I-KOSTATITE CllROxMOUE. i
Comme nous l'avons dit, l'examen microscopique lèvera tous les doutes quant aux pertes séminales.
Pour la blennorrhagie chronique, le diagnostic est beaucoup plus délicat, car, même en présence d'une prostatite chronique confirmée^ le chirurgien peut hésiter, et le diagnostic est cependant indispensable pour agir avec quelque succès contre l'une ou l'autre de ces maladies.
L'examen direct du canal avec la bougie exploratrice à boule et le toucher rectal doivent être employés.
Il faut d'abord, pour s'assurer qu'il n'y a point de rétrécissement, pousser la bougie jusqu'au bulbe, puis la retirer et savoir par cette manœuvre s'il n'existe pas d'écoulement dans le canal. Cela fait, on réintroduit la boule que l'on pousse jusque dans le canal prostatique. Cette exploration est douloureuse, la boule semble passer dans un plan inégal ; si à ce moment on pratique le toucher rectal, on constate un épaississement induré soit général soit limité, et on développe une douleur qui ne reste pas localisée au point exploré, mais qui s'étend dans toute la région.
La boule de l'explorateur ramène un liquide filant, laiteux, analogue à des glaires.
Pronostic. — Cette aifection est grave, non seulement parce qu'elle prolonge pendant un temps fort long les souffrances du malade, mais encore parce que, malgré les précautions les plus grandes et le régime le plus sévère, la maladie peut passer à l'état aigu et devenir la cause d'accidents graves. Il n'est pas rare, cependant, de voir une prostatite chronique guérir assez rapidement par le fait de son passage à l'état aigu.
Les douleurs constantes que développe la prostatite chronique réagissent sur le moral des malades qui n'ont plus qu'une préoccupation^ calmer les douleurs de la miction, faire cesser cet écoulement perpétuel; aussi cette maladie est-elle souvent le point de départ d'une véritable hypochondrie.
Traitement. — Le premier point du traitement de la prostatite chronique est de supprimer la cause à laquelle on peut attribuer le développement de la maladie.
Rarement les antiphlogistiques ne sont indiqués, et il faut s'adresser plutôt aux révulsifs sur la peau, frictions, vésicatoires, même cautères et aux préparations térébenthinées. Mais le traitement qui peut donner les meilleurs résultats est la cautérisation qui s'adresse directement à la prostate par la voie uréthrale.
Les applications de nitrate d'argent pratiquées avec les porte-caustiques donnent de bons résultats, mais elles sont délicates à faire, assez douloureuses, et on ne peut les répéter que tous les dix jours. Nous préférons de beaucoup les instillations d'une solution de nitrate
au cinquantième préconisée par le professeur Guyon; on introduit une bougie à boule perforée que l'on conduit jusqu'à la prostate; à celte bougie est adaptée une seringue de Pravaz avec laquelle on fait pénétrer vingt gouttes de la solution. On laisse la bougie à demeure pendant cinq minutes, puis on la retire lentement. Cette petite opération est sans douleur, et on peut la renouveler tous les deux ou trois jours. Il faut souvent persévérer dans ce traitement pour obtenir un bon résultat, mais il y a malheureusement des cas de prostatite chronique qui paraissent déjouer tout traitement et qu'il faut renoncer à guérir.