‹ Eléments de pathologie chirurgicale (volume 5)Chapitre 153 sur 218 · I. — Vulvite catarrhale · texte numérisé non relu

I. — Vulvite catarrhale

La vulvite catarrhale se rencontre souvent chez les petites filles el s'associe avec la vaginite (2). Chez des enfants, même très jeunes, on peut observer, en effet, une leucorrhée abondante, verte, souvent sans cause connue, sans maladie antérieure, analogue à la vraie blenoorrhagie, s'accompagnant de démangeaisons violentes et de tuméfaction considérable. L'absence de soins de propreté, les fatigues, le travail de dentition, les traumalismes (onanisme, co'it, viol), sont les causes principales qui la déterminent. — La variété diphthéritique peut se développer soit pendant la diphlhérite franche, soit à la suite de fièvres graves, rougeole, fièvre typhoïde. C'est aussi à la suite des fièvres éruptives, de la fièvre puerpuérale, que se manifeste la forme gangreneuse (3), qui peut être considérée dans certains cas comme le second degré de la précédente, etqui se montre souvent & l'état épidémique. — On a donné à tort la dénomination de vermineuse à celle qui est consécutive aux oxyures vermiculaires du rectum.

La vulvite est souvent aussi réellement vénérienne, blennorrkagique ou syphilitique. Quelquefois la glande de Bartholin s'enflamme même à la suite d'une vulvite légère (Cullerier) (4).

Salmoo (5) a appelé l'attention sur une forme particulière de gonorrhée dans laquelle le catarrhe est primitivement et exclusivement borné à la glande vulvo- vaginale et à son conduit. Selon lui, c'est à cette affection, très fréquente chez les jeunes prostituées et qui ne se manifeste par aucun phénomène bien apparent, qu'il faudrait rapporter la plupart des chaudepisses contractées auprès dis femmes prétendues saines (Jullien).

Letulle a observé trois fois le chancre infectant vulvaire (6) sur de petites filles de dix-huit mois, vingt mois et trois ans et demi. L'ulcération, semblable au chancre de l'adulte, avec Padénopathie caractéristique, parcourut aussi la même évolution. Le point le plus intéressant à noter est le siège de cet ulcère, qui était la face interne

(1) A. Guérin, De la vulvite, in Go*, de» hôpitaux, 1821, p. 42t. (2} Lefcbvre-Devaux, De la vulvo-vaginile, tbèse inaug. Paris, n* 104, 1846, et Vêgtnlte et vulvite, leçon par Skene, in Med. News, 12 janv. 1884.

(3) Chavanne, Relation d'une épidémie de diphlhérite gangreneuse des parties génitales, thèse inaug.. n* 150. Paris, 1851.

(4) Cullerier, Des affections blennorrliogiques, leçons cliniques professées à l'hôpital du Midi, rédigées et publiées par E. Royet, p. 195. A. Delahaye, 1861.

(5) S al mon, De la blennorrhagie du conduit excréteur de la glande vulvo-vagmale, in Rev. méd.-chir., 1854, t. XVI, p. 361.

(6) Letulle, in France médic., 30 janv. et 6 févr. 1878.

de la grande lèvre, au voisinage du clitoris, correspondant ainsi à la partie la plus élevée et la plus saillante de la région décrite par Dolbeau sous le nom de canal vulvaire.

Si la vulvo-vaginile peut être le résultat de défaut de soins, elle est dans d'autres cas diathésique, coïncidant avec l'eczéma, le pityriasis et compliquée à* aphthes vulvaire*.

J. Parrot (1) a publié un mémoire sur la vulvite aphtheuse et la gangrène de la vulve chez les enfants de deux à quatre ans, âge auquel cette affection est très commune. Il insiste beaucoup sur le rôle étiologique que les aphthes vulvaires jouent dans la production de la gangrène : à l'hospice des Enfants assistés, cette dernière complication est bien moins fréquente depuis qu'on prend la précaution, une fois la présence des aphthes constatée, de recouvrir toutes les parties sans distinction d'une couche épaisse a'îodo forme. — D'autres fois c'est le scrofulisme qui domine, et l'affection se termine aussi alors par ulcération, phagédénisme et môme gangrène. Dans tous ces cas, elle est plus spécialement vulvaire, et souvent le vagin ne participe en rien aux phénomènes inflammatoires (P. Guersant) (2). Le liquide est acre, très irritant, et peut, s'il est porté aux yeux, déterminer des ophthalxnies purulentes fort graves (3).

La vulvite catarrhale est caractérisée par la rougeur et le gonflement de la muqueuse vulvaire, et particulièrement du méat, qui est violacé ; la surface est tapissée de muco-pus verdâtre : si elle est d'origine blennorrhagique, l'écoulement dure beaucoup plus longtemps (4). Sur divers points l'épithélium se détache en laissant le derme à nu, et l'affection peut se terminer par vulvite phlegmoneuse. La douleur est vive par suite du frottement et de la marche, et elle s'accompagne de prurit.

Le diagnostic en est facile ; mais appelé comme expert, on doit toujours ne conclure qu'avec une extrême réserve et ne se prononcer que pour la cause spontanée ou traumatique.

Le traitement varie selon la cause, suivant l'état aigu ou ulcéreux des parties, et il faudra, dans tous les cas, allier la thérapeutique interne et externe. — Quand elle est aiguë, on la combat par les émollients, et ce n'est que lorsqu'elle affecte l'état chronique qu'on doit avoir recours aux astringents (eau blanche, tannin, alun, prépa-

(1) J. Parrot, in Revue de médecine, mars 1881.

(2) P. Guersant, Notices sur la chirurgie des enfants, XVII : De la vulvite chez le* petite* filles, p. 146. P. Asselin, 1865.

(3) C Faille, De la vulwhvaginite des petites filles, thèse de Paris, n* 29, 1880.

(4) H. Raymond, De la blennorrhagie chei la femme, thèse de Strasbourg, 2* série, n* 778, 1864. %

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