‹ Éléments de pathologie chirurgicale (volume 3)Chapitre 69 sur 170 · HYDROCÈLE CONGÉNITALE · texte numérisé non relu

HYDROCÈLE CONGÉNITALE

le testicule descend le premier et la tumeur se montre au-dessus de l'organe sécréteur du sperme.

Symptomatologie. — La tumeur se présente avec tous les caractères de rhydrocèle simple, seulement sa limite supérieure n'est pas aussi nettement accusée; une pression douce fait passer le liquide dans la cavité abdominale; la tumeur est plus volumineuse le soir que le matin au moment du lever du malade. La toux, les efforts communiquent à la main une impulsion, un choc plus ou moins appréciable.

Étiologie. — Cette affection se rencontre chez les jeunes enfants, il, est rare de la voir se montrer chez des sujets ayant dépassé leur dixième année; cependant elle peut se développer chez un adulte dans les cas de descente tardive du testicule.

Diagnostic. — Il est facile de distinguer rhydrocèle simple de rhydrocèle congénitale ; la possibilité de réduire la tumeur en totalité ou en partie ne peut laisser de doute sur la nature de la maladie. On ne confondra pas non plusl'hydrocèle congénitale avec une hernie. Dans ces deux affections la tumeur est réductible; mais la transparence qui existe dans l'hydrocèle manque dans la hernie; de plus, si après avoir fait la réduction, on applique le doigt sur l'anneau, au bout d'un certain temps, s'il existe un hydrocèle, la tumeur se reproduit, bien que le chirurgien n'ait rien senti passer et qu'il soit bien certain que l'intestin n'a pu descendre.

Pronostic. — Cette affection est peu grave; elle guérit facilement, même sans qu'il soit nécessaire d'avoir recours à une opération.

Traitement. — Le point capital dans le traitement de cette affection est d'obtenir l'oblitération de la communication de la tunique vaginale avec le péritoine. On appliquera un bandage qui presse assez fortement sur le canal inguinal; ce moyen suffit pour faire contracter des adhérences entre les deux feuillets séreux. Puis peu à peu le liquide se résorbe, soit spontanément, soit sous l'influence d'applications résolutives ou astringentes. Chez les enfants, quand ce résultat est obtenu il faut quelquefois deux ans pour que l'hydrocèle disparaisse seule, mais elle disparaît.

Lorsqu'on n'a pu par ce procédé intercepter la communication, faut-il à l'aide d'une injection chercher à obtenir la guérison radicale de la maladie?

En poussant une injection dans la tunique vaginale, on risque de faire pénétrer le liquide dans la cavité abdominale et de déterminer une péritonite. Tous les auteurs ont bien conseillé d'appliquer fortement le doigt sur l'anneau afin de limiter à la tunique vaginale l'action irritante de l'injection ; mais cette garantie est-elle suffisante? Ne dôit-on pas craindre que l'inflammation de la tunique vaginale ne se propage àlamembrane séreuse abdominale? On possède des exemples

de péritonite survenue dans des conditions semblables à celles que nous venons d'indiquer.

Une autre question : la maladie est-elle assez grave pour qu'il faille faire courir au malade les chances d'une opération? C'est un point qui mérite d'être examiné avec attention. Outre la gêne causée par une hydrocèle qui peut incessamment augmenter de volume, on doit craindre que, dans les cas d'inflammation du testicule, la phlegmasie ne vienne à se propager par continuité de tissu jusqu'au péritoine. M. J. Gloquet a rapporté un cas dans lequel un malade succomba à une inflammation qui du testicule s'était étendue à la tunique vaginale et de là au péritoine (1).

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