‹ Éléments de pathologie chirurgicale (volume 2)Chapitre 22 sur 118 · TUMEURS DE LA CAISSE DU TYMPAN · texte numérisé non relu

TUMEURS DE LA CAISSE DU TYMPAN

perforation du tympan; il mesurait un centimètre et demi de longueur sur 7 millimètres d'épaisseur.

Quand les polypes de la caisse n'ont pas encore perforé la membrane du tympan, les symptômes sont à peu près les mêmes que ceux de l'otite moyenne qui les accompagne, c'est-à-dire des bourdonnements, une surdité plus ou moins accusée, de l'otorrhée, des vertiges, des vomissements, des douleurs névralgiques, une hémiplégie faciale, etc. Cependant il en est un qui les distingue, môme avant qu'on puisse apercevoir le polype, c'est l'otorrhagie ; mais celle-ci, bien que fréquente-, n'est pas un phénomène constant. Parfois on observe aussi des phénomènes de compression sur les parois de la caisse et même sur le labyrinthe.

Quand, à l'aide de ces signes, on soupçonne la présence d'un polype dans la caisse, on doit examiner l'oreille à l'otoscope, afin de suivre les progrès de la tumeur jusqu'à ce que celle-ci ait perforé le tympan et fait au dehors une saillie apparente. A partir de ce moment, sa présence ne peut être douteuse ; il revêt le même aspect que les polypes du conduit auditif externe.

La ressemblance est même telle qu'il serait impossible de donner des caractères différentiels entre les polypes de la caisse et ceux du conduit auditif.

Ce que nous avons dit en parlant de ces derniers nous dispense d'insister sur ce point et de revenir sur les moyens de distinguer les polypes des fongosités et des autres tumeurs qui peuvent les simuler.

La marche de ces productions morbides est lente. C'est après plusieurs mois qu'on les voit apparaître dans le conduit auditif.

Le pronostic offre une certaine gravité autant par suite de la phlegmasie chronique qu'ils entretiennent du côté de la muqueuse que de la surdité souvent définitive qu'ils entraînent.

Le traitement des polypes de la caisse consiste dans leur ablation par les mêmes moyens que pour ceux du conduit auditif externe,

4° Tumeurs.

Les tumeurs qu'on rencontre dans la caisse du tympan sont des cancers, des exostoses et des concrétions solides ou demi-solides auxquelles on a donné le nom de choléastomes.

Tumeurs cancéreuses. — Le cancer de la caisse du tympan est trèsrare. Il est primitif ou secondaire. Primitif, il prend naissance dans la muqueuse ou dans les os; dans le premier cas, il offre généralement les caractères anatomiques de l'épithélioma, et dans le second, ceux de l'ostéosarcome. Secondaire, il provient des régions voisines et le plus souvent de la dure-mère (voy. Fongus de la dure-mère, t. III, p. 614).

Les symptômes n'offrent rien de particulier, si ce n'est toutefois l'intensité des douleurs; on constate les mêmes phénomènes que pour les polypes : surdité, bourdonnements, oiorrhée, otorrhagies, troubles nerveux, etc.

L'aspect de la tumeur diffère de celui du polype par une coloration plutôt jaunâtre que rosée; en outre, la consistance est plus ferme, et l'écoulement qui l'accompagne plus fétide et mélangé de sang.

Le cancer suit une marche rapide, détermine la formation d'abcès de voisinage, se propage aux os, et enlraîne les complications les plus graves, telles que la méningite ou une hémorrhagie mortelle, l'épuisement et la cachexie.

Il n'est malheureusement pas possible de l'attaquer par un traitement chirurgical et l'on doit se contenter d'employer des moyens palliatifs.

Exostoses. — On a publié quelques observations d'hyperostoses ou d'exostoses de la caisse, mais, dans ces cas, la tumeur n'avait jamais acquis un volume assez considérable pour nécessiter l'intervention du chirurgien.

Choléaslomes. — Quelques auteurs ont "signalé l'existence, dans !a caisse du tympan, de concrétions diverses formées par des amas de cholestérine mélangée à du pus desséché et dégénéré.

Ces productions morbides prennent naissance, soit dans la muqueuse, soit dans les os; mais elles sont tellement rares, que nous nous contenterons de les mentionner.

5° Corps étrangers.

Les corps étrangers qu'on rencontre dans la caisse du tympan sont très-variables, comme ceux du conduit auditif (voy. page 49).

Ils pénètrent dans cette cavité, soit directement, en perforant la membrane du tympan, comme cela a lieu dans les blessures par armes à feu et dans les cas où cette membrane est déjà le siège d'une large perforation; soif consécutivement, après avoir séjourné un temps plus ou moins long dans le conduit auditif externe et déterminé, par leur contact, l'inflammation et la perforation de la membrane tympanique.

Une fois dans la caisse, ils y demeurent ou poursuivent leur trajet jusque dans la cavité crânienne, comme dans le cas que nous avons rapporté plus haut (page 68, fig. 35).

Les symptômes fonctionnels auxquels ils donnent lieu, quand ils demeurent dans la caisse, sont plus accusés que ceux des corps étrangers du conduit auditif externe; mais on observe de même de la douleur, des bourdonnements, de la surdité et divers troubles nerveux, particulièrement une paralysie faciale, quelquefois aussi une gêne de

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