MALADIES DU CORPS VITRÉ
Les affections qu'on observe dans le corps vitré sont Y inflammation et la suppuration, le ramollissement, les hémorrhagies, les opacités et le synchisis étincelant.
Inflammation, suppuration.
Autrefois, on considérait le corps vitré comme une masse gélatineuse, ne pouvant devenir le siège d'aucune inflammation. Mais les histologistes ont fait justice de cette erreur et ont démontré que le corps vitré est un véritable tissu vivant et susceptible de s'enflammer.
Cette inflammation, à laquelle on donne le nom d'hyalitis, s'observe principalement à la suite d'un traumatisme ou de la pénétration d'un corps étranger dans le corps vitré. Donders, à l'aide d'expériences sur les animaux, a parfaitement étudié les altérations auxquelles donne lieu la présence d'un corps étranger dans le corps vitré. Il traverse l'œil d'un lapin par un fil en caoutchouc qu'il coupe ensuite au ras de la sclérotique ; ce fil, par son élasticité, se raccourcit et finit par former un petit noyau qui reste dans l'épaisseur même du corps vitré. Après quelques heures, on voit, à l'ophthalmoscope, les parties qui
entourent le corps étranger se troubler, s'opacifier, puis devenir membraneuses et envelopper ce corps au point de le dérober complètement à la vue de l'observateur. Quelquefois il se forme des hémorrhagies (voy. Hémorrhagies), ou bien l'opacité finit par envahir le corps vitré dans sa totalité (voy. Opacités) ; plus rarement, enfin, l'inflammation se termine par suppuration.
Quoi qu'il en soit, cette dernière est le plus souvent primitive et succède à un traumatisme, à une opération de cataracte, à une choroïdite purulente ou bien survient dans le cours d'une maladie générale, telle que la fièvre typhoïde, la méningite, l'infection purulente. Mais cette suppuration demeure rarement limitée au corps vitré ; le plus fréquemment elle* se propage aux autres parties de l'œil (voy. Phlegmon de F œil).
Ramollissement du corps vitré.
Le corps vitré, qui est généralement d'une densité assez considérable, peut se ramollir et même se liquéfier complètement. Quelques auteurs donnent à cette affection le nom de synchisis simple; d'autres l'appellent plus simplement ramollissement ou liquéfaction du corps vitré.
Elle succède le plus souvent à une affection de la choroïde, à une choroïdite généralisée, aune retino-choroïdite, à une lésion primitive du corps vitré, à une hydrophthalmie. Elle coïncide parfois avec une luxation congénitale du cristallin, un coloboma ou d'autres vices de conformation. On l'observe souvent chez les hydrocéphales. Enfin, elle paraît se produire plus facilement chez les myopes.
La liquéfaction de l'humeur vitrée donne lieu à un tremblement oscillatoire particulier de l'iris ; en fixant un point quelconque de la périphérie de l'iris pendant que l'on fait mouvoir le globe de l'œil dans tous les sens, on voit comme une onde d'humeur aqueuse qui vient frapper la face antérieure de cette membrane. Quelquefois le cristallin lui-même devient tremblottant. Au toucher, la consistance du globe oculaire paraît ramollie, souvent elle demeure normale, parfois même elle est augmentée. Dans certains cas, le corps vitré conserve sa transparence, et son ramollissement n'entraîne aucun trouble de la vue. D'autres fois, il est en même temps le siège de flocons ou de mouches volantes ; on observe alors, à l'ophthalmoscope, les altérations dont nous parlerons plus loin (voy. Opacités du corps vitré).
Le ramollissement du corps vitré n'est d'aucune gravité et n'exige aucun traitement particulier.