AFFECTIONS DU VAGIN. — TR 1UMATISMBS
l'urine et laissé une sonde dans la vessie, on fait une petite incision audessous du méat urinai re, dans le point où le vagin doit s'ouvrir normalement; puis on agrandit lentement et avec précaution l'ouverture, en même temps qu'on pénètre plus profondément et qu'on déchire les tissus à l'aide d'un instrument mousse, d'une spatule : l'index, introduit de temps en temps dans le rectum, s'assurera si Ton suit la bonne voie. Quelquefois il est possible d'isoler avec les doigts les parois rectale et vésicale en déchirant les brides celluleuses qui les unissent : c'est du reste cette manœuvre qui est toujours préférable, et l'on devra agir le moins possible avec l'instrument tranchant. FJ. Churchill, pour se bien rendre compte du trajet qu'on parcourt et voir dans une certaine étendue le chemin qu'on se fraye, fait usage d'un petit spéculum de cristal. Au moment où l'on arrive dans la cavité une quantité de sang noir s'écoule et indique que l'opération est terminée. On s'assurera alors par le cathétérisme si le col utérin est perméable. Le nouveau canal est maintenu dilaté.
A. Bérard (1) procédait par étape tous les deux ou trois jours en maintenant ouverte avec de la charpie ou l'éponge préparée la voie déjà faite» Nous avons vu A. Richard agir de la même façon par des cautérisations successives à l'aide de la pâte de Canquoin, puis par le taraudage avec le doigt. — Quoi qu'il en soit, les dangers inhérents à une pareille opération sont très grands, on le comprend sans peine, et même tels, que Scanzoni (2) ne propose rien moins que de la rejeter absolument et de la remplacer par la ponction de r utérus à travers la paroi rectale.
g IL — Affections traumatiques du vagin. I. — Plaies et contusions du vagin.
Les plaies et contusions du vagin sont en général consécutives h l'accouchement, et leur histoire rentre, en grande partie, dans celle des fistules vésico- et uréthro-vaginales ; cependant on peut les observer en dehors de cet acte physiologique : ces plaies sont alors le plus souvent superficielles, c'est-à-dire limitées à une partie seulement des cloisons vésico-vaginale ou recto- vaginale.
Budin, dans son mémoire, a montré, avec des dessins à l'appui, les diverses et nombreuses manières dont l'hymen se trouve déchiré par le premier rapprochement sexuel.
Les solutions de continuité du vagin sont rares : quand elles n'in-
(!) A. Bérard, DM. de méd. en 30 toi., t. XXX, p. i53. (2) Scanzoni, op. cit., p. 418.
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téressent qu'une faible épaisseur des parois du conduit, elles passent inaperçues, car elles ne déterminent guère d'accidents : cependant une artère de médiocre volume peut être coupée et donner lieu à une hémorrhagie, comme dans le cas de Yanhaesendonck (de Stennbergen) (1) et un autre observé par moi. — J'ai eu à soigner une jeune femme dans le vagin de laquelle la pomme d'arrosoir de verre de Pcxtrémité d'un clysopompe s'était brisée au moment où elle se faisait une injection : il existait une plaie de 3 centimètres, d'où fut extrait un morceau de verre et qui avait donné lieu à une véritable hémorrhagie, par suite de la lésion d'une artère assez grosse : la guérison survint sans accident.
Fleury (de Glermont) (2) cite le cas d'une femme de quarante ans qui, en descendant d'un char rempli de gerbes de blé, tomba à cheval sur une tige de bois qui, pénétrant dans la paroi antérieure du vagin, entra dans la vessie. La guérison de la fistule eut lieu spontanément. Nous avons été témoin d'un empalement de ce genre qui fut suivi de mort.
Les pessaires, comme nous allons le voir, produisent par leur présence longtemps prolongée un véritable traumatisme, chronique pour ainsi dire, qui se termine parfois par perforation d'une ou de* deux parois vaginales. Notta a observé une femme chez laquelle, à la suite d'un effort brusque, le pessaire de Schenk qu'elle portait eut une des ailes engagée dans la vessie.