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TUMEURS DE L? UTÉRUS. — TUMEURS DESMOÏOES

de nombreux vaisseaux dilatés qui leur donnent l'aspect caverneux dans certains cas.

Symptomatologie. — Ces tumeurs extra-abdominales occupent la région inguinale proprement dite ou Y épaisseur de la grande lèvre, c'est-à-dire le sac dartoique. — Ce sont des masses de volume variable, pédicittées ou sessiles, globuleuses ou ellipsoïdes, à surface lisse ou tabulée, de consistance fibreuse, avec certains points pins durs, d'autres fluctuants. Ces masses peuvent augmenter de volume à l'époque mensuelle ou pendant la grossesse; elles sont le plus souvent irréductibles d'une façon absolue, mobiles de haut en bas, mais non d'arrière en avant, indolentes à la pression, douloureuses spontanément (névralgie crurale, pelvienne, lombaire): Elles sont indépendantes de la peau et du tissu cellulaire sous-cutané.

Diagnostic. — Il est souvent très dilficile, car ces tumeurs ne présentent aucun signe pathognomonique. Une fois le siège de la tumeur constaté, on recherchera avec soin si elle envoie ou non un pédicule dans la profondeur.

V Le pédicule existe. — S'il s'enfonce au-dessous de l'arcade crurale, on n'a point affaire aune tumeur du ligament rond ; s'il passe au-dessus, la tumeur peut appartenir au ligament rond, à une hernie graisseuse, à une épiplocèle, à une hernie de l'ovaire.

La hernie graisseuse peut diminuer parfois sous l'influence de la pression et est le siège d'une douleur plus ou moins vive dans la marche et à la pression.

\*'épiplocèlc irréductible ancienne, dure sans impulsion par la toux, plus ou moins mobile, ne peut absolument pas se différencier d'une tumeur du ligament rond. Dans d'autres cas, la mollesse de l'épiplocèle, sa consistance inégale, et surtout la présence de la corde tendue derrière la paroi abdominale, éclairent le diagnostic. Les commémoratifs doivent être aussi utilisés.

La hernie de l'ovaire est plus facile à reconnaître par l'augmentation à l'époque menstruelle avec exacerbation, et par la douleur provoquée à l'aide de la pression, ce qui a pu cependant manquer. Le toucher vaginal lève souvent les doutes, car l'ovaire hernie entraînant le ligament large, il y a déplacement utérin et élévation de son orifice.

2* Le pédicule manque. — On peut confondre la tumeur avec une masse d'origine ganglionnaire. Cette dernière peut être multilobée avec sillons, et jouit de mouvements de déplacement très faciles.

Si la tumeur siège à la vulve, la connaissance de son point de départ est d'un grand secours. — Toutes les fois qu'on se trouvera en présence d'une tumeur ayant débuté au niveau de t orifice inguinal externe, on devra songer au ligament rond. — Au contraire toute tumeur siégeant d'abord

à la partie moyenne ou inférieure de la grande lèvre n'appartiendra pas à cet organe.

Si la masse siège au niveau du bas-ventre et s'est développée aux dépens du segment intra-abdominal du ligament, comme dans l'observation de G. Léopold (1), intitulée Myome lymphangiectasique du ligament rond de tutérusy la tumeur est prise (comme cela doit avofr bien souvent lieu en pareille circonstance) pour un kyste multiloculaire de l'ovaire droit : — dans ce dernier cas, la malade succombait trois jours après Y incision exploratrice qui avait démontré l'impossibilité absolue de toute opération, à cause des adhérences. Cette tumeur, à laquelle certes on ri aurait jamais dû toucher , pesait 24 livres et mesurait 38, 25 et 17 centimètres de diamètre. C'était un myome volumineux du ligament rond, criblé de kystes produits par des dilatations de vaisseaux lymphatiques.

Le traitement est exclusivement chirurgical. Dans tous les cas connus, l'extirpation a présenté une grande simplicité (pour la variété extra-abdominale), d'autant plus que ces tumeurs sont entourées d'une capsule conjonctive dont la présence en facilite singulièrement Ténucléation.

S&nger (2) a publié en 1883 un nouveau travail sur ce sujet, dans lequel il porte le nombre des faits connus à douze. — Son cas, qui est le douzième, est relatif à un fibro*myosarcome du ligament rond chez une femme de vingt-deux ans : la tumeur, qui avait le volume d'une tête d'enfant, dépassait l'ombilic et se prolongeait en s'effilant jusqu'au pli inguinal; il y eut mort le lendemain de l'opéraloin. — Cet auteur divise les tumeurs desmoïdes du ligament rond en intrapéritonéales, intra-canaliculaires (aucun fait connu), extra-pérîtonéalet, — Les symptômes dans la forme intra-péritonéale se confondent avec ceux des tumeurs utérines ou ovariennes, et il existe pour le diagnostic les plus grandes difficultés. — Dans la forme extra-péritonéale, la ponction exploratrice peut induire en erreur, comme dans le cas de S&nger, où elle donna issue à un liquide jaune, analogue à l'urine; ce qui fit supposer un cysto-fibrome du ligament rond. — Four les tumeurs intra-péritonéales, l'auteur conseille d'opérer le plus tôt possible : l'opération devra se faire par la laparotomie suivie du drainage vaginal dans certains cas. — Dans les douze cas connus, il y * eu sept guérisons, trois morts et deux résultats inconnus.

(1) G. Léopold, in Arch. fur Gynœkol, 1882, Bd. XVI, H. 3, p. 402.

(2) S&nger, Contribution à l'étude des tumeurs desmoides des ligaments de ruteriu, et en particulier des ligaments ronds, in Arckiv. fur Gynœk., 1883, Bd. XXI, HJk et in Revue des sciences méd. de G. Hayem, 15 juillet 1884, t. XXIV, !• fasc, p. »•

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