‹ Éléments de paléographieChapitre 478 sur 492 · PARTIE III. — CHAPITRE VI · texte numérisé non relu

PARTIE III. — CHAPITRE VI

«l’une de Pépin le Bref, accordée à l’abbaye de Saint-Denys en 767, et l'autre de «Carloman, en faveur del’abbaye d'Argenteuil, sont de la première main. On «voit un gros point après une croix formée de la main de Pépin dans un autre «diplôme. Dans celui qu'il accorda, en 768, au monastère de Saint-Hilaire de « Poitiers, le point est mis une seule fois à la fin de la phrase; mais le point et «la virgule sont marqués à la fin de la signature du roi.

«On n’aperçoit que fort peu de points dans les diplômes de Charlemagne et «de Louis le Débonnaire. Celui de Charles le Chauve, de la Bibliothèque «du Roi, n° 8, prouve qu'on ne les marquait pas encore tous en 843. Au «ix° siècle, les alinéa sont quelquefois marqués par trois ou quatre points posés «perpendiculairement, et les nombres sont suivis d'un point. Sur la fin du «même siècle, on commença à terminer par un point les phrases dont le sens «était fini. Dans une charte de Charles le Chauve, on termine le texte par un «point en rosette. Dans une autre, donnée par Louis le Débonnaire en 833 et «gardée à la Bibliothèque du Roi, entre augustus de la première ligne et le «commencement du préambule, il y a un espace de deux tiers de pouce dont la «moitié est remplie par des traits entrelacés qui sont accompagnés de points «etqu'on prendrait pour des lettres; mais ce ne sont que des ornements. On y «voit, sinon l’origine, du moins l'usage des traits surabondants et compliqués « dans certaines liaisons de lettres si fréquentes dans plusieurs chartes des x‘ et «x siècles. Les mots d’un diplôme de Pépin; roi d'Aquitaine, daté de l'an 827, «sont le plus souvent distingués, mais par de très-petits espaces, si ce n’est où «il faut des points ou des virgules. Là se trouvent des espaces d’une, de deux «ou trois lettres. Mais il n’y a ni points ni virgules marqués, excepté à la fin, «après les chiffres et les abréviations, après la date de l'empire et la date totale. « Dans le diplôme de Charles le Chauve, de l'an 850, conservé au dépôt de «la Bibliothèque royale, les mots sont presque tous distingués, les points et les «virgules sont marqués par de simples points qui sont au haut, au milieu et «au bas de la dernière lettre d’un mot. Mais la distinction du point, de la «virgule et des deux points n'est pas représentée d'une manière uniforme. «Cependant pour l'ordinaire le point est au haut pour terminer la phrase. «Dans une autre charte du même empereur, de l'an 870 et du même dépôt, «on voit la plupart des mots bien séparés et peu de points. Les uns sont placés «au haut pour le sens fini, et au milieu pour la virgule ou petite distinction. « Quelques mots ne sont pas encore distingués par des espaces, mais les points «et les virgules sont exprimés confusément par des points placés au haut, dans «un diplôme du roi Eudes de l'an 887. Dans un autre du même prince, la «plupart des mots sont espacés; mais l'on en sépare plusieurs qu'on n'aurait

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«pas dû partager. On y trouve de vrais points au bas des mots pour terminer «le sens; on met le point au haut pour nos deux points; on exprime notre «virgule par un point, mais pas toujours exactement. Les points et les virgules «nesont pas autrement marqués que par des points dans un diplôme de Charles “le Simple, de l'an 899. On y remarque des mots coupés en deux, avec des «points noirs d’une encre plus récente, placés au commencement et à la fin «des lignes. C'est apparemment quelque lecteur ou copiste qui aura marqué «ces points.

«Il y a encore un bon nombre de mots qui ne sont pas séparés dans un «diplôme autographe donné par Hugues Capet en 988. Les points et les «virgules y sont exprimés par des points seulement : les premiers sont en haut, «les autres au milieu. On met le point au bas pour marquer le point avec la «virgule, mais on le fait peu exactement. Il serait ennuyeux de passer en «revue tous les diplômes des 1x° et x° siècles où les virgules empruntent la «figure des points. Dès le 1x° siècle, on en mit quelquefois aux quatre coins des «chartes ecclésiastiques. Le point se montra après les chiffres romains et les «alinéa. On en marqua d’abord quatre ou cinq perpendiculairement; ensuite, «au lieu d'un ou de deux points inférieurs, on mit une virgule. Dans le même «cas, on se borna souvent à deux points, où à un ou deux points avec une « virgule. Ce fut aux approches du x‘ siècle ou après ses commencements que la «ponctuation régna dans le corps des pièces. Dans une charte d'Espagne, de «l'an 931, qu'on peut voir dans la Bibliothèque universelle de la Polygraphie «espagnole, le sens est distingué par un, deux ou trois points placés indifférem- «ment pour un point, deux points, un point et une virgule. On met seulement « des points aux endroits où nous mettons des virgules, pour séparer les phrases «et marquer la fin des périodes dans un diplôme original du roi Robert, daté «de l'an 1025. Il n'y a que des points dans une bulle de Pascal Il, datée de «l'an 1104. Mais ce qui distingue le point parfait des points qui marquent les «suspensions, ce sont les lettres majuscules. On ne connaissait donc pas encore «à la chancellerie romaine notre usage des deux points, de la virgule, ou du «point et de la virgule *. Le seul point servait à tous les usages auxquels nous «appliquons notre ponctuation.

«S'il est question de la ponctuation des diplômes impériaux et des autres

1 Il est vrai que le point unique est employéà Dei, et après le salut in perpeluum. Dans une bulle peu près exclusivement dans les bulles de Pas- de 1114, les trois points sont remplacés , après cal Il; cependant, on trouve quelquefois trois le mot Dei, par trois figures assez semblables à points verticaux, particulièrement dans la sus- des À de forme capitale, mais de petite dimension cription à la fin de la formule servus servorum et renversés vers la droite; dans une autre bulle

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