‹ Éléments de pathologie chirurgicale (volume 3)Chapitre 114 sur 170 · I. — Plaies et contusions du vagin · texte numérisé non relu

I. — Plaies et contusions du vagin

Les plaies et contusions du vagin sont en général consécutives à l'accouchement, et leur histoire rentre, en grande partie, dans celle des fistules vésico' et uréthro-vaginales; cependant on peut les observer en dehors de cet acte physiologique : ces plaies sont alors le plus souvent superficielles, c'est-à-dire hmitées à une partie seulement des cloisons vésico-vaginale ou recto-vaginale.

Budin, dans son mémoire, a montré, avec des dessins à l'appui, les diverses et nombreuses manières dont l'hymen se trouve déchiré par le premier rapprochement sexuel.

Les solutions de continuité du vagin sont rares : quand elles n'in-

(1) A. Bérard, Dict. de méd. en 30 vol., t. XXX, p. 453.

(2) Scanzoni, op. cit., p. 418.

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téressent qu'une faible épaisseur des parois du conduit, elles passent inaperçues, car elles ne déterminent guère d'accidents : cependant une artère de médiocre volume peut être coupée et donner lieu à une hémorrhagie, comme dans le cas de Vanhaesendonck (de Stennbergen) (1) et un autre observé par moi. — J'ai eu à soigner une jeune femme dans le vagin de laquelle la pomme cVarrosoir de verre de Vextrémité d'un clysopompe s'était brisée au moment où elle se faisait une injection : il existait une plaie de 3 centimètres, d'où fut extrait un morceau de verre et qui avait donné lieu à une véritable hémorrhagie, par suite de la lésion d'une artère assez grosse : la guérison survint sans accident.

Fleury (de Glermont) (2) cite le cas d'une femme de quarante ans qui, en descendant d'un char rempli de gerbes de blé, tomba à cheval sur une tige de bois qui., pénétrant dans la paroi antérieure du vagin, entra dans la vessie. La guérison de la fistule eut lieu spontanément. Nous avons été témoin d'un empalement de ce genre qui fut suivi de mort.

Les pessaires, comme nous allons le voir, produisent par leur présence longtemps prolongée un véritable traumatisme, chronique pour ainsi dire, qui se termine parfois par perforation d'une ou des deux parois vaginales. Notta a observé une femme chez laquelle, à la suite d'un effort brusque, le pessaire de Schenk qu'elle portait eut une des ailes engagée dans la vessie.

IL — Corps étrangers du vagin.

Ils sont fort nombreux et leur nature extrêmement variée (Poulet) (3) : — les uns sont d'un petit volume, piquants (épingles, aiguilles), et restent fixés dans le conduit par leur exlrémité aiguë qui s'implante dans les parois; les autres sont volumineux, mousses et arrondis (bobines, étuis à aiguilles, bout de seringue, verre à boire, petit pot (Dupuytren), tabatière (Serre) (4), bouchon de bouteille d'étain (Goster), et restent dans le canal par le fait de la pression quei les parois distendues exercent sur le corps étranger lui-même.

Que ces corps aient été introduits dans un " but thérapeutique, comme les pessaires, la laminaire, les morceaux d'épongé préparée, etc., ou qu'ils aient été portés dans le canal par les femmes

(1) GeneskuncUge Courant, 1835, n° 36.

(2) Fleury, de Glermont, in Bull, de la Soc. de chir., 7 oct. 1877.

(3) Poulet, Traité des corps étrangers en chirurgie. Paris, 1879.

(4) Serre, in Gaz. hebdom. de Montpellier, août 1879.

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