PARTIE I — CHAPITRE IV
les plus essentielles. On a indiqué plus haut ce qui était relatif aux olympiades, à l'hégire et aux autres ères : quant aux cycles et aux autres éléments qui
tiennent plus étroitement aux calendriers du moyen âge, il était indispensable de les reproduire avec toutes leurs combinaisons.
Le tableau J présente la concordance des années de J. C. et des indictions. En dressant pour ce cycle un tableau particulier, on a pu le disposer de manière à ce que les années correspondant à une même indiction fussent placées sur une même ligne horizontale, et, par conséquent, on a évité la répétition de l'indiction pour chacune des années de J. C. H est inutile de faire remarquer que la concordance des indictions est indiquée dans l'hypothèse où l'indiction est prise au 1°” janvier 313. Quand on la prend d'une autre époque, il faut modifier les indications du tableau principal d'après le tableau H qui le précède. Le tableau J s'arrête à lan 1602; mais, comme la concordance des années de J. C. et des indictions se reproduit dans le même ordre au bout de trois cents ans, pour connaître l'indiction des années postérieures à lan 1602 il suffit de retrancher de l’année dont il s'agit l’un des nombres trois cents, six cents, neuf cents, etc. : ainsi l’année 1843 a la même indiction que les années 1543, 1243 ou 943, c’est-à-dire l'indiction 1.
On a vu que le cycle solaire est composé de vingt-huit ans, et que les combinaisons des concurrents et des lettres dominicales se reproduisent dans le même ordre pour chacun des cycles solaires. Le tableau K est consacré exclusivement à présenter sur une même ligne horizontale celles des années de J. C. qui correspondent à une même année du cycle solaire, et qui, par conséquent, ont les mêmes concurrents et les mêmes lettres dominicales : les années bissextiles sont celles qui ont deux lettres dominicales. On a indiqué dans un appendice chacun des deux concurrents qui peuvent être successivement employés dans les dates de ces années; mais nous avons prévenu que cette distinction des deux concurrents n'était pas toujours observée.
Une disposition analogue a été suivie dans le tableau L, où l'on trouve da concordance des années de J. C. avec le cycle de dix-neuf ans et les divers éléments qui se reproduisent dans le même ordre que les années de ce cycle, c'est-à-dire le cycle lunaire des Juifs, les réguliers lunaires annuels, les clefs des fêtes mobiles, le terme pascal et les épactes. On verra que les épactes sont marquées selon le calcul ordinaire, et selon le calcul égyptien, qui a été quelquefois adopté par les notaires.
On se rappelle aussi que les années du cycle de dix-neuf ans ont été comptées à partir du 1° janvier, du 1° mars et du 29 août : nous avons suivi le premier de ces calculs dans le tableau principal; mais ce tableau doit être
rectifié quand les années du cycle de dix-neuf ans sont comptées à partir du 29 août ou du 1° mars. En examinant les indications de lappendice joint au tableau L, on verra que, dans le premier cas, les années du cycle de dixneuf ans commencent trois mois et deux jours plus tôt, parce qu'elles suivent le cours de l’année des Alexandrins, et que, dans le second cas, au contraire, les années du cycle de dix-neuf ans commencent deux mois plus tard. Nous n'avons pas indiqué de rectification pour le cycle lunaire, parce que les auteurs de l'Art de vérifier les dates pensent que les années de ce cycle ont toujours été calculées dans les chartes à partir du 1° janvier.
Le tableau K et le tableau L, commençant à l'an 874 et s'arrêtant à Tan 1405, concordent de 874 à 1063 avec les années 343 à 532 du cycle pascal, et de 1064 à 1405 avec les troïs cent quarante-deux premières années de ce cycle. Or, nous avons vu que les mêmes concordances se reproduisent exactement dans le même ordre pour les mêmes années de tout cycle pascal; ainsi, quand on aura besoin de faire une vérification pour une année antérieure à 874 ou postérieure à 1405, il suffira de consulter le tableau M, qui présente en regard les années de J. C. correspondant à une même année du cycle pascal. On verra par exemple que la quatre cent quatre-vingt-deuxième année du cycle pascal correspond aux années de J. G. 481, 1013 et 1345; par conséquent, toutes les concordances indiquées dans les tableaux K et L, pour an 1013, s'appliquent également à l'an 481 et à l'an 1545. Le tableau M présente en outre la date des Pâques, depuis le commencement de l'ère chrétienne jusqu'en 2127, mais suivant le vieux style!
Jusque vers la fin du vin° siècle, il s'est élevé des dissentiments entre les Orientaux et les Occidentaux pour l'époque de la célébration des Pâques; ces différences ont été relevées sur le tableau N.
On peut avoir besoin de vérifier l'époque à laquelle ont été célébrées les fêtes mobiles qui servent souvent de dates à une charte; or, l'époque de cette célébration dépend du jour auquel tombe la fête de Pâques. Il suffit de jeter les yeux sur le tableau O pour trouver la date des différentes fêtes mobiles dans une année quelconque de l'ère chrétienne, pourvu que l'on ait pris soin de vérifier, au moyen du tableau M, quelle est pour cette année la date de la fête de Pâques.
Le tableau P est un calendrier perpétuel qui peut servir à plus d’un usage. Chaque mois renferme six colonnes : la première présente le nombre des jours qui se sont écoulés depuis le commencement de l’année. On verra que nous
1 On indiquera tout à l'heure comment ce tableau peut faciliter les calculs qui se rattachent aux années du nouveau style.
PARTIE L' CHAPITRE IV. 89 avons donné cette indication seulement pour les années communes, et que par conséquent, dans les années bissextiles, les nombres de cette première colonne doivent être augmentés d’un depuis le 1° mars jusqu'au 31 décembre, en sorte que le 29 février étant le soixantième jour de l'année, le 1* mars devient le soixante et unième au lieu du soixantième, et ainsi de suite.
La deuxième colonne renferme les jours du mois, selon le calendrier romain : il sufhira de l'examiner pour se rendre compte de l’ordre rétrograde qu'on suivait dans le calcul des calendes, des nones et des ides.
Mais nous devons avertir qu'on s'est écarté quelquefois de cette méthode, pour calculer ces jours dans l’ordre direct, en sorte que, dans certains actes, le dix-neuvième jour des calendes de janvier, au lieu de correspondre au 14 décembre, désignait le 1° janvier; et réciproquement, le premier jour des calendes de janvier désignait le 14 décembre au lieu du 1° janvier. La même irrégularité se reproduisait pour les jours des ides et des nones. Il est aussi arrivé de compter les Jours des calendes comme nous comptons les jours des mois, et de désigner, par exemple, le 7 mars par ces mots: Post vu kalend. Marti. Enfin, tout en conservant le calcul rétrograde, on ne tenait pas toujours compte comme les anciens du jour des calendes; le 14 janvier devenait alors le 18 des calendes de février au lieu du 19, le 15 janvier était le
17, et ainsi de suite. Au reste, ces diverses exceptions ne se rencontrent que rarement.
En regard du 25 février, on remarque le chiffre romain V et le chiffre arabe 6 : le chiffre V sert dans les années communes, et désigne le 5 des calendes de mars : dans les années bissextiles, au contraire, il faut se servir du chiffre 6. En effet, c'est la répétition du 6 des calendes de mars (bis sextus) qui a fait donner à ces années le nom de bissextiles : c'est par la même raison que, dans la quatrième colonne, on voit la lettre dominicale du 24 février répétée au 25.
Puisque nous venons de parler de la supputation rétrograde qu'on employait pour les jours des calendes, des nones et des ides, ce sera une occasion de signaler en passant un usage analogue dont on rencontre plus d’un exemple dans les dates des chartes. En effet, cette supputation inverse a été employée aussi pour les jours du mois sortant. Du xr° au xv° siècle environ, il arrivait souvent, surtout en Italie, qu'on partageait chaque mois en deux parties : la première, qui s'appelait le mois entrant, finissait au quinzième ou au seizième jour, suivant que le mois avait trente ou trente et un jours : on la désignait par les formules intrante mense, introeunte mense où mensts introttus. La seconde partie
du mois ou le mois sortant se désignait par les formules suivantes : Mense
exeunte, stante, instante, astante, restante ou exitus mensis. Le dernier jour du mois était désigné spécialement par les mots die uliimé, et quelquefois die penultimä. Mais ce qu'il importe le plus de savoir, c'est que les jours du mois entrant étaient appelés le 1°, le 2, le 3, le 4, etc., suivant l'ordre ordinaire de notre calendrier, tandis que les jours du mois sortant se comptaient dans l'ordre inverse; ainsi xv die exeunte Januario correspondait au 17 janvier, xiv au 18, x11 au 19, et ainsi de suite, comme l'indique le tableau suivant. Nous avons supposé que, dans le mois de février, les jours du mois entrant se comptaient jusqu'au 19 inclusivement dans les années bissextiles, et jusqu'au 14 dans les années communes; mais nous n'avons pas rencontré d'acte sur lequel cette hypothèse püût être vérifiée.