‹ Éléments de paléographieChapitre 440 sur 492 · NEO ETES · texte numérisé non relu

NEO ETES

ET

CRE PPANTE NT

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dans le bas des lettres ; on voit se fermer les w et les n de telle sorte qu'il devient à peu près impossible de distinguer ces deux lettres. Au xv‘siècle, des traits accessoires dénaturent l'aspect de Fr et du t; peut-être même voit-on pour la premicre fois sur les sceaux li surmonté d’un accent, qui diminue la confusion de toutes ces lignes brisées dont les angles se correspondent avec tant de précision, qu'une même lettre semble souvent avoir été répétée cinq ou six fois de suite. Plus on approche du xvi' siècle, plus les formes carrées s'exagérent, plus les traits accessoires se multiplient. Les hastes des lettres b, d, h, Let t, se terminent par des traits fourchus. {Voyez le sceau n° 12 de la planche O.) Les o, qui approchent de plus en plus de la forme rectangulaire, finissent par se confondre avec les n etles u; en un mot, la figure propre à chaque lettre s’altère de plus en plus, et s'eflace pour ainsi dire au milieu des nombreux détails qui viennent s'ajouter aux traits essentiels de l'écriture.

Nous voudrions pouvoir appliquer ces notions générales à un certain nombre de monuments originaux ; mais, pour saisir les détails qui servent à distinguer les différentes phases de l'écriture gothique, il faudrait avoir à sa disposition les matrices mêmes des sceaux. I est rare en effet que les traits fins et délicats qui se rattachent aux corps des lettres soient conservés sur les empreintes; il est encore plus rare que le moulage puisse les reproduire. Nous espérons cependant que les indications qui viennent d’être données ne seront pas complétement inutiles aux personnes qui s'occuperont de l'étude des monuments originaux.

$ IfT. DE LA MINUSCULE GOTHIQUE DES DIPLÔMES.

1° Déchiffrement.

C'est surtout par les grandes lettres que le fac-simile n° à de la planche XV se rattache aux formes gothiques. Les traits qui surmontent le c du mot actum n'ont aucune valeur; ils indiquent seulement que cette lettre se rattache au t suivant. La ligne qui tranche la queue du p dans le mot Parisius tient lieu des lettres ar; le second 1 est surmonté d’une espèce de 3 qui exprime la syllabe us. Les lettres er sont remplacées dans le mot Verbi par le trait superposé à l'u. Les mots mullesimo et centesimo sont exprimés par les initiales M et CG surmonttes de l'o final. Pour ne pas confondre entre elles les lettres g et q, il faut s'attacher moins à la forme de la queue qu'au trait qui part de la tête du g et qui l'unit à la lettre suivante (voyez le mot nonagesimo); ce trait n'existe pas dans le q du mot quinto; la superposition de li au-dessus de cette lettre indique la suppression de lu. Dans la seconde ligne, les mots buticularit

PARTIE III. — CHAPITRE IV. 619 et camerari sont suivis d’une S majuscule traversée par un trait qui présente l'aspect d'un t allongé; ces deux signes combinés expriment le mot siynum. « L’e du mot Mather est remplacé par le trait qui tranche la haste de VA; celui qui surmonte l'm du mot camerarü tient lieu des lettres er. Les trois premières lettres du mot constabulart sont représentées par le signe 9, et l'« par le trait qui tranche les lettres bl.

L'écriture reproduite par le fac-simile suivant est irrégulière et négligée. Quoiqu'elle emprunte quelques habitudes de la cursive, elle se rattache plutôt au genre minuscule. — Première ligne. Le trait qui tranche la haste du b dans le mot habere tient lieu des lettres er. Le c du mot noscitur pourrait déjà se confondre avec un {; ce mot est surmonté d'un signe abréviatif qui remplace les lettres ur, et suivi d'un autre signe qui représente la conjonction et. La queue du P du mot possidere est tranchée par le prolongement de la panse, et présente ainsi un des caractères de l’abréviation qui remplace la préposition pro; mais cette manière de former le p est une habitude particulière à l'écrivain (voyez le p du mot petitionem |; le trait qui surmonte le d tient lieu des lettres er. La suppression des deux dernières lettres du mot autem est indiquée par le signe qui surmonte le £. On retrouve dans le mot predictorum les abréviations employées ordinairement pour les syllabes pre, dico et rum. Les lettres at dans le mot abbatis sont remplacées par le trait qui tranche la haste des deux b. Le signe 9 est employé deux fois dans le mot conventus pour représenter d'une part la première syllabe, de l'autre les deux dernières lettres. Le reste de la ligne ne présente pas de difficulté. — Deuxième ligne. Les deux dernières lettres du mot sicut sont remplacées par le trait qui surmonte le c. Le p bouclé du mot superius se combine avec l’abréviation ordinaire de la syllabe per. On retrouve dans le mot continetur le signe 9 et l'abréviation des finales ur. Le mot perpetuum commence par l'abréviation de la syllabe per ; mais cette abréviation tranche à la fois la queue des deux p qui sont conjoints dans leur partie supérieure. Le mot nostri est abrégé régulièrement, mais il faut remarquer la forme de Tr dont la haste se boucle dans sa partie inférieure; l'aspect de cette lettre est le même dans le mot robur. — Troisième ligne. Quoique cette ligne ne renferme pas de difficultés, plusieurs lettres doivent être remarquées : de ce nombre sont les : du mot regii réunis en forme d'n, le k du mot karactere, V's finale d’inferius, et les r en forme de z qui suivent la lettre o dans les mots auctoritate et roboramus.

Les traits accessoires des lettres et les abréviations prennent un développement extraordinaire dans le quatrième fac-simile de la planche XV; ainsi Vs finale du mot nos se termine par une boucle d'une ampleur excessive, et

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l'abréviation qui tranche le p du mot pro est hors de proportion avec la lettre elle-même. Presque tous les 4 sont à double panse, et leur montant ne s'élève pas moins haut que les hastes du b, de l'A, etc. L’s du mot salute se boucle avec le haut du montant de l'a; quelques autres liaisons du même genre indiquent la tendance des écrivains à se rapprocher des habitudes de la cursive. Il faut remarquer dans l’abréviation du mot nostre la forme de 17, qui présente l'aspect de certains y de l'ancienne minuscule. L'abréviation de la conjonction et est défigurée par le prolongement de son trait horizontal. La seconde syllabe du mot antecessorum est remplacée par le signe qui surmonte l’r, et le prolongement de la queue de lr va s'unir à un signe qui tient lieu de 'm finale. Il n’y a d'exprimé dans le mot karissimi que la première et les deux dernières lettres; les autres sont remplacées par le signe abréviatif qui surmonte la dernière syllabe. Le trait qui tranche la haste de la lettre { tient lieu de li et de ls du mot fidelis. L'r et li du mot nosini semblent ne former qu'une seule lettre. Le grand B qui sert à exprimer le mot Bartholome se rapproche beaucoup de la forme de l’h. H est souvent difficile de bien déchiffrer ces grandes lettres, que le caprice de l'écrivain pouvait modifier de mille manières; pour éviter autant que possible les erreurs, il faut chercher dans le corps de l'acte les exemples analogues qui peuvent s'y rencontrer. Les deux dernières lettres du mot camerarü sont remplacées par le signe qui tranche le crochet de lr. Les deux p du mot perpeluo sont conjoints comme dans le fac-simile précédent, mais le signe abréviatif qui tient lieu des lettres er est bouclé et rattaché à la panse du second p.

Le dernier fac-simile de la planche XV ne présente aucune difficulté; les boucles formées dans le haut de quelques s (voyez les mots aubenes et trueves) sont les seuls traits qui peuvent distinguer cette écriture de la minuscule des manuscrits.

Le premier fac-simile de la planche XVI présente aussi de nombreux rapports avec la-minuscule des manuscrits; mais il en diffère 1° par le prolongement du bas des f et des s; 2° par la forme compliquée de quelques abréviations qui présentent l'aspect d’un 8 ouvert et irrégulier dans sa partie inférieure. — Première ligne. L'une de ces abréviations sert à compléter le mot similiter; dans la minuscule des manuscrits ce trait compliqué serait remplacé par une ligne droite qui trancherait la haste de la lettre l; il en serait de même dans l’abréviation du mot vel. Le même signe tient lieu des lettres er dans le mot servientes, terrarum et poterunt; de Va et du t dans le mot forisfactis, et des lettres it dans le mot predicus. Le q du mot aquarum. et le P du mot pratorum sont surmontés de l'a abréviatif tranché dans sa partie supérieure

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