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AFFECTIONS DE LA TROMPE D'EUSTACHE

Le pronostic n'est pas sans gravité et l'obstruction de la trompe d'Eustache constitue toujours une complication fâcheuse. Sa persistance entraîne souvent, outre la surdite, des accidents sérieux, tels ijue l'atrophie de la membrane du tympan et des muscles intrinsèques, l'ankylose des osselets, etc.

Le traitement varie suivant la cause de l'obstruction : l'obstruction par compression ne pourra disparaître qu'après la destruction du corps comprimant ; le chirurgien devra donc pratiquer l'excision des amygdales ou l'ablation des tumeurs qui obstruent la trompe.

Pour remédier aux obstructions qui dépendent de brides cicatricielles, quelques chirurgiens ont donné le conseil d'avoir recours à l'incision ; mais une semblable opération nous paraît d'une exécution difficile. Nous préférons, en pareil cas, pratiquer la perforation arti cielle de la membrane du tympan et chercher à maintenir l'ouverture par les moyens que nous avons fait connaître en parlant de cette opération.

Pour combattre l'obstruction par engouement, il suffit d'avoir recours aux procédés de Valsalva ou de Politzer, au cathétérisme suivi d'insufflations d'air ou de vapeurs médicamenteuses et à l'introduction de bougies graduées, imbibées ou non de pommades résolutives ou caustiques.

3° Tumeurs.

La trompe d'Eustache, dans sa partie cartilagineuse et dans sa partie osseuse^ peut donner naissance à des tumeurs variées.

Gelles qui naissent dans la muqueuse de la trompe sont habituellement décrites sous le nom de polypes, de végétations. Tantôt elles naissent primitivement à l'intérieur de ce canal, tantôt elles s'y étendent par propagation, après avoir pris naissance dans la muqueuse du pharynx, plus rarement dans celle de l'oreille moyenne.

Lorsque ces tumeurs viennent faire saillie près de l'orifice de la trompe* on peut les reconnaître à l'aide du rhinoscope, plus difficilement à l'aide du doigt; quand elles siègent profondément, elles donnent lieu aux symptômes de l'obstruction dont nous venons de parler.

Les tumeurs qui prennent naissance dans les parties cartilagineuse ou osseuse du conduit n'ont pas été décrites; les traités spéciaux eux-mêmes les mentionnent à peine, et sur ce point nous appelons l'attention des anatomo-pathologistes. Nous en avons vu, quant à nous, quelques exemples chez des malades soumis à notre traitement; nous nous contenterons de citer le cas d'une femme qui nous fut présentée par M. le docteur Moser. Elle se plaignait depuis plusieurs mois de douleurs très-intenses qui siégeaient dans la direction de la trompe et

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étaient devenues tellement intolérables qu'elle poussait des cris et ne pouvait plus dormir. Ces douleurs s'irradiaient du côté du pharynx et du conduit auditif, de telle sorte que notre attention fut vivement appelée de ce côté. L'examen du conduit auditif, de la membrane et de la caisse du tympan nous montra que ces organes n'étaient nullement altérés. Du côté du pbarynx, à la vue comme au toucher, on put reconnaître une tuméfaction légère, rougeâtre, douloureuse, sans aucune fluctuation apparente. Le cathétérisme était impossible et annonçait une oblitération de ce canal. Le doigt porté par la bouche, au niveau du côté interne de l'articulation du maxillaire, un peu en arrière des piliers du voile du palais, découvrait une tension œdémateuse. Les mouvements de la mâchoire n'étaient cependant pas trop gênés. On reconnut au toucher que la partie cartilagineuse de la trompe, serrée et obstruée, était le centre d'une tumeur dont le vrai caractère vague faisait craindre soit une tumeur maligne, soit une inflammation chronique développée autour d'une collection purulente.

L'événement justifia celte opinion; un jour, la membrane du tympan s'étant rompue, pendant un léger effort, il s'écoula par l'oreille une grande quantité de pus, et la malade fut aussitôt soulagée.

h" Affections ulcéreuses.

On observe assez fréquemment, au pourtour de l'orifice de la trompe, des érosions limitées, plates et légèrement papuleuses, ou même des ulcérations de la période secondaire de la syphilis, qui passent inaperçues à l'examen ordinaire de la gorge, et que, pour cette raison, M. Ch. Fournier désigne sous le nom d'ulcères larvés.

Ces lésions peuvent donner lieu à des bourdonnements continus, à des sifflements, à des douleurs plus ou moins vives et à de la surdité; c'est même là la cause la plus fréquente de la surdité qu'on observe si souvent chez les syphilitiques. Parfois aussi elles se traduisent par tous les signes de l'obstruction de la trompe.

Il n'est pas toujours facile de découvrir ces lésions; cependant on peut y arriver, même sans le secours du rhinoscope, et par l'examen seul de la gorge, en relevant fortement le voile du palais.

Ces accidents cèdent facilement au traitement antisyphililique.

Avant de terminer ce qui a trait aux affections de l'oreille moyenne, nous donnons ici la description d'une maladie, qui peut avoir pour siège soit l'oreille moyenne, soit l'oreille interne, et dont l'importance mérite un article spécial. Nous voulons parler des tubercules du rocher.

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