‹ Éléments de paléographieChapitre 439 sur 492 · PARTIE II — CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

PARTIE II — CHAPITRE IV

La légende du sceau n° 12 de la planche O ne renferme aucune abréviation ; elle peut se lire sans difficulté.

2° Ave.

«Le caractère gothique minuscule eut peu d'accès sur les monnaies, disent «les Bénédictins; mais il fut en grande vogue et sur les sceaux et sur les monu- «ments lapidaires. I ne paraît pourtant pas qu'il ÿ ait été reçu avant le x1v° «siècle. Ce ne fut même que sur son déclin que l'usage en devint fréquent. « Au suivant il prit absolument le dessus sur le gothique majuscule. Mais celui- «ci ne laissa pas de se soutenir assez bien, jusqu'à ce qu'il commencçt à faire «place aux beaux et anciens caractères romains, renouvelés d’abord en Italie, «puis en France, ensuite dans les autres royaumes où l'écriture latine avait «cours.» L'opinion des Bénédictins sur l'époque à laquelle les graveurs ont pu commencer à employer la minuscule gothique se trouve confirmée par la date même des sceaux qui viernent d'être examinés. En effet, le plus ancien, qui est celui de la reine Jeanne (PI. G, n° 2), ne remonte qu'à l'an 1328. C'est peut-être un des premiers monuments sur lesquels on puisse rencontrer la minuscule gothique employée sans aucun mélange. Si l'on compare cette légende à celle du sceau n° 1 de la planche N, on verra que dans le premier modèle le bas des jambages de ln n’est pas brisé vers la droite comme dans le second , et que cette lettre ne se confond pas entièrement avec l'a. Au contraire, dans le premier sceau de Jean-sans-Peur, ces deux lettres présentent le même aspect. Le sceau du n° 8 de la planche L se distingue par les saïllies anguleuses qui terminent le bas de toutes les lettres, et dont la réunion forme comme une dentelure régulière : des saillies analogues existent déjà dans le sceau de Jean-sans-Peur; mais elles sont moins prononcées, L'r du mot Flandrie, dans le sceau n° 3 de la planche N, présente avec l'isuivant l'aspect d'une m dont le second jambage serait peu marqué : en effet, il existe un trait vertical qui descend de l'extrémité du crochet de Tr parallèlement à la haste, et qui se prolonge jusqu'au bas de la ligne ; mais l’isuivant est surmonté d’un accent qui diminue la confusion. Dans le sceau n° 4 de la planche N, un trait accessoire de même nature se rattache à la barre du t. La minuscule gothique des sceaux a donc suivi la même marche que celle des manuscrits : elle paraît vers le premier quart du xiv° siècle, c’est-à-dire au moment où la minuscule des manuscrits cesse d'emprunter quelques-unes des lettres de l’ancienne minuscule; mais ses jambages ne sont encore brisés qu’à l'une de leurs extrémités. Au bout d'un demi-siècle, les saillies anguleuses paraissent dans le haut et

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