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CHARTE-NOTICE D'ÉDOUARD LE CONFESSEUR

(Arch. du Royaume, K 19, olim 36.)

TEXTE IMPRIMÉ EN LETTRES ANGLO-SAXONNES. TRANSCRIPTION DU TEXTE EN LETTRES ORDINAIRES.

Gaopano cingc gnecc pulppis bifcop. + naulr conl. + ealle mine pesenar on oxna pondercine. pneondlice. + 1c cÿSe cop ÿ 1c hœbbe 5e unnan: cyuyce 7 fce d1omfie. mvo h1y halçan mÿnfcne be jeonoan jæ. pœt land æt vengceune: 4 œlc pœna pinga pœy pe pœn inn mo juhce cose bÿnap: on pudec. 7 on peloe: md race. 7 md focne. rpa pull + rpa ponS. ppa hice me pÿlran on bande TTod. on bæge. œpcen. pon minpe faple hæle.

Eadward cingc grett Wulfwig biscop, and Raulf eorl, and ealle mine thegenas on Oxna-fordescire freondlice. And ic cydhe eow-thæt ic hæbbe ge-unnan Criste and sancte Dionisie into his halgan mynstre be geondan sæ thæt land æt Tengctune and ælc thæra thinga thæs the thær-inn mid rihte toge-byrath on wude and on felde, mide sace and mid socne, swa full and swa fordh swa hitt me-sylfan on hande stod, on dæge and æfter, for minre sawle hæle.

And wite he widh God sethe hitt of thære haligan stowe geutige. And ic wille thæt se biscop dihte boc

7 pice he p1S 50. repe hicc op pœne halisan prope seucise. 7 1c prlle ÿ re bircop dthte boc

bœn co: be miman pullan gelcapan. thær-to be minan fullan geleafan.

En comparant plusieurs chartes publiées par Hickes, et dans lesquelles on retrouve des formules analogues à celles que renferme cet acte, nous avons essayé de rectifier ce qu'il y a d'inexact dans la traduction publiée par Doublet. — « Eadward rex saluto Wulfwig episcopum et Raulf comitem et om- «nes meos thannos in Oxoniæ comitatu amicè. Et ego notifico vobis quèd ego «concessi! Christo et sancto Dionysio, in suo sancto monasterio de ultra mare”, «illam terram apud Tengctune et omnes illas res eas* quæ ad eam" cum jure

1 Mot à mot : hæbbe habeo geunnan concessum.

La syllabe ge est séparée dans le texte original; mais c’est un augment qui se place avant le radical pour indiquer les prétérits, comme dans la langue allemande.

? Les mots be geondan sæ, signifient littéralement de outre mer.

5 Les mots illas et eas (thæra et thæs) sont répétés pour désigner plus expressément la chose

dont on parle; si cette répétition est contraire au génie de la langue latine, elle se rencontre fréquemment en grec.

Les mots {hær-inn forment un adverbe composé qui s’est conservé dans la langue anglaise (therein), et qui répond aux mots hoc in (suivant la construction latine in hoc). Les mots français qui en dépendent traduisent exactement les mots the thærinn logebyralh..

«pertinent, in silvis et in agris, cum judicio et immunitate!, tam plenè et tam

«diberè quàm id mihi ipsi in manibus stetit, hodie ? et postea, pro meæ animæ «salute. Et caveat is à Deo qui ° id ab ïllo sacro loco abstulerit. Et ego volo cut“ episcopus instruat scriptum * ad hoc° de meä plenà licentià. »

À compter du xrn° siècle, le gothique moderne fut employé en Angleterre comme dans les autres pays; mais les caractères anglo-saxons avaient depuis longtemps cessé d'être en usage. «Jusqu'au règne d'Alfred le Grand, «disent les Bénédictins, les écritures anglo -saxonnes, minuscule et cursive, « furent ordinairement employées à transcrire les actes. Au fond, l'écriture «d'avant son règne n’était guère différente de la romaine; mais elle emprun- «tait beaucoup de lettres de la cursive. On peut en juger par les modèles «rapportés par Hickes dans sa grammaire anglo-saxonne”. Depuis Alfred”, «d’autres écritures minuscules et courantes, empruntées des Français, ser- «virent souvent au même usage. Elles étaient plus élégantes, ayant été formées «sur le modèle des caractères introduits par Charlemagne. Hickes fait mention «d'une charte du roi Eadred écrite entièrement en lettres françaises. On vit «au xr° siècle des chartes écrites tout à la fois en lettres saxonnes et françaises. «Le même auteur appelle cette écriture anglo-normannique ou nOTMANNO-SATONRE ; “et dit qu’elle fut introduite par les Normands. Il cite un diplôme d'Édouard «le Confesseur en lettres françaises, excepté les caractères répondant au th et «au w saxons. L'écriture anglo-saxonne et française se trouvent réunies dans une «charte® du même prince, conservée en original dans les archives de Saint- «Denys, en France. La manière d'écrire des Anglais fut négligée, et l'écriture «française fut admise dans les actes. Celle-ci, depuis la conquête de Guillaume,

1 Les mots sace et socne n’ont pas d'équivalent bien exact en latin.

? Le mot hodie correspond aux mots on dæge, in die.

5 Les mots sethe sont réunis dans l'acte; on les trouve aussi séparés, et ils signifient ille qui; il y a donc dans cette phrase une répétition analogue à celle des mots illas et eas.

# Le mot thæt (ut) est suivi de l'article se (se biscop, évêque).

5 Le mot boc signific proprement livre; mais on ne peut guère douter qu'il ne désigne ici un acte, un écrit.

6 Si l'on voulait suivre la construction anglosaxonne, l’adverbe composé thær-to devrait se traduire par hoc ad.

7 Linguarum veterum septentrionalium thesaurus grammaltico-crilicus et archæologicas , auclore G. Hicxesio. Oxoniæ, 1705, 2 vol. in-folio.

8 Voici ce que les Bénédictins disent à cet égard dans un autre passage de leur ouvrage : « Alfred le Grand, qui régna en Angleterre depuis « l'an 871 ou 872 jusqu'en 900, attira de France «des moines savants, qui portèrent dans cette île «la littérature et les caractères français usités au «rs* siècle. Aussi retrouvons-nous la capitale ro- «maine renouvelée ou caroline dans les anciens «manuscrits anglicans. »

9 Cette charte est la donation de la terre de Tængtune dont il a été question ci-dessus, et qui est aujourdhui déposée aux Archives du Royaume.

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