TORTICOLIS. <S:!I
précaution pour ne pas blesser les vaisseaux sous-jacents, une sonde cannelée sur laquelle était conduit le bistouri. Cette section doit se faire à 3 centimètres des attaches inférieures du muscle, pour que le muscle soit moins large et les vaisseaux éloignés de l'instrument.
D'autres préfèrent la méthode sous-cutanée. Dupuylren est le premier qui, en 1829, ait pratiqué, par cette méthode, la section du muscle sterno-cléido-mastoïdien. Voici comment il procéda : Il fit tout près du bord interne et de l'attache inférieure du muscle une ponction à la peau à travers laquelle il introduisit sur la face postérieure du muscle, et à plat, un bistouri boutonné dont il conduisit l'extrémité jusqu'au delà du bord externe du faisceau cléido-mastoïdien ; puis tournant le tranchant de l'instrument vers le muscle, il le sectionna d'arrière en avant sans couper la peau.
Ce procédé a été, depuis, modifié et perfectionné par Stromeyer, Dieffenbach, Bouvier et J. Guérin.
La ténotomie porte le plus souvent sur le faisceau sternal, plus rarement sur le faisceau claviculaire. Voici comment .1. Guérin pratique la section du faisceau sternal :
Le malade est couché, la tête maintenue par un aide dans une direction opposée à celle de la déviation, de manière à faire saillir sous la peau le tendon du sterno-mastoïdien. L'opérateur fait à la peau, sur le bord externe du muscle, à quinze ou dix-huit millimètres du sternum, un pli parallèle à la direction des fibres musculaires, introduit à la base de ce pli un ténotome légèrement concave sur le tranchant, glisse l'instrumenta plat, entre la peau et la face antérieure du muscle, puis abandonnant le pli cutané, dirige en arrière le tranchant du ténotome perpendiculairement au muscle et le coupe par un mouvement de scie. Un défaut de résistance indique que le tendon est coupé.
On peut aussi pratiquer la section du muscle, de sa face profonde vers sa face cutanée, en introduisant le ténotome de la même façon, mais en ayant soin de placer le médius au côté interne afin de refouler la peau au-dessous du muscle rétracté, de protéger les parties profondes et de guider l'extrémité du ténotome. Lorsque celle-ci est arrivée au bord interne du muscle, on tourne le tranchant en avant et l'on sectionne.
Pour couper la portionfclaviculaire, on la tend fortement et Ton pénètre par une piqûre faite à son bord postérieur.
Lorsque l'opération est terminée, on ferme avec soin la petite plaie et on immobilise la tête à l'aide d'un bonnet sur lequel est fixée une bande passant sous l'aisselle du côté opposé. Trois ou quatre jours après, s'il reste un peu de déviation, on achève le redressement à l'aide
de colliers formés de deux pièces mobiles dont Tune prend son point d'appui sur les épaules, l'autre sur la base de la mâchoire et l'occiput (fig. 180), et séparées l'une de l'autre à l'aide d'une vis mue par une
Fig. 180. — Colliers pour le torticolis.
clef, ou de minerves composées de deux parties, l'une cervicale et céphalique permettant, à l'aide de vis, d'imprimer des mouvements gradués à la tête, l'autre thoracique et pelvienne servant de point d'appui (fig. 181).
Fig. 181. — Minerve.
La durée de l'application de ces appareils est subordonnée à l'âge du sujet et à la tendance aux déformations consécutives du squeletle cervical.
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Si la déviation était produite par le peaucier seulement, on pourrait, à l'exemple de Cooch, le diviser par sections successives dans toute sa largeur.
Stromcyer, dans un cas, a élé obligé de sectionner la portion antérieure du trapèze.
C. Morgan, dans un cas de torticolis invétéré et qui n'avait été amélioré que temporairement par la seetion du slcrno-cléido-mastoïdien, a pratiqué avec succès la résection d'un centimètre de la branche externe du nerf spinal.
Nous n'avons rien à dire du traitement des torticolis osseux et articulaire qui a été indiqué à propos des affections dont ils dépendeul.