‹ Éléments de pathologie chirurgicale (volume 2)Chapitre 66 sur 118 · RÉFRACTION ET ACCOMMODATION DE L'(EIL. A · texte numérisé non relu

RÉFRACTION ET ACCOMMODATION DE L'(EIL. A

l'habitude de désigner cet état pathologique , que nous avons déjà décrit plus haut [voy. page 318).

Cette scléro-choroïdite postérieure est la conséquence d'un affaiblissement des membranes intra-oculaires , lequel, se transmettant par l'hérédité, assure la transmission de la myopie des ascendants aux descendants avec d'autant plus de certitude et des degrés d'autant plus élevés que les ascendants eux-mêmes représenteront ce principe héréditaire accumulé. C'est à partir delà naissance qu'on voit apparaître et se développer cette affection.

Les causes fonctionnelles capables de donner naissance à la myopie ou de l'exagérer, sont : l'application à des travaux fins avec un faible éclairage, la position inclinée de la tête, facilitant les congestions choroïdienneset augmentant la pression intra-oculaire, les efforts d'accommodation avec la convergence exagérée des axes optiques; ces causes, jointes à la faiblesse congénitale de la sclérotique et à l'absence de muscles pour la doubler au niveau du pôle postérieur, favorisent la production de la sclérectasie et engendrent ou font progresser la myopie.

L'astigmatisme, les opacités cornéennes et cristalliniennes partielles favorisent aussi dans le jeune âge, par les efforts d'accommodation qu'ils rendent nécessaires, la production du staphylôme postérieur et sont, par conséquent, aulant de causes prédisposantes de la myopie.

Les symptômes de la myopie sont les suivants : le globe de l'œil est plus proéminent qu'à l'état normal, les mouvements de latéralité en dehors sont gênés, la pupille est généralement dilatée et peu mobile. De plus, comme les myopes ont une vue courte, ils ne paraissent pas regarder ce qui n'est pas à la portée de leur vue ; aussi le regard perd-il de sa vivacité et prend-il un aspect d'hébétude; la dilatation de la pupille leur fait rechercher le demi-jour, et, comme la rétine est chez eux plus éloignée du centre optique que chez l'emmétrope, il s'ensuit qu'ils reçoivent des images plus grandes pour des angles égaux; aussi voient-ils mieux les détails des petits objets que les emmétropes et continuent-ils à pouvoir lire, alors que des individus doués d'une très-bonne vue ne se sentent plus suffisamment éclairés.

Chez le myope, la force d'accommodation est normale; mais son parcours est d'autant plus restreint que la myopie est plus forte, c'està-dire que le point R est plus rapproché de l'œil.

Mais, outre les symptômes que nous venons d'énumérer, il est un signe caractéristique qui permet de reconnaître facilement la myopie : c'est que les myopes, qui peuvent lire certains caractères à une distance donnée, huit pouces par exemple, ne peuvent pas lire à la dislance double des caractères d'une dimension double; cela suffit pour déterminer

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UZk AFFECTIONS DE L'APPAREIL DE LA VISION.

l'existence de la myopie. On fera donc lire les caractères de Giraud-

Teulon ou de Snellen et on éloignera le livre jusqu'au point où la

vision devenant confuse, la lecture de ces mêmes caractères est

rendue impossible. On mesure la distance à laquelle se trouve ce

point et on a ainsi le point éloigné R. Supposons qu'il soit situé à

1 1 8 pouces. M = - = -; cela veut dire que cet œil a un pouvoir réfnn- R 8

gent tel que des rayons venus de plus loin que 8 pouces ne font plus

sur Ja rétine une image nette, et plus ils viendront de loin, plus ils

se réuniront en un point éloigné de la rétine qu'ils n'éclaireront que

par des cercles de diffusion. Un verre biconcave du n° 8 ou un verre — 8

donnera donc aux rayons parallèles la même direction que si ces rayons

venaient de 8 pouces au devant de l'œil ; par conséquent, avec de

pareils verres, le myope pourra lire à distance, et c'est en effet ce qui

a lieu, comme nous le verrons en parlant du traitement.

A défaut de verres, l'ophthalmoscope est un moyen précieux et rapide de déterminer l'existence de la myopie.

Le chirurgien pratique l'examen du fond de l'œil à l'image droite, comme nous l'avons vu (page 125. On suppose connue la réfraction de l'observateur, et dès lors le verre correcteur que celui-ci est obligé d'interposer entre son propre œil et le trou du miroir à faible éclairage donne le degré de myopie de l'observé; supposons, par exemple, que le verre biconcave n° 7 soit celui qui permette de voir le plus nettement le fond de l'œil de l'observé, on pourra déduire que

la M = -, attendu qu'il faut ajouter un pouce pour la distance qui

sépare l'œil de l'observateur de l'œil de l'observé.

Cet examen à l'image droite donne des résultats tout à fait précis lorsque la pupille est suffisamment dilatée. Mais dans bien des cas elle est contractée et rend très-difficile l'emploi de ce procédé; on devra recourir alors à l'examen à l'image renversée, et ici encore on peut facilement reconnaître l'existence de la myopie. On verra en effet, à une distance qui varie suivant le degré de la myopie, se produire, sans interposition de lentille biconvexe, l'image renversée du fond de l'œil. Cette image se faisant, par exemple, à 8 pouces, l'observateur ne la verra qu'à la condition de se tenir à plus de 8 pouces de l'observé et à une distance qui varie avec sa propre réfraction.

Il va sans dire que cette image renversée du fond de l'œil ne pourra être observée que dans des cas de myopie assez forte, puisqu'elle se produit toujours au niveau du point R. Mais chez tous les myopes on reconnaît la myopie à la direction que prend l'image dans les déplacements qu'exécute l'observateur. Ainsi, quand l'observateur se porte à droite, elle se porte à gauche, et réciproquement. Cette détermina-

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