ULCÉRATIONS DU COL DE L'UTÉRUS
Tattention sur l'importance clinique de la lacération du col, dont il fit une entité morbide distincte, la classa comme un des principaux facteurs des affections utérines, et imagina le procédé opératoire destiné à guérir cette lésion (publié seulement en 1869), et qui porte aujourd'hui son nom. — Depuis celte époque elle a été répétée, et souvent avec succès, par un bon nombre de chirurgiens : à l'étranger, par Baer, Dudiey, Baker, Bennet, Gaillard Thomas ; en France, par Courty, Tarnier, ïrélat, Peyrot, Marchand. On consultera avec fruit, à ce sujet, pour les indications et le manuel opératoire, les travaux de Page (1), de Baer (2), de Berry Hart et Barbour (3), de L. Jacquelot (thèse citée).
Manuel opératoire. — JJopération d'Emmet, ou trachélorrhaphie, consiste dans l'avivement des bords d'une déchirure plus ou moins ancienne du col utérin et dans leur rapprochement à l'aide de sutures. Eminet insiste beaucoup sur le traitement préparatoire (injections d'eau chaude pendant les quelques jours qui précèdent l'opération (4), application de vésicatoires, s'il y a des phénomènes de cellulite, scarifications sur le col, badigeonnages avec la teinture d'iode ou le glycérol6 au tannin).
Les instruments nécessaires sont les suivants : irrigateur, spéculum de Siras, anneau de caoutchouc, pince de Museux, pinces hémostatiques, lénaculum, longs bistouris et longs ciseaux, aiguilles, porteaiguille, aiguille de Reverdin courbe, pince à torsion, flls d'argent moyens et crins de Florence.
La position à donner est celle de l'examen au spéculum. En France, l'anesthésie n'a jamais été employée. .
Certains chirurgiens placent un anneau de caoutchouc sur le col, de façon qu'il comprime la base : on peut ainsi prévenir tout écoulement sanguin. — Il est presque toujours indispensable, à l'aide d'une pince Museux, d'attirer le col au ras de la vulve pour faciliter la pratique de l'opération. Les Américains traversent les deux lèvres du col avec un fil qui sert à maintenir l'utérus sans gêner : c'est là \e premier temps ou temps de fixation du col.
(1) M. Fage, Etudes sur l'opération d'Emmet, thèse inaug. Paris, 1881, n" 1. — Des indications et contre-indications de Vopération d'Emmet pour la déchirure du col, in New-York Medic. Journal, septembre 1881.
(2) Baer, Analyse de "11 opérations pour restaurer les déchirures du col, leurs effets sur la stérilité et la parturition, in Observ. Soc. of Philadelph., Med. News, 2i février 1883.
(3) Berry Hart et Barbour (d'Edimbourg), in Manuel de gynécologie : Delà lacération du col. Maclaclilan et Stewart, édit. Edinburgli, 1882, et Annales de gynécologie, t. XIX, p. 187, mars 1883 itrad. de Paul Rodet).
(4) Courty (de Montpellier), Nouveau moyen d'hémostasie préventive pour les opéralions pratiquées sur l'appareil génital de la femme [injections d'eau chaude), in Ann. de yijnécol , mai 1880, t. XIII, p. 321.
Le deuxième temps est Vavivemeni. Lavage à l'eau phéniquée. A l'aide d'un bistouri ou plutôt de ciseaux, on avive, si la lacération est bilatérale, chacun des bords de la fissure, en enlevant tout le tissu cicatriciel jusqu'à l'angle de la déchirure; avec des ciseaux courbes on excise soigneusement le tissu compris dans l'angle.
Le troisième temps consiste dans V application des sutures (iils d'argent ou crins de Florence). — Emploi de l'aiguiile de Reverdin, courbe; les fils doivent avoir au moins 20 centimètres de long, car leurs extrémités doivent sortir par la vulve. — On traverse les deux lèvres de la déchirure le plus près possible du bord interne des surfaces avivées, et l'on commence à appliquer ces sutures par la partie supérieure de la plaie: on ne tord un fil que lorsque le deuxième est passé; quelquefois on ne les tord, à l'aide d'une pince à torsion, que quand ils sont tous passés; généralement quatre ou cinq fils suffisent. Ils sont retirés du huitième au dixième jour, de haut en bas, et en s'aidant d'un crochet courbe et de pinces. — Ce n'est pas immédiatement, mais bien au bout de quelques mois, que le col reprend sa forme et ses dimensions normales.