II. — Fistules et cavernes de la prostate
Les cavernes et les fistules de la prostate succèdent souvent aux solutions de continuité, aux abcès de cette glande ; quelquefois elles sont consécutives à la fonte de masses tuberculeuses.
Anatomie pathologique. — Le mode de formation de ces cavernes est bien simple: une inflammation se déclare dans la prostate, cette phlegmasie se termine par suppuration ou par gangrène. Dans le premier cas, le pus se loge dans les mailles du tissu prostatique, il le comprime ou le détruit peu à peu, et, quand il est évacué, il ne reste plus qu'une poche située entre le rectum et l'urèthre; dans le second, les parties mortifiées sont éliminées par l'urèthre ou le rectum, par fragments plus ou moins considérables. Maintenues dans leur position par les lames fibreuses, solides et résistantes qui forment l'enveloppe de la prostate, les parois du foyer, au lieu de se rapprocher, restent écartées, ne s'affaissent point sur elles-mêmes pour combler le vide; tous les liquides, les solides môme qui traversent les canaux voisins, ont delà tendance à s'y loger, à y séjourner, et occasionnent sans cesse des phénomènes morbides.
La forme et les dimensions de cette caverne sont variables; quelquefois la cavité est assez large pour recevoir un œuf de dinde. Chez certains malades, il n'existe qu'une seule caverne, chez d'autres on en rencontre plusieurs. Ordinairement la cavité est creusée dans le tissu propre de la prostate. M. Velpeaua observé un cas dans lequel la poche était placée entre la tunique fibreuse d'enveloppe et les restes de la prostate: cette poche est tapissée par une membrane pyogénique assez épaisse.
Les cavernes de la prostate communiquent avec l'urèthre, avec le rectum, avec l'extérieur, par une solution de continuité de la région périnéale.
Les communications avec l'urèthre sont très intéressantes à étudier.