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cuite est réduite à la moitié du type normal. Il peut arriver que D soit plus grand queN, et dans ce cas S dépasse la limite normale. Lorsque D = N on dit que l'acuité est normale.
Si on n'a pas sous les yeux des caractères typographiques gradués tels que ceux qui sont représentés dans le livre de Follin [Leçons sur l'exploration de l'œil, p. 155), on peut se servir utilement des divers caractères typographiques d'un journal et donner à lire les plus grosses lettres à vingt pieds et le caractère le plus fin à douze pouces ou un pied et en se servant toujours de la carte percée.
L'acuité visuelle varie avec l'âge même dans les yeux normaux. Elle ne se modifie pas jusqu'à vingt-sept ans, mais elle diminue à partir de cet âge de façon à être réduite de moitié dans un âge avancé ; elle est en moyenne supérieure à l'unité de Snellen et de Giraud-Teulon jusqu'à quarante-deux ans. Sa diminution occasionnée par l'âge provient de l'altération de transparence des milieux réfringents et d'un affaiblissement de l'appareil sensoriel. Elle diminue plus rapidement dans l'œil myope que dans l'œil emmétrope. Chez les individus âgés de soixante ans, elle est généralement inférieure à 1/3 si la myopie est égale à \jk ou 1/5 (Vra3som de Haan).
Ces observations, quoique fondées, n'empêchent pas de considérer comme suffisamment exacte et rigoureuse, l'unité qui sert de base aux échelles de Snellen et de Giraud-Teulon,
Phosphènes. — On désigne sous ce nom des phénomènes lumineux que l'on produit en exerçant sur le globe de l'œil une compression à l'aide d'un corps dur. Ces phénomènes, signalés par Morgagni, étaient
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restés sans signification jusqu'aux travaux de Serre d'Uzès, qui en a tiré un si grand parti pour le diagnostic des affections rétiniennes.
En comprimant le globe de l'œil, on fait naître du côté opposé au point comprimé une image lumineuse, arrondie, ou en demi-cercle rappelant la forme du corps comprimant, et, de plus, l'image a une position inverse. Mais pour qu'il y ait phosphène, il faut que la rétine soit dans un état d'intégrité fonctionnelle parfaite. La pression déterminée au niveau du muscle droit supérieur produit le phosphène frontal, qui est le plus brillant; celle qu'on exerce au niveau du droit externe fait naître le phosphène temporal, qui vient en seconde ligne pour l'éclat; la pression au niveau du droit interne produit le phosphène nasal moins éclatant encore, et enfin la pression sur le droit inférieur produit le phosphène jug al, qui est le plus obscur.
Les phosphènes peuvent disparaître en grande partie dans des cas où la vision centrale est encore conservée, mais dans ces cas il y a conservation du petit phosphène, c'est-à-dire de la sensation subjective de lumière sur le point diamétralement opposé à la compression. Quand on parvient à produire facilement tous les phosphènes, on doit en conclure à l'intégrité de la rétine; quand un phosphène manque, on peut conclure que la rétine est atteinte dans le point même où elle est comprimée. Ces moyens d'investigation sont utiles dans les cas d'atrésie pupillaire, de cataracte, et aussi pour délimiter des décollements rétiniens; mais ici l'exploration du champ visuel et l'examen ophthalmoscopique compléteront les données fournies par l'exploration phosphénienne.
Daltonisme. — Le daltonisme ou la dyschromatopsie est une altération fonctionnelle de l'œil qui consiste à ne plus pouvoir distinguer les couleurs les unes des autres. Son nom lui vient de ce que Dalton ne distinguait pas le rouge, qu'il confondait avec le vert; c'est là du reste une forme très-fréquente.
Le daltonisme peut être congénital ou se développer dans certaines amblyopies nicotique et alcoolique, par exemple; dans le premier cas, il est incurable; dans le second, il est lie à l'affection de la rétine ou du nerf optique et se traduit d'abord par la difficulté, bientôt par l'impossibilité de distinguer les nuances secondaires; plus tard, la perception du rouge est compromise, puis abolie. Lorsqu'il n'y a que la notion du gris, on dit qu'il y a cécité des couleurs. Pour constater l'existence de ce trouble de la sensibilité rétinienne, on a recours à une échelle de couleurs consistant en de petits cartons colorés qu'on met sous les yeux du malade en lui disant de les prendre à mesure qu'on les désigne, et de les ranger selon l'ordre qu'on lui indique. Il en sera d'autant moins capable que le degré de dyschromatopsie dont il est atteint sera plus prononcé.
On ne sait pas quelle est la cause de ce trouble dans la perception des couleurs'; il est assez fréquent, surtout dans ses degrés légers. On ignore encore comment s'opèrent les impressions des ondes lumineuses; on est à cet égard réduit à des hypothèses plus ou moins plausibles, mais dont rien ne démontre la justesse.
ARTICLE IV
Elles sont peu nombreuses; ce sont des lésions traumatiques, des tumeurs et des vices de conformation.