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ÉCRASEMENT DES DOIGTS

qui doivent s'appliquer en même temps sur les faces dorsale et palmaire de la main et qu'on fixe par un bandage approprié.

S III. — Affections traumatiques des doigts.

Les plaies des doigts sont extrêmement fréquentes : superficielles, elles n'offrent en général aucune espèce de gravité; profondes, c'est-àdire pénétrant jusque dans la gaine des tendons, jusqu'aux tendons eux-mêmes, elles donnent lieu à des inflammations extrêmement violentes, qui s'étendent parfois à la main, à l'avant-bras. Cette phlegmasie sera étudiée dans le paragraphe suivant, lorsque nous nous occuperons du panaris. Nous appellerons ici l'attention sur les plaies confuses des doigts, sur les écrasements. Ce genre de lésions, en effet, donne lieu à des considérations du plus haut intérêt; il a été étudié avec soin dans un travail de Muret (1).

E crasement des doigts.

Les écrasements des doigts sont très fréquents' : on les observe principalement dans les fabriques, les doigts se trouvant pris entre les cylindres des laminoirs, entre les roues dentées; chez d'autres malades, les doigts, pris dans des machines à carder, présentent des déchirures très étendues; ces organes enfin sont divisés par des scies circulaires mues par la vapeur. A toutes ces causes il faut joindre toutes les contusions que l'on observe là comme dans d'autres parties de l'économie, tels que les coups violents, le choc de corps pesants, etc.

L'étendue des lésions des doigts est variable : souvent la dernière phalange est seule endomnjagée, plus rarement les deux premières sont atteintes; l'index, le médius et le pouce sont plus fréquemment blessés que les deux autres ; enfin les lésions de la main droite sont plus fréquentes que celles de la main gauche.

Ces lésions varient beaucoup quant à l'aspect : quelquefois la peau semble coupée par un instrument tranchant ; plus souvent la plaie est irrégulière, déchiquetée, mâchée; l'ongle est déchiré, quelquefois arraché plus ou moins complètement ; les articulations sont même complètement détruites ; les os sont dénudés, fracturés ; des fragments nombreux sont épars au milieu des tissus. Dans certains cas, les doigts sont presque entièrement arrachés et n'adhèrent au reste

(1) Muret, Défi écrasements des doigts, dangers des amputations, thèse. Paris, 1853 n^ 196.

de la main que par des lambeaux plus ou moins larges, qui les fixent à la face dorsale ou à la face palmaire.

Les malades accusent une douleur vive, de l'engourdissement des mains: il faut remarquer que la douleur est beaucoup plus intense plusieurs heures après l'accident qu'au moment même. L'hémorrhagie est en général très faible; la fièvre est nulle, et ce n'est que le lendemain ou le surlendemain que l'on observe de la réaction.

Nous n'avons pour ainsi dire rien de particulier à dire sur la symptomatologie de cette espèce de lésion ; on trouve là, en eff'et, tous les caractères des plaies par écrasement : c'est principalement sur le traitement que nous insisterons. Nous croyons cependant devoir dire quelques mots de la marche de cette espèce de plaie.

Au bout de deux ou trois jours, la douleur disparaît à peu près complètement, puis on voit survenir le gonflement inflammatoire qui précède Télimination des eschares résultant de l'attrition trop profonde d'une portion des parties molles ; les fragments osseux, qui ont perdu leur adhérence, tombent avec les tissus mortifiés ; la plaie paraît beaucoup plus considérable qu'elle ne l'était les premiers jours; elle se couvre de bourgeons charnus et fournit une suppuration peu abondante. Si l'on examine le doigta cette période de la maladie, on trouve les tissus qui ont échappé à la suppuration, tels sont les fragments de tendons divisés, dénudés et saillants au dehors, l'extrémité de la dernière phalange et même cette phalange tout entière dépouillée des parties molles qui la recouvraient. Si, après avoir excisé les tendons, ce qui est véritablement indiqué, on abandonne la plaie aux seules ressources de la nature, on voit vers le vingtième ou le trentième jour la phalangette, séparée dans son articulation, tomber dans les pièces de pansement; il est bon alors de hâter l'élimination de ce corps étranger en divisant avec des ciseaux les débris ligamenteux qui restent encore. Dans les cas où Farticulation est intacte, la portion de phalange dénudée disparaît par nécrose. Ce travail est complet vers le vingtième ou le vingt-cinquième jour. Enfin, lorsque la plaie est complètement débarrassée de ces corps étrangers, la cicatrisation commence, et elle se termine au bout d'un temps variable, surtout avec l'étendue de la blessure.

Telles sont en général les diverses phases que les blessés ont à traverser lorsque leurs doigts ont été écrasés. Il est certain que dans un grand nombre de cas les lésions paraissent tellement profondes, que l'amputation semble formellement indiquée ; mais, si l'on remarque qu'à la suite de l'écrasement des doigts il est rare d'observer une violente réaction, que les phlegmons si graves qui s'étendent à la main et à l'avant-bras sont pour ainsi dire exceptionnels; qu'après la guérison il reste encore un moignon qui peut rendre des services extrê

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