‹ Eléments de pathologie chirurgicale (volume 5)Chapitre 142 sur 218 · I. — Ouverture du vagin dans un lieu anormal · texte numérisé non relu

I. — Ouverture du vagin dans un lieu anormal

Le vagin peut s'ouvrir dans le rectum : la vulve manque alors complètement, et à la place qu'elle devrait occuper, on ne trouve que l'orifice du canal de l'urèthre.

Ce vice de conformation ne cause aucune incommodité et peut rester ignoré jusqu'au moment de la menstruation; on ne s'en aperçoit que parce que le liquide menstruel s'écoule par l'anus. Dans plusieurs faits probants, il n'a pas empêché la fécondation (Barbaut (7), Louis, Rossi).

L'ouverture du vagin dans la vessie ou au-dessus du pubis est extrêmement rare.

Chez quelques sujets, on a vu le vagin s'ouvrir plus près du rectum que dans l'état normal, et Ton comprend qu'une semblable disposition expose à la rupture du périnée ; cet accident néanmoins n'eut pas

(1) A. Bérard, Vices de conformai, du vagin, in Dict. en 30 vol., 1846, t. XXX» p. 445.

(2) Scanioni, Traité pratique des maladies des organes sexuels de la femme, p. 418, édit. française. Pari», 1858.

(3; A. Puech, Atrésie des voies génitales de la femme, 1 vol. in-8% cbea Savy. Paria,

(4) L. Le Fort, Des vices de conformation de V utérus et du vagin, etc., th. d'agrégat, chirurgie. Paris, 1863.

(5) PI. Churchill et Le Blond, Traité pratique des maladies des femmes hors de Vétat de grossesse, pendant la grossesse et après V accouchement t 3* édit., Paris, 1881.

(6) Nous renvoyons à la thèse d'agrégation de L. Le Fort pour tout ce qui concerne la tératologie du vagin (arrêts ou vices de développement de cet organe).

(7) Barbaut, Cours d'accouchements, t. II, p. 745.

lieu chez une femme dont Champion (de Bar-le-Duc) a rapporté l'observation (1).

IL — Rétrécissements du vagin.

a. Rétrécissement par cloisonnement. — Il n'est pas rare de voir, chez les femmes qui portent un utérus double, le vagin séparé en deux parties par une cloison longitudinale, de telle sorte qu'il existe pour ainsi dire deux vagins, l'un droit, l'autre gauche, comme dans le fait de Daniel Lacombe (2). Dans ce cas, la cloison était constituée par deux feuillets muqueux séparés par du tissu cellulaire, et le clitoris et le méat urinaire ne présentaient aucune trace de bifurcation.

Dans certains exemples on a rencontré un double vagin sans qu'il y eût cependant coïncidence d'utérus bifide*

b. Rétrécissement par étroitesse (sténose), brides du vagin, etc. — Le vagin peut rester congérdtalement très étroit dans toute sa hauteur, n'admettre à peine qu'une plume à écrire. Ce vice de conformation, qui n'entraîne point d'accident, n'est soupçonné qu'à l'époque des premiers rapprochements sexuels.

Malgré l'impossibilfté de l'introduction du pénis, on a observé la fécondation. Dans deux cas rapportés par Boyer, le vagin se dilata spontanément : dans l'un vers le cinquième mois de la grossesse, dans l'autre au moment de l'accouchement. Néanmoins il ne faut pas toujours compter sur un résultat aussi heureux, et l'on doit avoir recours à la dilatation du conduit.

Le vagin peut ôtre accidentellement rétréci par des brides ou cicatrices vicieuses, suite d'inflammation violente de cet organe, d'ulcérations syphilitiques ou gangreneuses, d'applications caustiques, de chutes et de blessures du vagin, mais surtout à la suite des traumatismes de la parturition (accouchements laborieux, opérations obstétricales, tentatives d'avortement, etc. (Trask d'Ostaria)).

Traitement. — La dilatation du vagin sera faite progressivement, avec lenteur et beaucoup de persévérance, à l'aide de bougies de plus en plus grosses, de racine de gentiane ou de tige de laminaire, de l'éponge préparée, ou bien en se servant de dilatateurs spéciaux (Collin, Mathieu, dilatateur de Beylard construit pour le rétrécissement du rectum), du spéculum, ou du pessaire de Hodge. — Si la dilatation ne réussit pas, on aura recours à l'instrument tranchant ; mais comme le rectum en arrière, l'urèthre et la vessie en avant, peuvent être blessés et qu'on a vu des hémorrhagies inquiétantes se produire

(1) Dictionnaire des sciences médicales, en 60 vol., t. LVl, p. 460.

(2) D. Lacombe, in Bull, de la Société anat., 1836, p. 227.

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