I. — Hydrocéle diffuse du cordon spermatique
Cette affection, signalée déjà par Garengeot, Monro, Scarpa, etc., a été surtout décrite par Malgaigne (2) dont le travail nous a été d'un grand secours pour la rédaction de cet article.
Anatomie pathologique. — Scarpa a disséqué plusieurs hydrocèles de ce genre, qu'il a décrites et fait dessiner avec soin. Au-dessous de l'enveloppe fournie par le crémaster, le scalpel rencontre la gaine du cordon tuméfiée, et assez semblable à un sac herniaire. Cette gaine ouverte, on voit sortir une sérosité abondante contenue dans les cellules dilatées; et ce n'est qu'après avoir vidé ces cellules que l'on aperçoit au fond et en arrière les vaisseaux spermatiques, masqués auparavant par l'œdème. Les cellules remplies par le liquide sont quelquefois assez dilatées pour admettre le bout du doigt ; et quand la tumeur est de vieille date et d'un gros volume, les cellules de la
(1) Vidal, Traité de pathologie externe, 4° édit., t. V, p. 160. (2; Malgaigne, Des tumeurs du cordon spermatique. Thèse. Concours de clinique chirurgicale, 1848, p. 19.
nVDROCÈLE DU CORDON. 5^1
partie inférieure finissent par s'érailler, se confondre et former une cavité unique, où la sérosité accumulée permet de sentir la fluctuation, et d'où la ponction peut faire sortir un véritable jet de liquide. La sérosité de l'hydrocèle diffuse est d'ordinaire claire et limpide, quelquefois jaunâtre, verdâtre, albumineuse, rarement d'une consistance gélatineuse.
Symptomatologie. — Le cordon est engorgé, il prend une forme cylindroïde, puis se renfle à sa partie inférieure. La tumeur reste quelquefois au-dessous de l'anneau inguinal externe, mais le plus souvent remonte jusqu'à l'anneau abdominal et même dans la fosse iliaque ; intérieurement, elle s'arrête au bord supérieur du testicule dont elle est séparée par un sillon sur la face antérieure et externe du scrotum; le testicule est libre au-dessous, à moins de complication du côté de cet organe ou de la tunique vaginale. La tumeur est à peu près indolente à la pression et ne cause de gêne que par son poids et le tiraillement qu'elle détermine ; elle cède sous le doigt comme un corps mollasse et spongieux, ou donne la sensation d'une rénitence pâteuse comme l'épiplocèle. Par une compression prolongée, on peut quelquefois refouler le liquide vers le ventre; mais la tumeur ne tarde pas à reparaître. Enfin, lorsqu'elle a pris un grand accroissement, on sent, à sa partie la plus inférieure, une véritable fluctuation, et alors la tumeur change de forme selon l'attitude du snjet : plus allongée et plus large en bas, quand il est debout; diminuant quand il est couché, et se rapprochant davantage de la forme cylindrique.
Cette affection reste souvent stationnaire, quelquefois cependant la tumeur peut prendre des dimensions énormes. Chez un malade observé par Pùtt et par Sharp, c( on fit une petite incision qui donna issue à onze chopines de liquide sans que le cordon fût revenu à ses dimensions normales. Un mois après, la tumeur avait repris son volume primitif; le malade finit par succomber à l'épuisement. »
Étiologie. — Elle est fort obscure. Monro attribue cette affection k la compression des veines spermatiques, ou à un obstacle quelconque au retour du sang par ces vaisseaux. Les sujets affectés d'anasarque, d'ascite, de quelque tumeur dans le bas-ventre, y sont sujets, selon lui, de même que ceux qui portent une hernie. Dans toutes les autres observations que j'ai pu réunir, dit Malgaigne, Thydrocèle était survenue sans cause connue; et il n'est pas sans intérêt peut-être de noter que le sujet le plus jeune était âgé de vingt ans : tous les autres avaient de trente à cinquante-cinq ans, et même davantage.
Diagnostic. — Il est assez facile quand la partie inférieure du cordon est seule envahie, et quand sa partie supérieure se laisse effiler entre les doigts sans rien ofl"rir qui simule un pédicule herniaire. Mais lorsque la tumeur se prolonge dans le canal inguinal, elle peut être
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confondue avec une épiplocèle, Scarpa, croyant avoir reconnu sur des cadavres une petite hernie épiploïque , fut tout étonné de ne trouver, au lieu d'une hernie, qu'un liquide gélatineux infiltré dans le cordon spermatique. Déjà Pott avait rapporté un cas dans lequel il s'était également mépris, et où l'erreur ne fut reconnue qu'à l'autopsie.
Pronostic. — Il est peu grave. Il faut remarquer cependant que cette affection ne disparaît pas spontanément et qu'il faut de toute nécessité recourir à une opération.
Traitement. — Les remèdes internes, les résolutifs appliqués sur la tumeur, sont tout à fait impuissants contre cette affection. Deux raé thodes principales ont été dirigées contre elle, ce sont :
i" Le séto7i. Il a été conseillé par Bertrandi, qui dit en avoir obtenu des succès. Velpeau a plusieurs fois traversé la tumeur dans toute sa longueur avec un simple fll, mais il se forma des abcès qu'il fallut ouvrir largement. Cette méthode doit être abandonnée.
2" Uincision est la méthode à laquelle on doit donner la préférence; elle n'expose à aucun danger, surtout lorsque la turneur n'est pas trop volumineuse et que la santé du malade n'est pas altérée.