LÉSIONS TRAUMATIQUES DU LARYNX ET DR LA TRACHÉE
Au bout de quelques heures la respiration s'affecte; puis survient une période de calme, mais elle est de pou de durée. Les accidents du côté des voies respiratoires s'accentuent alors rapidement; la dyspnée est intense et s'accompagne de tirage ; par intervalles surviennent de véritables accès spasmodiques comme dans le croup.
Si l'affection suit son cours, on voit apparaître des vomissements; la face devient livide et se couvre de sueur; les lèvres sont cyanosées, les extrémités froides, et l'enfant meurt dans le collapsus.
Dans quelques cas, au bout de deux ou trois jours, sans intervention chirurgicale, les phénomènes de dyspnée disparaissent et l'enfant guérit.
A l'autopsie des sujets morts à la suite de ces brûlures, on trouve la langue gonflée, vésiquée, couverte de plaques blanchâtres, l'œsophage intact, l'épiglotte épaissie, les cordes vocales et les replis aryléno-épiglottiques envahis par de l'œdème. Parfois la lésion a dépassé les cordes vocales inférieures ; la trachée, recouverte d'une membrane analogue à celle du croup, est remplie d'un mucus visqueux; les poumons sont congestionnés ou hépatisés.
Traitement. — Les auteurs anglais recommandent les moyens antiphlogistiques au début: sangsues, vésicatoires ; à l'intérieur, le calomel, l'aconit, le vin d'antimoine. Ces moyens sont insuffisants. Souvent il faudra recourir au traitement chirurgical. Les scarifications de l'épiglotte n'ont que peu d'effet ou un effet momentané, et il faudra pratiquer la trachéotomie. Cette opération ne donne pas dans ce cas de magnifiques résultats : sur vingt-huit cas mentionnés par Dnrham, cinq fois seulement la guérison a été, obtenue.
Les brûlures par les caustiques, acide concentré, potasse, etc., déterminent à peu près les mêmes accidents. Le mécanisme de leur introduction est celui que nous avons décrit tout à l'heure, à propos des liquides bouillants. Toutefois ce spasme des muscles pharyngiens ne se montre guère que si la substance a été avalée par mégarde. Les personnes qui avalent des caustiques dans l'intention de se donner la mort n'ont point de ces mouvements convulsifs, et le liquide, après s'être trouvé seulement en contact avec l'épiglotte et les replis ary ténoépiglottiques, pénètre dans l'œsophage et l'estomac. Dans ces cas, rien n'en indique au début le passage à travers la bouche, le pharynx et l'œsophage. Si le caustique a pénétré dans le larynx, on voit survenir rapidement des phénomènes analogues à ceux décrits tout à l'heure : vomissements, algidité périphérique, dyspnée, tirage, accès de suffocation. La trachéotomie est alors indiquée.
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