III. — Vulvite glandulaire
L'inflammation et les abcès de Vappareil glandulaire de la vulve se présentent sous deux formes, suivant que la maladie affecte les follicules isolés, ou la glande vulvo-vaginale, dite de Bartholin. Ces deux espèces
(1) D. Surjus, thèse de Lyon, 28 juin 1882.
(2) Gosselin, Clinique chirurgicale de l'hôpital de la Charité : Abcès de la granile lèvre, t. II, p. 463. Paris, 1873; 2° édit, 1876.
d'inflammation ont été bien étudiées par Hiiguier dans son mémoire (I), par Martin et Léger (2) et par A. Guérin.
A. — Vulvite folliculaire.
Symptomatologie. — La folliculite vulvaire, qui est l'inflammation des follicules isolés, est caractérisée par la succession de petites inflammations se manifestant dans autant d'organes séparés; de sorte que les trois périodes propres à chaque inflammation isolée indiquent moins les changements qui se manifestent dans l'organe tout entier que ceux qui s'opèrent dans chaque follicule.
Elle est divisée par Hugiiier en trois périodes :
1° \J éruption, 2° la suppuration^ 3° la dessiccation.
V Éruption. — La sécrétion des follicules est plus abondante, la vulve est légèrement tuméfiée, et elle offre une teinte rosée. Bientôt on voit paraître, sur la face externe des grandes lèvres {vulvite sébacée), sur les petites lèvres, de petites saillies bien appréciables au toucher, dont le volume varie depuis celui de la tête d'une épingle jusqu'à celui d'un petit pois, assez fermes et assez profondes, qui au bout d'un certain temps deviennent d'un rouge vif et finissent par être confluentes. La peau est saine entre chacun de ces points enflammés. Les nymphes ont perdu leur souplesse. L'éruption peut s'étendre au mont de Vénus, à la partie interne des fesses, au pli génito-crural, oii elle est bien moins confluente que sur la zone génitale (3).
Les malades accusent du prurit, de la cuisson; mais la douleur ne se montre guère que quand les malades se sont grattées ou que les parties génitales ont été soumises à des frottements rudes et réitérés; la traction des poils est douloureuse si la maladie a envahi les follicules pileux.
La durée de cette période est très variable; mais il est à remarquer que tous les follicules ne devenant pas malades en même temps, ceux qui ont été envahis les premiers sont déjà arrivés à leur période de suppuration, et même de dessiccation, alors que la maladie commence seulement pour d'autres follicules.
2" Suppuration. — Au bout d'un certain temps les parois du follicule
(1) Huguier, Maladies des appareils sécréteurs des organes génitaux de la femme, in Mém. de l'Acad. de méd., 1850, t. XV, n» 527.
("2) Martin et Léger, Recherches sur l'anatomie et la pathologie des appareils sécréteurs des organes génitaux de la femme, in Arch. gén. de médecine, 1862, t. XIX, p. 174.
(3) Ricordi, De la folliculite vulvaire, in Ann. de dermatologie, 1870, p. 208.
enflammé suppurent; les petits boutons deviennent plus saillants et plus volumineux, ils l'ougissent principalementàleur base, et la routeur s'étend. A mesure que la pustule devient plus saillante, son sommet pâlit, et l'on aperçoit la matière purulente qu'elle renferme. Bientôt la petite tumeur se rompt spontanément ou déchirée par le frottement et par les ongles des malades.
A cette période, les cuissons, la douleur augmentent d'intensité. — Ou bien les pustules ouvertes au niveau des points qui sont constamment secs se couvrent d'une croiite jaunâtre, au-dessous de laquelle on trouve le goulot du follicule dilaté et ulcéré; — ou bien elles se vident de leur contenu, et laissent apercevoir de nombreux petits orilices qui permettent l'introduction d'un stylet jusqu'au centre du follicule. Quelquefois tout le goulot s'ulcère, se détruit, et le fond du follicule se trouve sur un plan plus élevé que les bords de l'orifice.
Souvent un certain nombre de follicules n'arrivent pas jusqu'à cette période, le pus se résorbe, et il reste un noyau induré qui persiste fort longtemps.
Chez certaines femmes et surtout celles qui sont enceintes, qui prennent peu de soin de leur personne et qu' font de longues m irches, la vulve se présente dans un état vraiment repoussant; toutes les parties sont rouges, tuméfiées, agglutinées les unes aux autres, recouvertes d'un liquide épais, gluant, constitué par la sueur, le pus et le sébum.
3" Dessiccation. — Après un temps variable, on voit les symptômes s'amender, la sécrétion morbide devenir moins abondante, la muqueuse et la peau pâlir, les ulcérations se cicatriser; puis tout rentre peu ù peu dans l'état normal. — A. Guérin a donné le nom de vulvite mucipare à cette forme localisée à la muqueuse entourant l'orifice des glandes à mucus (follicules mucipares d'Huguier), qui, au nombre de 12 ai 5, sont situées à la face interne des petites lèvres, sur les parties latérales et autour du méat, oii elles s'ouvrent par de larges orifices ou lacunes : sa description rentre du reste dans celle que nous venons de tracer.
Étiologie. — Cette alfection s'observe principalement pendant les chaleurs de l'été; elle est plus fréquente chez les personnes brunes k système pileux très développé, chez les femmes rousses et lymphatiques. Elle se montre surtout pendant la grossesse.
Gomme causes déterminantes citons la malpropreté, les fatigues, les frottements répétés, les frictions avec les pommades; — elle accompagne souvent l'eczéma chronique de la vulve.
Diagnostic. — Il est en général facile de ne pas la confondre avec
. \e,?> abcès faroncukux, qui ont des caractères assez tranchés; — avec
V herpès, dont le siège, la forme et le mode d'évolution des vésicules