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LÉSIONS TRAUMATIQUES DU LARYNX ET DE LA TRACHÉE

roir cherche à apercevoir la cavité laryngienne. Il faut une grande habileté pour arriver à des résultats satisfaisants. Par ce procédé, M. le docteur Fauvel a pu examiner le larynx de beaucoup d'enfants, entre autres celui d'un petit malade qui n'avait pas plus de sept mois.

ARTICLE II

LÉSIONS TRAUMATIQUES DU LARYNX ET DE LA TliACIIÉE.

Dans le chapitre qui traite des plaies du cou, nous avons vu les plaies du larynx et de la trachée; nous n'y reviendrons pas. 11 nous reste a étudier : 1" les contusions; 2° les fractures; 3° les brûlures de ces organes.

Contusions.

Les contusions du larynx et de la trachée peuvent être produites par les traumatismes les plus divers : chutes sur la région cervicale, coups portés à l'aide du poing, d'instruments variés, etc. Elles s'accompagnent d'une ecchymose, d'un gonflement plus ou moins étendus. Les symptômes fonctionnels consistent en une douleur s'exagérant par la pression et dans les mouvements de déglutition. Au dire de quelques auteurs, on a pu voir survenir un spasme de la glotte et la mort subite dans un accès de suffocation. Il est plus probable qu'il s'agissait alors de fractures que l'on avait méconnues.

SVactures du larynx el de la trachée.

Dans un article précédent (vol. II, p. 272) nous avons traité rapidement des fractures du larynx. Les travauxrécents parus sur cette question nous obligent à y revenir en quelques lignes.

L'histoire de ces fractures appartient à la chirurgie contemporaine. Malgaigne dans son Traité des fractures en fait une mention spéciale; il les dislingue même en fractures par cause directe et fractures par pendaison; mais il faut en venir à la thèse de Cavasse (Paris, 1851») pour trouver une monographie assez complète sur la question. Fredct en 1868 {thèse de Paris), Hénocque {Gazette hebdomadaire, 1868), Mussat {thèse de Paris, 1872), Ghailloux (1874), sont les auteurs qui, en France, se sont surtout occupés des fractures du larynx. En Angleterre, Durham {System of surgery de Holmes) a rassemblé une statistique de soixante-deux cas; celle de Fischer, en Allemagne (Arch. de Pitha et Billroth), est plus nombreuse encore, elle portesur soixante et onze cas. On lira également dans le travail de Hueler {Trachéotomie uiid

NÉLATON. — l'ATH, CHIR.

Laryngotomie. — Arch. Pitha et Billroth, 1872) des détails très-intéressants relatifs au traitement de ces fractures.

Étiologie. — Les violences qui produisent les fractures du larynx consistent tantôt dans un choc qui aplatit le larynx contre la colonne vertébrale, tantôt dans une pression qui rapproche l'une de l'autre les parties latérales des cartilages comme, par exemple, dans l'action de chercher à étrangler un individu. Dans la strangulation ou la pendaison judiciaire, il faut rapporter la fracture soit à un écrasement latéral, soit à un aplatissement antéro-postérieur, plus souvent à ce dernier. Marjolin croyait que l'ossification était une condition indispensable pour la production de la fracture. Le contraire est facile à démontrer. Hunt {American journal of médical science) a constaté sur vingt-sept cas, six fractures chez des enfants.

Les fractures de la trachée tantôt sont isolées, tantôt accompagnent les fractures du larynx. Les violences qui les produisent sont des coups tendant à aplatir le conduit contre la colonne vertébrale. Un autre mécanisme est celui de l'arrachement qui est produit dans une violente extension du cou.

Anatomie pathologique. — Les fractures du larynx intéressent ou le cartilage thyroïde, ou le cartilage cricoïde. Pour le premier, la fracture siège généralement au point de réunion de la partie centrale et d'une des faces latérales, mais on peut avoir des fractures plus ou moins régulières siégeant en un point quelconque du cartilage. Les cornes du thyroïde sont parfois brisées, probablement dans un choc contre la colonne vertébrale. Quand la lésion existe sur la cricoïde, c'est le plus souvent dans son segment antérieur.

La fracture peut être unique, double, compliquée d'enfoncement; tantôt elle est simple, tantôt le foyer communique avec l'extérieur ou la cavité du larynx.

Les lésions concomitantes consistent en épancheraient sanguin dans le tissu cellulaire voisin, œdème s'étendant quelquefois depuis les cordes vocales inférieures jusqu'aux replis aryténo-épiglottiques, déchirures delà muqueuse par la saillie des fragments.

Les fractures de la trachée sont ou des ruptures transversales d'un ou plusieurs anneaux, ou une division totaie de l'organe avec écartement des deux bouts.

Symptomatologie. — Le signe le plus important des fractures du larynx est la déformation de la région antérieure du cou, perceptible par la vue et par le toucher. Elle est due à la saillie ou àl'enfoncement des cartilages. Le gonflement des parties molles empêche parfois de reconnaître distinctement l'état du larynx, il est dû à un épanchement sanguin, à l'emphysème qui peut être précoce et s'étendre à la totalité du cou, des membres supérieurs et du thorax. Il faudra recher-

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