‹ Éléments de paléographieChapitre 479 sur 492 · PARTIE III — CHAPITRE VI · texte numérisé non relu

PARTIE III — CHAPITRE VI

«chartes d'Allemagne, voici le résultat des observations que nous avons faites «sur les modèles publiés dans la Chronique de Godwic. Au x° siècle on voit «des points dans les diplômes, tant pour marquer que le sens est fini, que «pour avertir qu'il est plus où moins suspendu. L'usage des deux points, du «point, et de la virgule seule, était alors inconnu et continua de l'être pendant «plusieurs siècles. Celui de placer le point en haut, au milieu et au bas de la «ligne n'était plus observé; mais on employait quelquefois trois points per- «pendiculaires lorsque le sens était absolument fini. Ensuite, au lieu du troi- «sième point, on mit une virgule surmontée de deux points placés l'un sur «l'autre; ou bien, au lieu du point du milieu, on marqua une figure semblable à «l'accent circonflexe des Grecs. Du reste, la ponctuation était peu exactement ob- «servée sur la fin de ce siècle. Mais l'usage des trois points perpendiculaires fut «bien plusfréquent.Ilsemblaitrépondre à celui de nosalinéa. On fitaussi quelque «usage des deux points et du point au-dessous de la virgule, quoique rarement. «Leur application ne cadrait nullement avec celle que nous en faisons. Pen- «dant le xr° siècle, au lieu des trois points perpendiculaires, dont on ne cessa «pas absolument de se servir, on mettait tantôt un point et une virgule, tantôt «deux points qu'on plaçait horizontalement avec une virgule au-dessous, ce «qui fut pratiqué encore au x” siècle ; ou bien, au lieu des deux points, «on formait des figures un peu approchantes de la virgule. Vers le milieu du «xr siècle, toujours dans le même cas, on voyait paraître tour à tour trois accents « circonflexes entre autant de fois deux points, le tout perpendiculairement «disposé, au lieu qu'il le fut horizontalement au siècle suivant. Quelquefois «on mettait quatre virgules renversées avec un point au-dessus, dans la même «situation perpendiculaire. On n'était point du tout constant sur l'article. Au «xur siècle, dans la signature de l'empereur ou du roi des Romains en lettres «majuscules, chaque mot se trouve suivi d’un point. Quoi qu'en dise Gudenus, «pendant ce siècle la ponctuation fut plus exactement marquée qu'elle ne «l'avait été dans les deux précédents. Mais cette exactitude ne s'étendait pas à «placer différemment les points, selon que le sens était plus ou moins sus- «pendu. Enfin, au xm° siècle, on substitua des accents plutôt que des virgules «à tous les points; mais on ne tarda pas à revenir aux points, en conservant «néanmoins les accents, ou les virgules couchées dans les endroits où le sens

«n'était qu'un peu suspendu. »

on trouve, au lieu de points, trois trails verti- comme dans le dernier fac-simile de la planche X. caux qui ne diffèrent pas beaucoup de l'aspect Les règles posées par les Bénédictins, en ce qui d'une virgule; enfin la formule scriplum, etc., se concerne la chancellerie romaine, admettent donc

termine par deux points et une virgule combinés quelques exceptions.

En examinant les fac-simile renfermés dans la série des planches consacrées à da reproduction des écritures diplomatiques, on pourra vérifier l'exactitude des remarques présentées par les Bénédictins. Il est évident que, dans la plupart des chartes antérieures au xmr siècle, le point unique est à peu près le seul signe qui soit employé pour la ponctuation. Cependant on rencontre, dans le quatrième fac-simile de la planche XIIT, deux points après le mot firmavimus ; le mot impressione est suivi d'un signe qui se rapproche un peu d'une virgule couchée, et qui, après le mot hs, est surmonté d’un accent. Le premier facsimile de la planche XV présente un signe de ponctuation après les mots affuerunt et puer; on y trouve aussi, après le mot constabularu, les deux points et la virgule réunis en forme de triangle : les traits qui viennent ensuite sont destinés à remplir la ligne; cependant on rencontre dans quelques manuscrits des figures analogues, surtout à la fin des titres ou des alinéa. À compter du xmi° siècle, le point est souvent remplacé par un trait fin qui offre quelques rapports avec l'accent aigu (voyez par exemple le signe qui suit le mot nostri dans le deuxième fac-simile de la planche XVI), mais qui souvent se recourbe de plusieurs manières différentes (voyez la forme de ce signe après le mot rex dans le fac-sinule. suivant, et après l'abréviation des mots nostre seigneur dans le dernier fac-simile de la même planche). On retrouve le même signe, mais beaucoup plus allongé, dans le troisième fac-simile de la pianche XVII (voyez après le mot reportetur). Les signes qui suivent les mots commussionum et pervenerint diffèrent du point comme de la virgule. On aurait pu reproduire encore quelques autres figures, mais celles qui viennent d’être indiquées suffisent pour donner une idée des signes de ponctuation qui se rencontrent le plus ordinairement dans les diplômes.

ARTICLE IL

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