mot Burgundie.

Le sceau secret du même seigneur (PI. M, n° 3) commence par une S tranchée qui sert à exprimer le mot sigillum ; les portions de la légende qui ne sont pas détruites peuvent se lire sans difficulté.

On retrouve la même abréviation du mot sigillum dans le sceau de Jeanne de Navarre (PI. E, n° 5); les trois abréviations suivantes n'ont rien de difficile. L'O et L'R du mot Francorum sont conjoints, et le trait qui tranche la queue de TR indique la suppression des deux dernières lettres. Vient ensuite la conjonction et, exprimée par un signe semblable à un z dont la traverse unirait l'extrémité gauche de la barre supérieure à l'extrémité droite de l’autre barre : le même signe se retrouve entre les mots Campanie et Brie, qui sont abrégés, ainsi que les deux derniers mots de la légende.

Malgré la confusion de l'empreinte du sceau de Mathilde d'Artois (PI. M, n° 4) , on reconnait après, le mot comitisse un signe en forme de z qui sert à exprimer la conjonction et.

Il faut remarquer dans le sceau d'Enguerrand de Créqui (PL. Q, n° >) la forme de ln : le milieu du second jambage se replie de manière à présenter l'aspect d’une R capitale; ces deux lettres diffèrent très-peu sur cette légende, dont l'empreinte est souvent confuse.

La forme des n est la même dans le sceau de Guillaume de Béronne (PI. P, Do) E malgré la confusion de l'empreinte, on distingue un trait qui se rattache à la haste de la seconde L du mot Guillelmi, et qui tient lieu des

lettres elm. ;

1 Plusieurs lettres de cette légende ont été re- Les e de la légende originale sont tous de forme touchées; mais en voulant les rendre plus distinctes, le graveur a complétement altéré la forme des e, qui ne devraient pas avoir la forme capitale. même planche.

gothique et fermés dans leur partie antérieure comme ceux qui se trouvent sur le sceau n°7 de la

A + D TS 2 D CL D a ms aus dé ne - mr 2e —

Le sceau n° 5 de la planche G renferme un X dont les traverses se rencontrent perpendiculairement comme les deux branches d'une croix; la suppression des lettres ann, dans le mot Johanne, est indiquée par un trait qui se rattache à la panse de l'A, et qui donne à cette lettre l'aspect d'un 4. : | Il y a peu de légendes qui soient aussi difficiles à déchiffrer que celles du sceau et du contre-sceau reproduits sous le n° 4 de la planche S. Nous présumons que les deux dernières lettres du mot primogenitus sont remplacées par le signe 9, dont l'extrémité inférieure semble se rattacher à la barre du T. Le second À du mot Aquitante est conjoint avec une r minuscule; après le mot Pontivi se trouve la conjonction et exprimée par un Z. La légende du contre- | sceau commence par une S tranchée; on y trouve aussi le signe Z pour et ; 1h mais le second À du mot Aquitanie n’est pas conjoint, et il est suivi de deux {1 Ï n au lieu d’une.

Il n’y a que la légende inscrite sur la banderole qui puisse présenter | quelque difficulté dans le sceau de Saint-Paul de Metz (PI. Q, n° 7). Le mot magnus se trouve sur la portion de la banderole qui tombe verticalement : 1 quoique TM soit en partie effacée, on reconnaît qu'elle est formée à peu près comme celle du mot sigillum ; on distingue une faible trace du bas des montants de l'A ; vient ensuite un G semblable à celui du mot sigtllum, puis une n minuscule, à laquelle se rattache le signe 9, qui remplace les lettres us. Le mot sanctus est exprimé par les lettres scs : le mot Paulus, quoique un peu effacé, se lit sans difhculté. pl!

Le sceau n° 9 de la planche Q commence par une S tranchée; les deux 1l

A du mot Ademart sont conjoints, l'un avec le D, l'autre avec l'R. | La légende du sceau n° 13 de la planche P est en caractères fins et peu dis-

üncts, mais qui ne s'éloignent pas des formes ordinaires de la majuscule go- ni 22 thique. Les saillies de la rosace partagent cette légende en huit parties, dont l voici la division : ++ le— .se— el. —. Ie — han — . de — Sam —pt. il

Il nous resterait encore à examiner un assez grand nombre de sceaux dont il 3

les légendes sont en majuscule gothique; mais ceux dont il a été question jus- l. à

qu'à présent renferment des exemples qui doivent suffire pour faire connaître (l Ë

les formes de cette écriture, et celles des abréviations ou des conjonctions de | 1

lettres qui s'y rencontrent le plus ordinairement. Le mode de transcription {l :]

que nous avons adopté pour les légendes des sceaux permettra d’ailleurs de Î :

distinguer les lettres exprimées de celles qui doivent être suppléées par le lec- l2

teur. Il serait donc inutile de pousser plus loin cet examen, d'autant plus que | 4

les légendes dont il n'a pas été question sont trop faciles où trop confuses L |

pour donner lieu à des observations véritablement utiles. Toutefois, comme ces HE. 8 4

hi |

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modèles doivent être examinés avec autant de soin que les autres, nous donnons ici la liste! complète des sceaux qui se rattachent à l'étude de la majuscule gothique.

PL P, n° 14 PIAOP ENST PINO Mn PINP nr

PIMG;, n°5 220 nca PAS niet a PIAO "n°8; PRO PL P, n° 6 PL. M, n°“ 2 et 3. PNR EEE PL Q, n° 5 BD PIRDPRAS PIRE EnRSe

PIMO, En°25 PAPE ET PLU; n° 7 PIS; n°

PUVP/ np PIN PE NetES PL Q, n°* 7 et 9.

PAM nec É PAU TRS DEN PAG MAR 2 ete PRO n06 PRO PINPER TO PIMP/ nn

PI M. n°5 PIMD nr PIMUEENUS Pl G;Mm'M3ler DIE: ne PIE; niet 2 PS0 PE net PI P, n°3 et 2 PAU EC PIEMPSn Te PIAUPEREO BED nier et PAM PISOP Oo PIN Enr

Pl.4L, "n° 3 PIE, n°28: PI. U, n° 9 PLU, n° 11

Pl M, n°6 PO TO PI. Q, n° > PP

2° Age.

S'il est facile de distinguer la majuscule gothique de la capitale romaine lorsque ces deux écritures réunissent tous les caractères qui leur sont propres, on est souvent embarrassé quand il s'agit d'appliquer cette distinction aux monuments de la fin du x siècle ou du commencement du siècle suivant. Il arrive presque toujours alors qu'une portion des lettres s'éloigne des formes anciennes et que d'autres les conservent encore dans toute leur pureté. Tant que dure ce mélange de l'alphabet romain et de l'alphabet gothique, quel nom doit-on donner à l'écriture? Faut-il considérer comme lettres gothiques toutes celles qui s'écartent de la pureté des formes romaines ? Les auteurs n'ont pas tous donné la même solution à cette difficulté : de là des contradictions apparentes sur l'âge de la majuscule gothique, qui remonterait selon les uns aux premières années du xr° siècle, et qui selon d'autres n'aurait commencé qu’à la fin du treizième. Nous nous sommes conformés à l'opinion des Bénédictins, qui prennent pour point de départ le commencement du xm° siècle : il est inutile d'avertir que cette époque admet une certaine latitude, et que si le x1r siècle fournit quelques exemples de majuscule gothique, la capitale romaine n’est pas complétement exclue des monuments qui appartiennent au siècle suivant. Si l’on voulait tenir compte de toutes les exceptions, il faudrait même po-

1 On a suivi dans cette liste l’ordre chronologique, en fixant d'une manière approximative le rang des sceaux qui n’ont pas date certaine.

PE 2 CA Gr ” mme —

PARTIE IIL — CHAPITRE IV. 595 ser en principe que les formes romaines n'ont jamais été complétement abolies. Les Bénédictins citent des sceaux du xrv° siècle sur lesquels ce caractère s'était conservé, et le xv° siècle en fournirait des exemples plus nombreux encore. Mais quand on examine les faits dans leur ensemble, il devient évident que la majuscule gothique d'abord, puis la minuscule, ont été employées dans la plupart des inscriptions depuis la fin du xn siècle jusqu'au commencement du xvi‘. Voici, en effet, le jugement porté par les Bénédictins : « Depuis le com- «mencement du xur° siècle, le gothique établit son empire dans tous les états «d'Europe où l'écriture latine était reçue. Durant son cours et celui du sui- «vant, ses progrès furent grands et rapides. Mais, tandis qu'aux xv° et xvi’, «d'une part, il s’abolissait et perdait tous les jours de son crédit, de l'autre, il «était accueilli favorablement et porté aux derniers excès. »

Quoique toutes les lettres de la majuscule gothique diffèrent de celles de la capitale romaine, ces différences ne sont pas toujours également caractérisüques. Pour établir des distinctions plus nettes et plus faciles, nous avons pensé qu'il fallait se borner à les faire reposer sur la formedesletires CG, E, H, M, N,Tet V, c'est-à-dire sur les caractères qui dans la majuscule gothique prennent un aspect tout à fait différent de celui qu'ils auraient dans la capitale romaine. En se reportant à l'alphabet de la planche X ( 3° fac-simile) , on reconnaîtra de suite que ces lettres sont toujours faciles à distinguer. Les ouvertures du c et de l'e sont fermées par un trait accessoire; un trait de même nature unit le bas des jambagesde M; lhetTn prennent la forme minuscule; la haste du T s'arrondit vers la droite, et le v prend la forme de lu minuscule ?. En s’attachant plus particulièrement à ces différences fondamentales, il ne faut pas sans doute négliger celles qui se rencontrent dans les autres lettres; mais les signes que l'on vient d'indiquer suffisent pour caractériser la majuscule gothique. C'est d'après ce principe qu'ont été classés les sceaux que nous avons indiqués ci-dessus et comme il arrive très-souvent que les formes romaines concourent avec celles de la majuscule gothique, il était indispensable de ne pas tenir compte de ces exceptions, et de considérer comme étrangères à la première

! LM gothique des sceaux est presque toujours ouverte par le bas, et ses jambages extrèmes, au lieu de se recourber vers celui du milieu, s'arrondissent dans le sens opposé, et se terminent par des frisures. (Voyez TM du mot Francorum, dans le sceau n° 2 de la planche D.)

? I est indispensable d'établir ici une distinction pour ces deux dernières lettres. En effet, les T dont la haste ne s'arrondit pas n'ont jamais cessé

d'être en usage, et par conséquent il faut les considérer comme appartenant aussi à la majuscule gothique; il en est de même de ia lettre V. La courbure de la haste du T et le changement du Ven u n’en sont pas moins des caractères propres à cette écriture;mais elle employait aussi ces deux lettres sous la forme ancienne, où du moins elle n’altérait pas cette forme d'une manière aussi sen-

sible.

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MK TR en a

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période les légendes renfermant une des huit lettres qui viennent d'être indiquées.

Quoique le mélange des lettres romaines et des lettres gothiques n'ait Jamais cessé d’une manière absolue, cependant la plupart des sceaux dans les-

quels les formes romaines se sont conservées pour une des lettres C, E, H, M, N, peuvent être considérés comme antérieurs au xiv° siècle !, et réciproquement les sceaux dans lesquels ce mélange n'existe pas sont en général postérieurs à la fin du xur° siècle. A l'aide de cette remarque, on peut établir un premier classement dans les sceaux en majuscule gothique; mais pour en fixer l’âge avec plus de certitude il faut tenir compte de certains détails qui, sans altérer la forme générale de la lettre, donnent cependant un autre caractère à l'ensemble de l'écriture. Ainsi, l'épaisseur des traits de la majuscule gothique a continuellement augmenté jusqu'au commencement du xiv° siècle, et pendant la seconde moitié du siècle précédent les lettres sont souvent accompagnées d'ornements accessoires. Peu à peu la majuscule gothique, de courte et ramassée qu'elle était, devint haute et allongée pendant le cours du xiv° siècle. Sous cette nouvelle forme elle perdit ses ornements accessoires, et au xv° siècle elle fut presque toujours remplacée par la minuscule, ou s'en rapprocha autant que possible, en resserrant de plus en plus la forme de ses lettres. Il faut surtout s'attacher à observer les phases diverses de ce changement dans les proportions de la majuscule gothique. En effet, on peut s'expliquer qu'un graveur ait réuni dans une légende quelques formes de lettres qui n'étaient plus en usage ou qui n'étaient pas encore universellement adoptées : ainsi, dans le premier sceau de Louis IX, il n’y a guère que le C du mot Ludovicus qui ne soit pas tout à fait gothique; et comme celui du mot Francorum est complétement fermé, il aurait pu se faire que l'autre le fût également. Ce sceau démentirait donc le principe qui vient d'être indiqué sur l'âge probable des légendes où les formes capitales ne sont plus mélangées aux formes gothiques. Mais si un graveur peut substituer une lettre gothique à une lettre capitale, et réciproquement, il ne lui est pas aussi facile de s'affranchir de toutes les habitudes qui caractérisent l'écriture contemporaine, de substituer

1 Cette règle générale admet des exceptions; nous citerons, par exemple, le sceau n° 10 de la planche Q, dans lequel on trouve deux M capitales, et qui cependant est du commencement du xiv° siècle. Il ne sera pas inutile de faire observer, à cette occasion, que le sceau dont il s’agitestcelui d'un seigneur de Lorraine, et que ce pays est un de ceux dans lesquels les Bénédictins avertissent

que les formes romaines se sont conservées le plus longtemps. (Voyez Nouv. Tr. de Dipl. tome I, p. 663, n° 1.) Cependant on rencontre dans d’autres pays un petit nombre d'exemples analogues, mais presque tous sont fournis par des monuments qui appartiennent aux premières années

du x1v° siècle.

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