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PARTIE IIL — CHAPITRE IV

cueils imprimés; mais nous pensons qu'il est préférable de conserver à Th, même dans la langue vulgaire, la valeur qu’elle a certainement dans le latin, et d'y voir un caractère grec qui correspond à notre e.

Les trois dernières lignes du fac-simile n° 9 de la planche X sont aussi en cursive gothique. Le trait courbe qui forme le haut de plusieurs e se trouve presque toujours isolé du trait inférieur et uni à la lettre suivante : cette habitude, qui s'est perpétuée jusqu'au xvrrr siècle dans l'écriture ronde , ne laisse pas de présenter souvent des difficultés qui arrêtent dans le déchiffrement de certains actes.

2° Age.

Les Bénédictins font remonter au commencement du xrn° siècle les premiers exemples de la cursive gothique, parce qu’ils rangent dans cette classe les écritures semblables à celle qui est reproduite sous le n°4 de la planche XV. Ce modèle renferme en effet quelques caractères qui conviennent à la cursive; mais, d’un autre côté, il en conserve quelques-uns qui le rattachent à la minuscule diplomatique.Il est impossible, comme nous l'avons déjà fait observer, de trouver une division qui soit assez nette, assez précise pour être appliquée sans difficulté à des écritures de transition qui appartiennent en même temps à deux espèces différentes, et auxquelles, par conséquent, les qualifications de cursive ou de minuscule ne peuvent convenir d'une manière absolue. Si l'on donne le nom de cursive à ces types intermédiaires qui nous sembleraient plutôt appartenir au genre minuscule, il faut admettre l'époque fixée par les Bénédictins. Si, au contraire, on réserve cette qualification pour des écritures du genre de celle qui est reproduite sous le n° 4 de la planche XVI, on ne devra pas considérer la cursive gothique comme antérieure à la seconde moitié du xrr° siècle. Cette dernière hypothèse, qui nous a paru préférable, n’a donc rien de contradictoire avec l’opinion des Bénédictins.

Le d'est une des lettres qui peuvent servir à fixer l’âge de la cursive gothique. Si l'on examine sa forme dans les mots secundum et quod (dernière ligne du facsimile n° 4 de la planche XVI), on verra qu'il est assez difficile de reconnaître quelle est la portion de la boucle que l'écrivain a tracée en premier lieu. « Le «règne de cette mode, disent les Bénédictins, se place entre le milieu du xm° «siècle et celui du x1v° siècle , quoiqu'il ne laisse pas de s'étendre considéra- «blement au-delà de ces bornes.» Lorsque cette forme de lettre concourt, comme dans notre fuc-simile, avec d’autres d dont la tête ne se boucle qu'imparfaitement (voyez lemot videbimus, quatrième ligne), l'écriture appartient plutôt au x1r1° siècle qu'aux premières années du siècle suivant, pourvu d’ailleurs que

le £ conserve souvent la forme minuscule, c’est-à-dire que la barre soit partagée en deux parties égales et rarement dépassée par la tête de la haste (voyez dans la première ligne les mots sciant, inter, testamento). I] faut aussi remarquer la forme de l'a qui est à double montant et traversé par un trait fin partant du bas du montant gauche : cet « offre évidemment beaucoup d'analogie avec ceux du fac-simile n° 2 de la planche XVI, et par conséquent il convient plutôt aux écritures cursives qui ne sont pas trop éloignées des derniers temps de la minuscule diplomatique. On le retrouve encore dans la première moitié du xiv* siècle, mais il est sensiblement modifié: le montant gauche est plus arrondi, et la liaison , au lieu d’être comme ici distincte de ce montant , ne paraît plus en être que la continuation. (Voyez dans le fuc-simile n° 7 de la planche XVI, le second a du mot Malemaïson.) L'e et lr conservent une forme assez régulière. Cette dernière lettre, employée comme initiale, se rattache à l'alphabet capital; maïs le trait qui devrait former la panse ne vient pas rejoindre la haste. Le haut de la lettre q, au lieu de s'arrondir en cercle, saplatit intérieurement et présente une concavité que nous n'avons pas rencontrée dans les écritures du x1v° siècle.

Ce dernier caractère se retrouve, comme on le voit, dans le fac-stmile suivant, qui reproduit une écriture cursive beaucoup moins liée que la précédente. Indépendamment de l’a à double panse du mot après, ce modèle renferme des a minuscules. Lr initiale du mot roy appartient aussi à l'alphabet capital, et la panse ne rejoint pas le corps de la haste : plusieurs autres caractères offrent des rapports sensibles avec ceux du fuc-simile précédent; mais le { s'éloigne davantage de la forme ancienne, soit parce que la barre est traversée par le haut de la haste, soit parce qu'elle se trouve presque en entier à droite de ce trait.

L'écriture du dernier fac-simile de la planche XVI est plus courte et plus écrasée que celle du fac-sinule 4 : il en est de même en général de la cursive gothique postérieure aux premières années du xiv° siècle. On retrouve encore dans ce fac-simile des a minuscules, mais en petit nombre. Il est facile de reconnaitre ici que la boucle du d se termine par le trait inférieur !; cette

1 Pendant la première moitié du x1v° siècle, il arrive encore souvent que le d est formé de manière à ce qu'il soit difficile de reconnaître au premier coup d'œil si la boucle a été fermée par le trait supérieur ou inférieur, Le haut de cette boucle est généralement horizontal, et suit à peu près la direction du trait qui termine le dinitial du mot discordiis (planche XVI, fac-simile n° 3,

deuxième ligne); mais nous ferons observer que Ta à double montant se rapproche presque toujours de la forme cursive; que le t est tout à fait gothique, et que Pr présente souvent l'aspect d'un v (c'est ce que l’on remarquera tout à l'heure dans le dernier fac-simile de la planche XVI): ces différents caractères ne concouraient pas dans la cursive du xm° siècle.

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