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AFFECTIONS DE LA VULVE, — TRAUMATISME

nière a été déjà décrite quand nous avons traité de l'imperforation du vagin.

Elle est complète, c'est-à-dire qu'on ne trouve aucune trace des parties génitales, ou bien incomplète par le fait du développement considérable de la partie inférieure des grandes lèvres, qui forment au devant du vagin une espèce de valvule susceptible de mettre obstacle à l'écoulement menstruel; à un degré moindre, elle gène parfois les rapprochements sexuels. — Lorsque cette valvule est peu saillante, elle passe inaperçue, mais elle peut entraver la dernière phase du travail de l'accouchement. Il est alors indiqué de l'inciser, afin de faciliter la sortie du fœtus.

ÎL° Les petites lèvres, chez certaines femmes, sont le siège àliypertrophks considérables. Elles font alors une saillie qui dépasse les grandes lèvres, et pendent même entre les cuisses comme des oreilles de chien. — Cet état, qui est normal chez les femmes de certaines contrées de l'Afrique (tablier des Hottentotes), ofTre des inconvénients. Irritées par le frottement, elles gênent la marche, et peuvent être le siège d'inflammation et d'excoriation rebelles ; aussi est-il indiqué parfois de les exciser.

3° Signalons enfin l'excès de développement du clitoris, organe qui acquiert quelquefois les dimensions d'un pénis. — La clitoridectomie, que Baker Brown avait appliquée d'une façon blâmable à une série de troubles nerveux, ne doit être tout au plus appliquée que dans les cas de gêne considérable, de douleurs très vives déterminés par une hyperplasie éléphant iaf^ique et réellement pathologique de cet organe. Le thermo-cautère pourra être alors utilisé. — G. Engelmann (i) a cherché, dans ces derniers temps, à remettre cette opération en vigueur : il est convaincu que lorsque nous connaîtrons mieux la nature des névroses et des différentes douleurs d'origine réflexe, l'opération de Baker Brown, si longtemps délaissée, trouvera des indications très nettes, quoique en même temps très limitées.

§ II. — Affections traumatiques de la vulve.

1° Plaies de la vulve.

A la suite d'un accouchement trop rapide, surtout chez les primipares, il n'est pas rare d'observer une déchirure de la fourchette. -Cette lésion n'est sérieuse que lorsqu'elle s'étend au périnée et dé~

(1) G. Engelmann, De la clitoridectomie, in the American Practitioner, janv. 1882. Traduit par P. Rodet, in Annales de gijnécob., mars 188o, t. XIX, p. 201.

truit une plus ou moins grande hauteur de la cloison recto-vaginale {rupture du périnée). — Nous dirons toutefois qu'on doit se mettre en garde contre les lésions traumatiques des veines variqueuses de la vulve (particulièrement chez les femmes enceinte-^), et surtout de celles du clitoris. Dans ce dernier cas, l'hémorrhagie est parfois si considérable et tellement continue, que si l'on n'intervient pas, il peut en résulter des accidents fort sérieux, même la mort.

Gutteridge (1) cite l'exemple d'une femme qui reçut de son mari un coup de pied au moment oii elle était baissée. En trois quarts d'heure elle avait perdu trois ou quatre livres de sang, et elle expira au bout de quelques minutes : à ïautopsie, on trouva la racine gauche du clitoris rompue.

Dans la Gazette médicale de 1861 on relate aussi l'observation d'une femme enceinte qui périt au bout de cinq quarts d'heure à la suite d'une lésion traumatique d'une des grandes lèvres.

Enfin, la Gazette des hôpitaux de 1862 publie un cas, dû à Roche (de Pont-sur-Yonne), dans lequel une dame de soixante-neuf ans, tombée sur une jarre de grès à bords très épais, eut une hémorrhagie traumatique grave, suite de déchirure d'une veine variqueuse du clitoris. On consultera à cet égard la thèse de Romain (2).

Montfort (3) admet six classes de déchirures de la vulve, suivant qu'elles comprennent la commissure antérieure, l'urèthre. les grandes lèvres, les petites lèvres, la fourchette et l'hymen, qui, on le sait, a pu même quelquefois persister malgré la grossesse.

2° Contusions^ thrombus ou hématomes de la vulve.

Le thrombus de la vulve est un épanchement sanguin qui se fait dans l'épaisseur des grandes et des petites lèvres; et qui peut se propager au vagin, au périnée, même au mont de Vénus (Velpeau).

Parmi les travaux publiés sur ce sujet, nous signalerons les mémoires de Boër (4) et de Deneux (5), la thèse d'Audibert (1812), le

(1) Gutteridge, in Gaz. des hôpit., 184.7.

(2) Romain, Des contusions et plaies contuses de la vulve : indications qu'elles présentent, thèse inaug. Paris, 1872.

(3) Montfort, Déchirures de la vulve et du périnée pendant l'accouchement, thèse. Paris, 1869.

(4.) Boër, Maturali medicince obstetricœ libri septem. Vienne, 1812. (5) Deneux, Mémoire sur les tumeurs sanguines de la vulve et du vagin, in-8°. Paris,

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